Nechama Cheli

La force de la prière - Le minimum indispensable pour une femme

« Attraper » les mitsvot Parfois, une personne est tellement absorbée par ses pensées pendant la prière qu’elle ne « refait surface » qu’à « Barèkh Alénou », voire plus tard encore... Que doit-elle faire maintenant ? Tout est-il perdu ? Le 'Hafets 'Haïm rapporte cette parabole. Une femme apporta au marché un panier de pommes à vendre. Un certain individu déchaî…

Rabbanite Léa Gans

La force de la prière - Le minimum indispensable pour une femme

« Attraper » les mitsvot

Parfois, une personne est tellement absorbée par ses pensées pendant la prière qu’elle ne « refait surface » qu’à « Barèkh Alénou », voire plus tard encore... Que doit-elle faire maintenant ? Tout est-il perdu ?

Le 'Hafets 'Haïm rapporte cette parabole. Une femme apporta au marché un panier de pommes à vendre. Un fauteur de troubles déchaîné renversa soudain son panier, et les pommes se dispersèrent dans toutes les directions. Des personnes « peu scrupuleuses » se mirent à attraper les pommes. Elle criait : « Les pommes ! On a éparpillé mes pommes ! » Un homme avisé se trouvait là. Il s’approcha de la marchande et lui dit : « Attrape ! Ils en attrapent, alors attrape-en toi aussi, sinon il ne restera vraiment plus rien ! »

Il en va de même pour la prière et pour toute mitsva que l’on accomplit : dès que tu reprends tes esprits, commence à attraper ! Attrape, ne reste pas là ! Il ne faut pas dire que tout est perdu, qu’il est déjà trop tard, que « j’ai déjà commis tellement d’erreurs ». Tout ce qu’une personne aura le temps d’attraper lui appartiendra. Pour la prière, cela signifie que, dès qu’elle « refait surface », elle doit commencer à prier avec kavana.

 Le minimum obligatoire

Les Richonim sont partagés sur la question de savoir si prier chaque jour est une mitsva prescrite par la Torah.

Le Rambam (« Séfer Hamitsvot », 5) estimait que prier chaque jour est une mitsva prescrite par la Torah et qu’une prière par jour permet d’accomplir la mitsva de prière prescrite par la Torah.

Il s’appuyait sur ces versets (Chémot, 23:25) : « Servez (va-avadtem) l’Éternel, votre D.ieu, et Il bénira ton pain et tes eaux, et J’écarterai la maladie du milieu de toi », ainsi que (Dévarim, 6:13) : « Crains l’Éternel, ton D.ieu, sers-Le et (alors) jure par Son Nom ». Nos Sages ont expliqué que la prière est une avoda (un service) du cœur. Au début, chacun priait selon ce qu’il ressentait : certains plus longuement, d’autres plus brièvement ; puis les hommes de la Grande Assemblée ont fixé la forme de la prière.

Le Ramban considère (« Hassagot ») que la Torah n’oblige pas une personne à prier chaque jour, mais que ce sont précisément les hommes de la Grande Assemblée qui ont institué trois prières par jour.

Le Ramban considère que l’obligation prescrite par la Torah est peut-être de prier lorsqu’un malheur frappe une personne, lorsqu’elle traverse une période difficile de sa vie. Il s’appuie sur ce verset (Bamidbar, 10:9) : « Lorsque vous partirez en guerre sur votre terre contre l’oppresseur qui vous opprime, faites retentir des sonneries saccadées avec les trompettes ; vous serez rappelés au souvenir de l’Éternel, votre D.ieu, et vous serez sauvés de vos ennemis ». Puisqu’il est ici question de s’adresser au Très-Haut lors d’une invasion ennemie, le Ramban estime que, selon la loi de la Torah, l’obligation de prier consiste à s’adresser au Créateur lorsque les peines nous accablent.

Quelles parties de la prière du matin les femmes doivent-elles réciter aujourd’hui (si elles ne sont pas surchargées par les soins aux enfants et les tâches ménagères) ?

Le rav Elyachiv a répondu ainsi : les bénédictions de la Torah, les bénédictions du matin, « Tamid » ; les « Pessouké Dezimra » : « Baroukh Chéamar », « Achré », « Yichtaba'h » ; « Kriat Chéma » (« Emet Véyatsiv », « Gaal Israël ») ; « Chémoné Essré ».

On raconte que le 'Hafets 'Haïm dispensa son épouse des prières obligatoires de la journée pendant toute la période où elle s’occupait de leurs jeunes enfants, jusqu’à ce qu’ils aient grandi. Il y a plusieurs raisons à cela.

Premièrement, « celui qui s’occupe d’une mitsva est dispensé d’une autre mitsva ». Une femme ne peut pas à la fois surveiller un bébé qui s’éloigne à quatre pattes et se tenir debout pour la Amida. Deuxièmement, « son esprit n’est pas tranquille » : elle pense constamment à ses tâches, aux choses qu’elle doit faire, et cela la distrait.

à suivre

Préparé par : Mme Zissi Skarjinskaïa