Nechama Cheli

L’interdit « Tu ne désireras pas » — persuasion, supplications, corruption et menaces

L’interdit « Tu ne désireras pas » 4. Il est permis de proposer à autrui de vendre un objet, à condition que cela ne contrevienne pas aux principes éthiques et aux règles de conduite. Toutefois, si le propriétaire refuse, il est interdit de continuer à penser à cet objet en cherchant des moyens de l’acquérir. C’est précisément une transgression de l’interdit « Tu ne dési…

L’interdit « Tu ne désireras pas » — persuasion, supplications, corruption et menaces

L’interdit « Tu ne désireras pas »

4. Il est permis de proposer à autrui de vendre un objet, à condition que cela ne contrevienne pas aux principes éthiques et aux règles de conduite. Toutefois, si le propriétaire refuse, il est interdit de continuer à penser à cet objet en cherchant des moyens de l’acquérir. C’est précisément une transgression de l’interdit « Tu ne désireras pas ». Dans ce cas, peu importe le bien ou l’objet dont il s’agit. L’interdit est transgressé même si une somme importante a été proposée et si de nombreuses personnes ont été envoyées auprès du propriétaire pour le convaincre de conclure la vente. (Le fait qu’il ait finalement accepté de vendre ne signifie pas que les moyens employés pour conclure la transaction aient été licites.)

Celui qui insiste auprès d’autrui pour qu’il partage avec lui sa sagesse et lui donne des cours contre rémunération ne transgresse pas l’interdit, puisqu’il ne s’agit pas d’un bien matériel.

6. Cette loi s’applique à toute personne qui a contraint (forcé) autrui à lui vendre un bien. Une transaction conclue sous pression est valable, et le vendeur ne peut pas revenir sur sa décision. Néanmoins, celui qui a acheté quelque chose de cette manière est considéré comme un voleur : il a transgressé un interdit de la Torah, et son témoignage n’est pas recevable au tribunal.

Il y a transgression même lorsque le vendeur ne subit qu’un léger préjudice alors que l’acheteur en tire un grand avantage, et même si ce dernier verse au vendeur une somme importante (par exemple, quelqu’un demande à son voisin de lui vendre son débarras pour agrandir son appartement, en lui disant : de toute façon, tu ne te sers pas beaucoup de ce débarras)

7. Récapitulons. Celui qui désire ardemment obtenir ce qui appartient à autrui transgresse un interdit de la Torah. Celui qui convoite un bien et insiste auprès d’autrui pour qu’il le lui vende, jusqu’à ce que celui-ci cède à la pression et le vende, transgresse deux interdits : « Tu ne désireras pas » et « Tu ne convoiteras pas ». Toutefois, selon une opinion, ces deux dernières formulations renvoient à un seul et même interdit de la Torah.

Celui qui a volé un bien appartenant à autrui transgresse, en plus des deux premiers interdits, le commandement « Tu ne voleras pas ».

**** À Hanoucca, un tirage au sort fut organisé, et Yaakov gagna un très beau jeu de construction. Avraham, qui avait quelques années de plus que Yaakov, reçut lui aussi des cadeaux. Mais en voyant le nouveau jeu de construction, il voulut immédiatement faire un échange avec son camarade plus jeune. Avraham réfléchit à la manière d’intimider Yaakov et de le forcer à lui donner le jeu de construction. (À cet instant, il transgressa l’interdit « Tu ne convoiteras pas ».) Puis le garçon choisit un moment propice et montra à son jeune ami les nouveaux livres qu’il avait reçus à Hanoucca. Yaakov comprit aussitôt ce que son camarade avait en tête et ne réagit pas. Alors Avraham prit un air triste et expliqua qu’en réalité, il avait déjà un livre comme celui-là à la maison, et que le seul cadeau qu’il avait toujours voulu recevoir était un jeu de construction.

Mais Yaakov ne réagit pas davantage. Alors Avraham envoya ses amis auprès de lui pour le convaincre d’échanger leurs cadeaux. Voyant que rien n’y faisait, Avraham se mit à se montrer très agressif. Il menaçait Yaakov et l’insultait devant leurs camarades de classe. De retour à la maison, le garçon raconta à ses parents tout ce qui s’était passé. Son père l’écouta et lui dit : « Je suis très heureux que tu n’aies pas cédé à Avraham. Ton ami aura ainsi une transgression de moins. Car désirer est une chose, prendre un objet à quelqu’un sans son consentement en est une autre ».