Nechama Cheli

La gratitude

Les Sages juifs sur la vie de couple Le Tout-Puissant infligea aux Égyptiens dix plaies. Certaines furent infligées par l’intermédiaire de Moché, d’autres par celui d’Aharon. Le grand commentateur Rachi[1] explique : « Parce que le fleuve (le Nil) avait protégé Moché lorsqu’il avait été jeté dans ses [eaux], il ne fut pas frappé de sa main [et ne…

La gratitude

Les Sages juifs sur la vie de couple

Le Tout-Puissant infligea aux Égyptiens dix plaies. Certaines furent infligées par l’intermédiaire de Moché, d’autres par celui d’Aharon. Le grand commentateur Rachi[1] explique : « Parce que le fleuve (le Nil) avait protégé Moché lorsqu’il avait été jeté dans ses [eaux], il ne fut pas frappé de sa main [et ne fut pas atteint par son intermédiaire], ni par le sang ni par les grenouilles, mais le fut de la main d’Aharon »[2]. De même, Rachi explique pourquoi Moché ne frappa pas la poussière lors de la plaie des poux : « La poussière ne méritait pas d’être frappée par Moché, car elle l’avait protégé lorsqu’[il] avait tué l’Égyptien et l’avait caché dans le sable. [C’est pourquoi la poussière] fut frappée par Aharon »[3].

Les Sages enseignaient qu’il faut éprouver et manifester de la gratitude même envers les objets inanimés. À plus forte raison envers les personnes qui nous entourent, et surtout envers notre conjoint, qui est pour nous un soutien et une aide de tous les instants. Nous devons éprouver et exprimer notre gratitude non seulement dans les grandes occasions, par exemple pour un généreux cadeau d’anniversaire, mais aussi pour les petits services domestiques et l’aide habituelle dans la vie quotidienne. Nous sommes tenus de remercier même lorsque la bonne action n’a pas été accomplie spécialement pour nous, mais nous a aidés indirectement.

Il est très important de le savoir, tout particulièrement dans la vie de couple. Nous devons prêter attention aux choses les plus simples et les plus ordinaires, comme les courses, les tâches ménagères, le travail, etc. Nous devons apprécier tout cela et, en l’appréciant, en remercier notre conjoint.

Le Talmud de Babylone[4]  raconte que rabbi 'Hiya[5]  était marié à une femme qui le tourmentait sans cesse. Malgré cela, lorsqu’il lui arrivait de voir un objet joli ou utile à sa femme, rabbi 'Hiya le lui achetait toujours en cadeau. Un élève lui demanda pourquoi il achetait des cadeaux à une femme qui ne lui causait que des ennuis. Rabbi 'Hiya répondit : il suffit qu’elle soit ma femme et qu’elle élève nos enfants pour que je lui doive de la gratitude.

[1]  Rabbi Chlomo Yits’haki. Né en France en 1040. L’un des plus grands commentateurs de la Torah de tous les temps. Ses commentaires sur le Tanakh, le Talmud et d’autres ouvrages fondamentaux des Sages juifs sont encore étudiés aujourd’hui dans tous les établissements d’enseignement juifs du monde entier. Mort en 1105.

[2]  Rachi. Commentaire sur Chémot, 7:19. Chémot (« Les Noms ») est le deuxième livre du Pentateuque.

[3]  Rachi. Commentaire sur Chémot, 8:12

[4] Yevamot, 63a, b

[5] vécut en Erets Israël à l’époque de rabbi Yéhouda Hanassi, il y a environ 1800 ans