L’interdiction de blesser et de faire souffrir (onaat devarim)
5. Les Sages mettent particulièrement en garde contre le fait de faire souffrir son épouse. Une épouse est plus sensible aux paroles et aux actes de son mari ; ses larmes et sa prière montent aussitôt au Ciel, et le châtiment peut survenir sans délai.
**** Rav Ra'houmi étudiait auprès de Rava dans la ville de Me'hoza. Il rentrait chez lui une fois par an, à la veille de Yom Kippour. Un jour, il prit du retard et ne revint pas au moment prévu. Sa femme, assise à l’entrée de la maison, l’attendit longtemps. À un moment, elle ressentit une profonde peine et une larme roula sur sa joue. À cet instant, son mari était assis sur le toit d’une maison et étudiait. Le plafond s’effondra et Rav Ra'houmi mourut.
6. Un client qui n’a pas d’argent sur lui à ce moment-là, ou qui n’a tout simplement pas l’intention d’acheter quoi que ce soit, ne doit pas se renseigner sur les prix. Même s’il ne demande pas le prix, mais examine longuement un article, le vendeur commence à penser qu’il s’y intéresse et éprouvera de la déception si le client renonce à l’achat.
Si l’on a expliqué au vendeur ou à l’artisan que les questions sur le produit ne sont pas motivées par l’intention de l’acheter, l’interdit n’est pas transgressé. (Ainsi, si, en entrant dans un magasin, vous avez précisé que vous souhaitiez comparer les prix dans plusieurs magasins, il n’y a pas de transgression.) Il n’est pas obligatoire de s’expliquer auprès du vendeur si vos questions et votre comportement indiquent d’eux-mêmes votre véritable motif.
Selon un avis, il est interdit de se renseigner sans raison sur le prix de services si le professionnel suppose que vous souhaitez réellement passer commande ou l’engager, alors que vous n’en avez pas l’intention.
****Rav Dimi arriva d’Erets Israël en Babylonie, apportant des fruits à vendre. Le chef de la communauté de Babylonie lui envoya Rav Adda afin de vérifier s’il était véritablement un sage. S’il s’avérait qu’il l’était, la loi imposerait d’acheter ses marchandises en priorité. À cause du léger retard occasionné par cette rencontre, tous les fruits s’abîmèrent, et Rav Dimi vint tout raconter à Rav Yossef. Celui-ci l’écouta et répondit : « Celui qui n’a pas tardé à faire payer le roi d’Édom ne tardera pas non plus à faire payer ceux qui t’ont fait du tort. » Peu de temps après, on apprit que Rav Adda était mort. À la suite de cela, beaucoup se reprochèrent ce qui s’était passé.