Nechama Cheli

La force de la prière - À sa place

Et pourtant, la prière est plus forte... Lorsque le prophète Élie, sous le règne d’Achab, fit venir une sécheresse sur Israël (à cause de leur idolâtrie), sur le royaume du Nord où vivaient les dix tribus, l’absence de pluie dura plus de trois ans. Élie détenait la clé de la pluie. Mais ensuite, pour ramener à la vie le fils de la veuve qui l’avait recue…

Rabbanite Léa Gans

La force de la prière - À sa place

Et pourtant, la prière est plus forte...

Lorsque le prophète Élie, sous le règne d’Achab, fit venir une sécheresse sur Israël (à cause de leur idolâtrie), sur le royaume du Nord où vivaient les dix tribus, l’absence de pluie dura plus de trois ans. Élie détenait la clé de la pluie. Mais ensuite, pour ramener à la vie le fils de la veuve qui l’avait accueilli, il eut besoin de la clé de la résurrection des morts et dut rendre celle de la pluie.

Voyant la famine en Israël, le Très-Haut dit à Élie : « Va, présente-toi devant Achab, et Je donnerai de la pluie à la terre » (Mélakhim 1, 18:1).

Élie proposa une épreuve au peuple : « Je suis le seul prophète de l’Éternel resté ici, tandis que les prophètes de Baal sont quatre cent cinquante. Qu’on nous donne deux jeunes taureaux ; qu’ils en choisissent un, le découpent et le déposent sur le bois, mais sans allumer de feu. Quant à moi, je déposerai l’autre jeune taureau sur le bois, sans allumer de feu. Qu’ils invoquent le nom de leur divinité, et moi, j’invoquerai le nom de l’Éternel. Celui qui répondra par le feu, c’est Lui qui est D.ieu ». Ainsi fut fait. Les prophètes de Baal invoquèrent leur divinité toute la journée, sans succès. Élie, lui, creusa un fossé autour de l’autel et versa de l’eau sur l’autel jusqu’à ce que le fossé soit rempli. Puis il invoqua le Très-Haut : « Réponds-moi, Éternel, réponds-moi ! Et ce peuple saura que Tu es D.ieu ». En réponse à sa prière, un feu descendit du ciel sur l’autel et consuma non seulement le jeune taureau et le bois, mais aussi l’autel et toute l’eau qui l’entourait. Le peuple reconnut l’unicité de D.ieu, et Élie exécuta tous les prêtres de Baal.

Mais, même alors, la pluie ne se mit pas à tomber immédiatement. Élie plaça sa tête entre ses genoux et se mit à prier le Très-Haut pour la pluie avec une grande concentration et une grande ferveur. Sept fois, Élie envoya le jeune homme vérifier s’il y avait un nuage au-dessus de la mer. Ce n’est qu’à la septième fois qu’un petit nuage apparut au-dessus de la mer. Élie avertit alors Achab pour qu’on attelle les chevaux et que le roi rentre chez lui, faute de quoi la pluie torrentielle le retarderait.

Il est étonnant qu’après un tel miracle, la pluie ne soit pas tombée d’elle-même.

Les prêtres de Baal avaient été exécutés. Le peuple avait reconnu la grandeur et l’unicité du Très-Haut : ils avaient crié « L’Éternel est D.ieu, l’Éternel est D.ieu ». Pourtant, il fallut la prière concentrée du prophète Élie pour que la pluie tombe au septième essai.

Cela signifie que la prière qui vient du fond du cœur accomplit davantage que les miracles.

À sa place

Le rav Yaakov Galinsky racontait cette histoire. En Allemagne vivait un médecin spécialiste qui conciliait la Torah et la vie dans le monde selon l’enseignement du rav Samson Raphaël Hirsch. Il était satisfait de lui-même et de son niveau spirituel, mais un jour, il entendit parler des yéchivot de Lituanie et décida d’aller voir ce qu’elles étaient. Ce qu’il vit lui fit une telle impression qu’il n’arrivait pas à retrouver son calme.

Plus tard, il demanda à rencontrer le 'Hafets 'Haïm. « Je pensais être un bon Juif, mais ces jeunes qui étudient dans de telles conditions… Sans le moindre confort ! Je suis loin de leur niveau. Comment y arrivent-ils ? » demandait-il.

Après avoir réfléchi, le 'Hafets 'Haïm répondit : « Peut-être que votre part au Gan Éden n’est pas si mauvaise. Peut-être qu’elle se trouve à côté de la mienne. Vous avez grandi en Allemagne et reçu cette éducation. Et vous faites tout ce que vous pouvez dans vos conditions, de toutes vos forces. Vous craignez D.ieu et vous vous réservez un moment fixe pour l’étude de la Torah.

J’ai grandi en Lituanie et reçu une autre éducation. J’ai étudié selon le système lituanien. Moi aussi, je fais tout ce que je peux dans mes conditions, de toutes mes forces. L’essentiel est de faire ce que vous pouvez, de toutes vos forces ».

Nous pouvons nous donner le même conseil : l’essentiel est de faire ce que nous pouvons, de toutes nos forces, là où nous sommes.

Préparé par : Mme Zissi Skarjinskaïa