Nechama Cheli

La force de la prière - Qu’est-ce qu’une prière pleine et entière ?

Une prière pleine et entière Dans le Talmud (Roch Hachana, 17b), il est écrit : « Rabbi Méïr disait : “Deux personnes se sont alitées (sont tombées malades), et leur mal est le même ; de même, deux personnes sont montées sur l’échafaud, et leur condamnation est la même. L’une s’est relevée (a guéri), et l’autre non ; l’une a été sauvée, et l’autre non. Pourquoi l’une s’est-elle relevée, et l’autre non ? L’une a été sauvée, …

Rabbanite Léa Gans

La force de la prière - Qu’est-ce qu’une prière pleine et entière ?

Une prière pleine et entière

Dans le Talmud (Roch Hachana, 17b), il est écrit : « Rabbi Méïr disait : “Deux personnes se sont alitées (sont tombées malades), et leur mal est le même ; de même, deux personnes sont montées sur l’échafaud, et leur condamnation est la même. L’une s’est relevée (a guéri), et l’autre non ; l’une a été sauvée, et l’autre non. Pourquoi l’une s’est-elle relevée, et l’autre non ? L’une a été sauvée, et la seconde non ? Celle-ci a prié et a été exaucée, tandis que celle-là a prié et n’a pas été exaucée ?” ». C’est une question difficile : le sort d’une personne a changé grâce à sa prière, tandis que celui de l’autre est resté le même. Pourquoi ?

Rabbi Méïr et rabbi Éliézer divergent dans leur réponse à cette question. Rabbi Méïr dit que, bien que les deux personnes aient prié, une seule a fait une prière pleine et entière, et a été exaucée. (Rabbi Éliézer considère, quant à lui, que la décision définitive n’avait pas encore été rendue pour la personne dont la condamnation a été annulée ; c’est pourquoi sa prière a abouti.) Rachi répond à la question de savoir ce qu’est une prière pleine et entière. C’est une prière faite avec la disposition intérieure qui convient.

La prière féminine la plus connue du Tanakh est celle de Hanna, la mère de Chmouel.

De sa prière, les Sages du Talmud déduisent les lois définissant la manière de prier (Chmouel I, 1:13) : « Hanna parlait en elle-même ; seules ses lèvres remuaient, mais on n’entendait pas sa voix… ». « En elle-même » signifie sans parler à voix haute ; « ses lèvres remuaient » signifie qu’il faut prononcer les mots.

Hanna priait pour que l’Éternel lui accorde un fils, et c’était une prière issue d’un cœur pleinement conscient. La prière de Hanna a accompli l’impossible, elle a changé la nature : auparavant, selon nos Sages, Hanna ne possédait même pas d’organe permettant d’enfanter (d’utérus), mais à la suite de sa prière, cet organe a été créé pour elle.

La prière qui vient du cœur peut changer la nature !

La concentration

Rabbénou Ba’hya écrit dans le livre « Hovot Halevavot » qu’un homme juste priait toujours en ces termes : « Éternel, sauve-moi du pizour hanéfech (la dispersion de l’âme) ».

Il est très important d’être concentré pendant la prière. Nous avons dit que nos Sages avaient comparé la prière au service du Temple. On sait que si, au cours de l’offrande d’un sacrifice, le cohen avait des ma’hchavot pigoul (des pensées concernant certaines modifications de l’ordre du sacrifice), il rendait ainsi le sacrifice passoul (invalide).

De même, les pensées étrangères à la prière nous gênent pendant celle-ci : elles empêchent la prière d’être agréée, d’où l’importance de la concentration.

Le rav El’hanan Bounim Wasserman, directeur de la yéchiva de Baranovitchi, a été assassiné par les nazis au neuvième fort de la forteresse de Kovno. Sur le chemin de l’exécution, le rav El’hanan expliquait à ses élèves qui l’accompagnaient qu’ils allaient accomplir une messirout néfech (se sacrifier) pour la sainteté du Tout-Puissant (al kiddouch Hachem : c’est ainsi qu’on appelle la mort d’un Juif pour le fait d’être juif).

À présent, le plus important est de savoir que les ma’hchavot pigoul altèrent le sacrifice : il faut donc se concentrer pour purifier ses pensées des doutes concernant la foi et la perfection du gouvernement divin, et se présenter devant le Tout-Puissant dans un état tel que cette offrande soit accueillie avec faveur au Ciel et portée au mérite du peuple tout entier.

à suivre

préparé par : Mme Zissi Skarjinskaïa