Nechama Cheli

L’interdiction d’humilier et d’offenser – L’interdiction d’humilier en public

L’interdiction d’humilier et d’offenser (halbanat panim) 2. L’un des commandements de la Torah impose à chacun de prévenir à temps son prochain d’une éventuelle transgression (voir Vayikra 19:17). Mais vos paroles ne sont pas toujours accueillies avec compréhension et calme, et il arrive qu’un reproche provoque un très vif sentiment de honte, surtout si tout se dérou…

L’interdiction d’humilier et d’offenser – L’interdiction d’humilier en public

L’interdiction d’humilier et d’offenser (halbanat panim)

2. L'un des commandements de la Torah oblige chacun à avertir à temps son prochain d'une éventuelle transgression (voir Vayikra 19:17). Mais vos paroles ne seront pas toujours bien comprises et accueillies avec calme ; parfois, un reproche peut provoquer un profond sentiment de honte, surtout si cela se passe en public. Par conséquent, si vous voulez avertir votre prochain et l'arrêter, vous devez lui parler en privé, en vous efforçant de ne le blesser en rien.

3. Il existe toutefois une exception à cette règle. Si l'on transgresse des commandements qui ne sont pas directement liés aux relations entre les personnes (tels que les interdictions de voler, de colporter des commérages, de se venger…), le beit din peut intervenir après que la personne a été avertie en privé, si elle ne s'est toujours pas amendée. Il s'agit de tous les commandements qui relèvent du « service du Créateur ». En hébreu, ces commandements sont appelés « bein adam la-Makom », ce qui signifie littéralement « entre l'homme et le Créateur ». Le beit din peut envoyer auprès du contrevenant des émissaires qui seront autorisés à lui faire des reproches en public et même à employer des paroles dures.

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Un jour, le 'Hazon Ich entra avec l'un de ses élèves dans le hall d'un immeuble. Derrière la porte d'un appartement, on entendait des cris : un mari et sa femme se disputaient. En les entendant, le 'Hazon Ich se mit à courir. Après s'être éloigné d'une distance considérable, il s'assit pour se reposer. Très étonné, son élève voulait comprendre ce qui avait poussé son Maître à courir si vite.

Le 'Hazon Ich reprit un peu son souffle et répondit : « J'ai reconnu la voix de cet homme : il me connaît bien. S'il nous avait vus et avait compris que j'avais tout entendu, il aurait été très gêné. »

4. Même si celui qui couvre quelqu'un de honte en public n'est pas tenu de lui verser une amende, cela reste un grave péché.

Lorsqu'une personne fait des reproches à son prochain et le couvre de honte en public, c'est comme si elle versait son sang. En effet, sous l'effet de la honte, on rougit ou l'on pâlit, comme si l'on perdait son sang. Quant à ceux qui agissent souvent ainsi, ils perdent leur part dans le monde à venir.

5. Les Sages ont dit : « Mieux vaut se jeter dans une fournaise ardente que de couvrir son prochain de honte. » Nous l'apprenons de l'histoire de Tamar. Elle n'a pas révélé à tous que le véritable père de son enfant était Yéhouda, mais lui a seulement envoyé quelques objets qui lui appartenaient. S'il n'avait pas avoué, on l'aurait mise à mort. (Pour éviter à quelqu'un une humiliation publique, il est interdit d'enfreindre une loi de la Torah. Mais pour sauver une vie, il est permis de tuer un meurtrier potentiel, ainsi que d'enfreindre les lois du Chabbat. Le livre « Binyan Tsion » rapporte une opinion selon laquelle, si l'on vous force à humilier et à couvrir de honte en public un enfant endormi, qui ne découvrira tout ce qui s'est passé qu'à son réveil, vous devez refuser, même si l'on vous menace de mort. Bien que cette opinion n'ait pas été retenue comme règle de droit, elle nous fait néanmoins prendre conscience de la gravité de l'interdit dont il est question.)

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Chaque semaine, à la sortie de Chabbat, le rav Yéhochoua Leib Diskin donnait un cours sur la paracha de la semaine. Dehors, il faisait déjà sombre et froid. Un élève apporta de l'eau bouillante, des verres et du sucre. Le rav Diskin était très affaibli et, le sachant, l'élève mit dans son thé plusieurs cuillerées de sucre provenant d'un paquet neuf. Le Maître le remercia et se mit à boire. Soudain, la femme du rav passa la tête par la porte de la cuisine, visiblement inquiète, et demanda si tout allait bien. « Oui, tout va bien », la rassura le rav Diskin en finissant son thé. Après le thé, un autre élève, le rav Dov Ber Grossberg, ramassa tous les verres et les emporta à la cuisine. Il en profita pour demander pourquoi la rabbanite avait été si inquiète. « Il m'a semblé qu'on avait mis du sel au lieu du sucre dans le thé du rav par erreur, mais il a dit que tout allait bien. C'est étrange… »

Le rav Dov Ber prit le verre du Maître, où il restait du thé, et en but une petite gorgée pour vérifier ce qu'il en était. Son visage se crispa. « On a dissous ici plusieurs cuillerées de sel », remarqua le rav Grossberg. « Oh ! s'exclama la rabbanite, qui avait tout compris, cela peut nuire à la santé du rav, qui est déjà si fragile… » Quand les élèves furent partis, elle demanda à son mari : « Et le commandement de prendre soin de sa santé ?.. » Le rav Diskin répondit calmement : « Dans ce cas, il ne s'applique pas, car il est dit qu'il vaut mieux se jeter dans une fournaise ardente que de couvrir son prochain de honte».