Nechama Cheli

La communication en famille - Le dialogue avec son mari

Partie 2. Lire la partie 1. Un dialogue réfléchi Commençons donc par faire en sorte que la conversation avec notre mari soit réfléchie plutôt que spontanée. Tenons compte du fait qu’il a été absent de la maison toute la journée et que nous ne savons pas quelles émotions le submergent, ni comment s’est passée sa journée au travail (au kollel). C’est pourquoi, pour commencer, il faut, avant…

Rabbanite Léa Gans

La communication en famille - Le dialogue avec son mari
Partie 2. Lire la partie 1.

Un dialogue réfléchi

Commençons donc par faire en sorte que la conversation avec notre mari soit réfléchie, plutôt que spontanée. Tenons compte du fait qu’il a été absent de la maison toute la journée et que nous ne savons pas quelles émotions l’habitent, ni comment s’est passée sa journée au travail (au kollel). Pour commencer, il faut donc, avant son arrivée, nous rappeler ce qui s’est passé de bien à la maison pendant la journée. Il faut réfléchir à la manière d’engager la conversation : le début est très important, comme l’a dit le plus sage des rois, Chlomo, dans le livre de Kohélet (7:8) : « La fin d’une chose vaut mieux que son commencement, et celui qui est patient vaut mieux que l’orgueilleux. » Il faut donc commencer par un sourire, évoquer quelque chose de bon et d’agréable, et seulement ensuite (peut-être après le dîner, autour d’une tasse de thé, si nous avons assez de patience) raconter ce qui nous a contrariées. Mais il faut commencer par créer une atmosphère agréable dès qu’il franchit le seuil de la maison.

 Savoir écouter

Parlons maintenant de ce que nous devons faire lorsque quelqu’un se confie à nous, lorsque nous sommes celles qui écoutent. Écouter l’autre est difficile, surtout lorsqu’il s’agit de s’y consacrer entièrement, sans faire autre chose en même temps. Cela concerne aussi bien notre mari que nos enfants : eux aussi, nous les écoutons souvent d’une oreille tout en nous occupant de la maison. Si notre mari (ou notre enfant) voit que nous n’avons jamais de temps pour lui, que nous sommes occupées, il cessera de nous raconter ce qu’il vit, de se confier à nous, et trouvera des amis pour le faire. Pourtant, nous voulons qu’il se confie à nous ! Donc, lorsque notre mari arrive et souhaite nous parler, il faut momentanément mettre toutes nos tâches de côté et l’écouter avec attention et patience. Il ne suffit pas de se libérer matériellement de ses occupations : l’esprit doit lui aussi être disponible pour recevoir ce qui nous est dit. Une personne qui fait semblant d’écouter tout en pensant à ses propres affaires le laisse voir : regard absent, réponses à côté de la question. Ne pas calculer ce qu’il me reste à faire, tout ce que je n’aurai pas le temps de faire parce que je me suis accordé cette pause, quelles bêtises il raconte, ce que j’aurais fait à sa place… Et ne pas nous permettre de jeter des regards à l’horloge ou à l’évier qui déborde. Écouter, tout simplement, pour de bon.

Même si je ne suis pas d’accord avec ce que raconte mon mari, il ne faut pas donner mon avis pendant qu’il parle. Si quelque chose n’est pas tout à fait clair, lui demander de le répéter : « Tu voulais dire… » C’est d’ailleurs une bonne méthode : reformuler avec ses propres mots la pensée de son interlocuteur permet de clarifier les choses et d’éviter les malentendus. Mon mari voit ainsi que je l’écoute vraiment et que je cherche à le comprendre ; si j’ai mal compris, qu’il me corrige. « Tu voulais dire qu’il vaut mieux que nous n’y allions pas ? » « Tu veux dire que ce serait mieux pour les enfants si nous faisions de telle manière ? » Il répond alors : « Oui, c’est exactement ce que je voulais dire », et se réjouit d’avoir trouvé en son épouse une personne qui l’écoute attentivement.

Si nous avons décidé que le moment est venu de donner un conseil à notre mari, il n’est pas certain que lui aussi soit disposé à en recevoir un. Et le moment choisi pour donner des conseils était tout simplement malvenu. Si notre mari est submergé par ses émotions et a simplement besoin de les évacuer et de se calmer, ce n’est assurément pas le moment de lui donner des conseils. Lorsqu’il aura dit tout ce qu’il a sur le cœur, nous pourrons ajouter : « Je comprends, tu as eu une journée très difficile. C’est vraiment très dur lorsque de telles choses arrivent, lorsque les gens se comportent ainsi envers toi, lorsque les choses ne marchent pas, n’aboutissent pas… » Avant tout, même si cela nous concerne directement, simplement écouter et accueillir ce qu’il dit.

« Pourquoi as-tu envoyé l’enfant à la synagogue dans cet état, la chemise sortie du pantalon, les cheveux en bataille ? » Même si l’épouse a quelque chose à répondre, mieux vaut se taire. Pas maintenant. D’abord : « L’enfant est arrivé à la synagogue avec une apparence négligée. Tu as eu honte pour lui. » Il faut avant tout laisser notre mari vider son cœur, acquiescer à ses paroles, accepter son point de vue, tant qu’il est au plus fort de ses émotions. Ensuite, lorsqu’il se sera calmé et qu’il se sentira mieux parce que son point de vue aura été accepté, nous pourrons reparler de ce sujet (sans lui renvoyer des reproches). Il faut attendre que la personne soit prête à écouter. À un enfant, après l’avoir écouté, lorsqu’il sait que nous sommes de son côté et que nous compatissons, nous pouvons dire : « La prochaine fois, ne pars pas avec ce garçon, ne joue pas avec lui… », parce qu’il appartient à la mère de corriger la conduite de son enfant. En revanche, l’épouse n’est pas responsable de corriger le comportement de son mari : elle peut donc, tout au plus, lui donner un conseil, mais pas immédiatement, seulement lorsqu’elle voit qu’il est prêt à l’écouter. 

Notre force et notre faiblesse

Nous avons déjà dit que chaque mari souhaite se voir comme celui qui occupe la première place dans son propre foyer ; il n’est donc pas juste de s’adresser à lui en lui donnant des directives. Au contraire, si nous voulons réussir à faire de notre maison un lieu de paix, notre manière de parler à notre mari doit être douce : nous ne donnons pas d’ordres, nous proposons des conseils. Par exemple : c’est vendredi, le magasin va bientôt fermer et nous avons besoin de quelque chose de toute urgence. Si nous commençons à donner des ordres : « Ah ! Te voilà ! Dépêche-toi d’aller au magasin, il nous faut absolument… », notre mari répondra : « Oui, je viens tout juste de rentrer, je suis très fatigué et je veux me reposer. Si c’est si urgent, vas-y toi-même. » Mais si nous lui demandons : « Comme je suis contente que tu sois rentré. Je vois que tu es très fatigué et je suis vraiment gênée de te le demander, mais pourrais-tu, s’il te plaît, aller au magasin ? Il va bientôt fermer et j’ai absolument besoin de… »

Le Tout-Puissant a donné à la femme la douceur et la tendresse : c’est son arme. Nous ne réussirons probablement pas à combattre avec une arme qui n’est pas la nôtre, une arme masculine : pour y faire face, les hommes disposent d’un arsenal bien plus riche que le nôtre. En revanche, ils n’ont rien à opposer à la douceur. Ainsi, en agissant avec intelligence, tendresse et douceur, une femme peut obtenir beaucoup. « La femme sage a bâti sa maison » peut aussi se traduire par « La sagesse féminine a bâti sa maison ».

Préparé par : Mme Zissi Skarjinskaïa