Rabbanite Léa Gans
Ce n’est pas à toi d’achever le travail
« Ce n’est pas à toi d’achever le travail, mais tu n’es pas non plus libre de t’y soustraire » (Pirké Avot, 2:16). À qui revient-il donc d’achever le travail ?
Le roi David a écrit dans les Téhilim : « J’invoquerai D.ieu, le Très-Haut, D.ieu qui achève pour moi » (57:3). Le Très-Haut achèvera Lui-même le travail (rendra la prière complète) pour moi. « Confie (gol) ta voie à l’Éternel et repose-toi sur Lui : Il agira ».
Confier au Très-Haut tous nos besoins, c’est Lui dire dans la prière ce dont nous avons besoin : la santé pour nous et nos enfants, le bien-être de notre famille et de bonnes finances… « Remets ton fardeau à l’Éternel, et Il te soutiendra… » (ibid., 55:23).
On raconte à ce sujet une parabole. Un homme cherchait une pierre angulaire pour sa construction dans la vallée. Il monta sur la montagne et y trouva une pierre qui convenait, mais c’était un énorme rocher impossible à soulever. Il se mit à faire osciller la pierre jusqu’à ce qu’elle se dégage un peu de la terre, puis la poussa du haut de la montagne, et elle roula d’elle-même jusque dans la vallée. S’il avait dû hisser la pierre en haut de la montagne, il aurait difficilement pu y parvenir. Mais la pousser ne demande qu’un petit effort.
Le roi David nous dit : confie (gol) tes besoins. Le mot gol ressemble au mot golel, dérouler, tourner, ainsi qu’au mot megalgel, fait rouler, déroule. Il nous est seulement demandé un petit effort dans la prière, et le Très-Haut fera dévaler pour nous le rocher de notre lourd fardeau.
La prière : un effort démesuré ?
En réalité, la prière ne demande pas d’efforts physiques ; même une personne au corps faible peut déplacer des montagnes par la prière, comme nous le voyons chez nos grands maîtres. Notre tâche est d’en avoir la volonté. « Celui qui vient se purifier reçoit de l’aide » (Yoma, 38b).
Il faut commencer, ouvrir un passage grand comme le chas d’une aiguille, et l’aide viendra aussitôt.
Dans Yéchayahou (41:14), il est écrit : « Ne crains pas, vermisseau de Jacob, hommes d’Israël ; Je t’ai aidé (et Je t’aiderai), parole de l’Éternel ! » La « Mekhilta de Rabbi Ichmaël » explique : « De même que le ver ne peut s’attaquer au cèdre que par sa bouche, Israël n’a rien d’autre que la prière ». Le ver est mou et faible. Toute sa force réside dans sa bouche, avec laquelle il broie une nourriture dure et grossière : les arbres, les maisons, la terre. Ronger un cèdre entier semble être un effort démesuré, mais un petit ver peut y parvenir.
Il en va de même pour le peuple d’Israël : sa force ne réside pas dans sa puissance physique, mais dans sa capacité à déplacer des montagnes par la prière (et l’étude de la Torah).
à suivre
Préparé par : Mme Zissi Skarjinskaïa