Rabbanite Léa Gans
Un jour, mon mari était dans un autobus, plongé dans ses pensées. Quelqu’un aux cheveux longs, avec une boucle d’oreille, s’est assis à côté de lui. Sans regarder de plus près, mon mari s’est levé de son siège — il ne convient pas de s’asseoir à côté d’une femme qui n’est pas la sienne ! Son voisin (!) s’est également levé et lui a dit : « Tu pensais que j’étais une femme ? Non, je suis un homme, tu peux te rasseoir. » Et lorsque mon mari s’est rassis, l’autre lui a demandé : « Écoute, pourquoi agis-tu ainsi ? La beauté de la femme a pourtant été créée pour qu’on l’admire ! Alors pourquoi fuyez-vous ? »
C’est une très bonne question : pourquoi cachons-nous la beauté ? Pourquoi ne la montrons-nous pas à l’extérieur ? Quelle est la place de la beauté ? Et d’ailleurs, est-ce une notion positive ou négative ?
Quelle est la bonne attitude à adopter face à la beauté féminine ?
Bien sûr, la beauté est une très bonne chose, une chose positive. Tout ce que le Tout-Puissant a créé est nécessaire et bon. La seule question est de savoir comment, où et dans quelles proportions exprimer la beauté — à la maison et à l’extérieur.
Dans nos sources, nous voyons que le soin de soi occupe une certaine place. Il est écrit que, pendant les quarante années dans le désert, un certain ingrédient tombait avec la manne ; on le broyait pour en faire divers cosmétiques et parfums.
Ce fait est moins connu, mais les cosmétiques ont accompagné les femmes pendant les 40 années de marche dans le désert !
Lorsque les Juifs sont revenus de l’exil babylonien et ont commencé à organiser leur vie en terre d’Israël, l’une des ordonnances d’Ezra était que des marchands parcourent le pays pour vendre des cosmétiques et des bijoux ! Cette mesure visait à ce que le mari ne néglige pas sa femme. La vie de ces nouveaux arrivants était très difficile, les femmes travaillaient beaucoup (y compris au soleil) et leur peau devenait rugueuse. Il ne fallait pas que les femmes juives deviennent déplaisantes à leurs maris — c’était un problème à l’échelle de l’État.
On sait que la femme d’Abba 'Hilkia sortait le soir devant la porte pour l’accueillir, élégamment habillée et maquillée. Pourquoi ? Pour qu’il ne regarde pas d’autres femmes.
Tous ces exemples nous montrent que la beauté est une chose très nécessaire et positive. Toute la question est de savoir comment en faire usage.
à suivrePréparé par Mme Zissi Skarjinskaïa