L’interdiction de blesser et de faire souffrir (onaat devarim)
16. Une personne qui a l’habitude de se valoriser en humiliant son prochain perd sa part dans le monde futur.
Cela s’applique même lorsque son prochain n’est pas présent. Par exemple, lorsqu’une personne compare ses actes à ceux de son prochain pour faire ressortir à quel point elle lui est supérieure.
****Ruth fut interrogée au sujet d’une ancienne camarade de classe à qui l’on avait proposé un chidoukh. La femme voulait savoir comment cette jeune fille travaillait à l’école et comment elle se comportait. L’inconnue demanda d’abord quelles notes elle obtenait. Puis elle s’enquit du niveau des autres jeunes filles et des notes de Ruth elle-même.
Ruth répondit : « La jeune fille dont vous parlez obtenait en moyenne la note de “80”, ce qui était supérieur aux notes de ses amies de classe, donc au-dessus de la moyenne. Quant à moi… »
Ruth aurait pu répondre de différentes manières à la dernière question.
a) « Ma moyenne était de “95”. » Elle a le droit de le dire, puisqu’elle ne fait que répondre à la question.
b) Mais si, se réjouissant de sa supériorité, elle avait dit d’emblée : « Cette jeune fille avait “80”, alors que moi, j’avais presque toujours “95” », elle aurait commis une grave erreur : elle se serait valorisée aux dépens de son amie.
****Le Gaon de Vilna étudiait la Torah sans relâche depuis sa plus tendre enfance.
Cet épisode s’est produit alors qu’il n’avait que quatre ans. Sa mère savait que la Torah exerce une grande influence sur l’être humain et, comme on le sait, le rend plus raffiné, ce qui entraîne parfois aussi une faiblesse physique. Elle suivait constamment le développement d’Eliyahou et avait remarqué qu’il mangeait sans grand appétit et paraissait pâle. Sa mère lui demanda d’interrompre un moment son étude et d’aller jouer avec les garçons dans la cour.
Le petit Eliyahou sortit dans la cour et vit que les garçons jouaient sur une balançoire à bascule de fortune, faite d’une pierre ronde sur laquelle reposait une grande planche.
Le petit garçon trouva cela ennuyeux. Il resta là un moment, puis reprit le chemin de la maison. Ses parents se tenaient sur le seuil et furent très surpris de voir leur petit garçon revenir si vite.
Lorsqu’on lui demanda pourquoi il ne voulait pas jouer avec les garçons, il répondit : « Je ne peux pas m’asseoir sur une planche et regarder mon ami descendre pendant que je monte. Cela ne correspond pas aux principes de la Torah, où l’amour du prochain occupe la première place. Je préfère étudier la Torah et ne faire que m’élever, sans que personne ne descende pour autant. Ce sera pour moi une véritable joie. »