Nechama Cheli

La force de la prière - Le sentiment de proximité avec le Créateur

La peine, mais aussi la joie dans le cœur, peuvent rapprocher l’être humain du Tout-Puissant. On sait qu’à Souccot, pendant Sim’hat Beit Hachoéva (les réjouissances liées à la libation d’eau sur l’autel), les personnes qui venaient au Temple se rapprochaient tellement du Créateur par la joie qu’elles avaient le privilège d’accéder à l’esprit de compréhension sacrée (roua’h…

Rabbanite Léa Gans

La force de la prière - Le sentiment de proximité avec le Créateur
La peine, mais aussi la joie dans le cœur, peuvent rapprocher l’être humain du Tout-Puissant.

On sait qu’à Souccot, pendant Sim’hat Beit Hachoéva (les réjouissances liées à la libation d’eau sur l’autel), les personnes qui venaient au Temple se rapprochaient tellement du Créateur par la joie qu’elles avaient le privilège d’accéder à l’esprit de compréhension sacrée (roua’h hakodech).

Nous ressentons de la joie et une proximité avec le Tout-Puissant pendant les fêtes, mais des efforts sont ensuite nécessaires pour les conserver toute l’année. Par exemple, à Pessa’h, la joie nous est offerte en cadeau, mais vient ensuite le compte du Omer, pendant lequel nous devons travailler sur nous-mêmes et nous améliorer afin de nous rapprocher et de recevoir la Torah dans la joie à Chavouot.

Pour les enfants, le sentiment de proximité avec le Tout-Puissant va de soi.

Récemment, comme chaque soir, j’ai fait asseoir l’un de mes plus jeunes fils pour lui passer le peigne dans les cheveux. Curieusement, je n’ai pas réussi à trouver le peigne, ni à sa place habituelle ni ailleurs. Malgré toutes mes recherches, il a fallu annuler la séance. Dès qu’il l’a appris, mon fils a dit : « Baroukh Hachem » (Béni soit l’Éternel !). Pour lui, il est donc naturel de remercier le Tout-Puissant de lui avoir épargné le passage du peigne dans les cheveux.

Pourquoi ne Le remercions-nous pas et, plus généralement, ne nous adressons-nous pas à Lui avec la même spontanéité ? Ce n’est que dans les moments exceptionnels de joie ou de peine que les mots jaillissent d’eux-mêmes de nos lèvres ; dans la vie ordinaire, il faut travailler sur soi pour s’adresser au Tout-Puissant.

 « …et (à la place de) taureaux, nous offrirons (les paroles de) nos lèvres »

Le rav Yaakov Galinsky commentait ainsi ce verset d’Osée (14:3). Voici une parabole sur un homme qui fabriquait de la fausse monnaie. Il possédait des machines spéciales qui imprimaient des billets. De quelle valeur ? D’une valeur importante. Disons, 200 shekels. Pourquoi précisément de tels billets ? N’étaient-ils pas plus susceptibles d’être vérifiés ? N’aurait-il pas été plus simple de contrefaire des billets de 20 shekels, qui passent constamment de main en main ? Mais non, cet homme raisonnait ainsi : puisque je prends un tel risque et engage de telles dépenses — machines, papier spécial, encres —, autant risquer gros plutôt que de faire dans la petite monnaie. Car la peine pour contrefaçon est la même, qu’il s’agisse d’un billet de 20 ou de 200 shekels.

Chaque mot de notre prière est un billet de banque. Qui décide de la valeur nominale de ce billet ?

Nous-mêmes. Prononcerons-nous chaque mot avec la concentration requise, avec kavana, pour une valeur de 200 shekels, ou marmonnerons-nous quelque chose d’inintelligible, pour une valeur de vingt shekels ?

« Et (à la place de) taureaux, nous offrirons (les paroles de) nos lèvres » : les taureaux étaient les animaux les plus coûteux parmi ceux que l’on offrait en sacrifice.

Quitte à offrir un sacrifice, que ce soit un taureau, ce qu’il y a de plus coûteux et de meilleur. Autrement dit, que les mots de la prière (qui remplace de nos jours le service du Temple) soient semblables aux taureaux, aussi précieux et aussi chargés de poids.

à suivre

préparé par : Mme Zissi Skarjinskaïa