Nechama Cheli

L’interdiction de blesser et de faire souffrir

L’interdiction de blesser et de faire souffrir (onaat devarim) 1. Il est écrit dans la Torah (« Vayikra », 25:17) : « Ne vous blessez pas les uns les autres et craignez le Très-Haut. » Il s’agit de l’interdiction de causer de la douleur et des souffrances morales par ses paroles ou ses actes. Comme il est impossible, dans ce domaine, de définir une limite précise quant aux circonstances et aux choses qui…

L’interdiction de blesser et de faire souffrir

L’interdiction de blesser et de faire souffrir (onaat devarim)

1. Il est écrit dans la Torah (« Vayikra », 25:17) : « Ne vous blessez pas les uns les autres et craignez le Très-Haut ». Il s’agit de l’interdiction de causer de la douleur et des souffrances morales par ses paroles ou ses actes. Puisqu’il est impossible, dans ce domaine, de définir précisément ce qui peut blesser autrui et à quel moment, il faut redoubler de prudence. De plus, contrairement aux transgressions liées à des dommages matériels et autres préjudices semblables, celui qui a blessé son prochain ne peut réparer la perte subie : il est en effet impossible de retourner dans le passé et d’effacer la douleur ressentie.

Pourquoi est-il dit : « …et craignez le Très-Haut » ? Il est question de ce qui se trouve dans notre cœur. Il faut donc craindre Celui qui voit toutes nos pensées, qui sait si nos intentions envers autrui étaient bonnes ou, au contraire, mauvaises.

2. Cette interdiction englobe toutes les paroles, les gestes, les allusions, les expressions du visage, les lettres, etc., qui visent à humilier, blesser, faire mal, effrayer, mettre en colère, peiner ou susciter des sentiments désagréables chez autrui.

L’interdiction de « blesser » est transgressée même lorsqu’on n’a rien fait ni rien dit, par exemple si l’on a montré à quelqu’un son poing ou une arme dans le but de l’effrayer ou de l’humilier. Il ne s’agit cependant pas seulement de l’incapacité de la personne à se défendre et à repousser les attaques. Le critère principal est ce que ressent, à cet instant, la personne menacée.

3. Les Sages ont dit que la prière de celui à qui l’on inflige douleur et souffrances est immédiatement agréée au Ciel.

(Autrement dit, le coupable peut en pâtir immédiatement s’il ne s’est pas encore repenti.)

4. Ce commandement s’applique quels que soient le moment, le lieu, le sexe ou l’âge. Il est interdit de faire souffrir ou de blesser même un petit enfant. Dès leur plus jeune âge, il faut expliquer aux enfants pourquoi certaines choses ne doivent pas être dites et quelles choses peuvent être mal perçues.

****

Un jour, le ‘Hazon Ich vit un garçon qui, le Chabbat, avait pris en main un objet qu’il est interdit de déplacer le Chabbat (mais pas selon tous les avis). Le père du garçon, s’en apercevant, se mit à le gronder très sévèrement. Le ‘Hazon Ich dit à ce sujet : « L’enfant a peut-être transgressé une interdiction des Sages, mais son père a, sans aucun doute, transgressé une interdiction de la Torah. »