Parmi les nombreuses bénédictions, que les Sages ont intégrées à la cérémonie du mariage, figure la bénédiction « yotser ha-adam » (Celui qui a créé l’être humain). Elle évoque la création de l’être humain par le Tout-Puissant. Pour nous, il est très significatif que les Sages aient choisi d’attirer notre attention sur la création de l’être humain par D.ieu précisément au moment du mariage, et non de la naissance.
Le mariage a lieu plusieurs décennies après la naissance. Pourquoi attendons-nous donc si longtemps pour exprimer notre reconnaissance et notre gratitude au Tout-Puissant pour ce hessed ?
De toute évidence, les Sages ont considéré le mariage comme le moment le plus approprié pour exprimer notre gratitude au Tout-Puissant pour la création de l’être humain. La création divine est si étroitement liée à l’union de l’homme et de la femme que durant les Chéva brakhot la bénédiction « yotser ha-adam » est répétée deux fois !
De plus, selon certains commentaires, la raison pour laquelle nous récitons la bénédiction « yotser ha-adam » deux fois sous la houppa est la nécessité d’évoquer la création de Hava. La première bénédiction se rapporte à la création d’Adam, et la seconde à celle de Hava. Le fait que nous évoquions séparément chaque moment de la Création en prononçant deux bénédictions différentes revêt une grande importance.
Ces deux bénédictions nous aident à comprendre la grande sagesse dont le Tout-Puissant a fait preuve en créant Hava à partir d’Adam, qu’Il avait déjà créé. Le Midrach « Yalkout Chimoni » (Béréchit) décrit comment le Tout-Puissant a envisagé de nombreuses possibilités avant de décider de quelle partie du corps créer Hava : la tête, l’œil, l’oreille, la bouche, le cœur, la main ou le pied.
Le Tout-Puissant a finalement décidé de créer Hava à partir du flanc d’Adam, afin qu’elle soit pudique par nature. Les bras couvrent les flancs ; ainsi, de toutes les parties du corps, le flanc d’Adam était celui qui convenait le mieux pour incarner l’essence de Hava.
La pudeur est bien plus qu’un style vestimentaire. La pudeur est bien plus qu’une manière de se comporter.
La tsniout est si précieuse qu’elle caractérise même la Chékhina. Le « Midrach Tan’houma » (Bamidbar, 3) souligne qu’avec la consécration du Michkan (le Sanctuaire portatif), le Tout-Puissant a loué la vertu de pudeur. Une fois achevée la construction du Michkan, le Tout-Puissant a pu parler à Moché Rabbénou dans l’intimité du Michkan.
La tsniout est très importante dans la vie conjugale, tant pour le mari que pour la femme. Elle est nécessaire à l’accomplissement de leur mission dans la vie. Elle est également nécessaire à la vie elle-même. Le Tout-Puissant a créé les femmes avec une disposition innée à demeurer au foyer. Cela donne au foyer une puissante assise spirituelle qui, à son tour, aide l’homme à accomplir sa mission.
La qualité de tsniout est le fondement de l’essence féminine et concerne tous les aspects de la vie. La tsniout aide la femme à accomplir sa mission dans la vie.
La tsniout est également une qualité importante pour l’homme. Dans le sixième chapitre du traité Avot, rabbi Méïr enseigne : « Celui qui étudie la Torah lichma (au nom du Ciel) mérite de nombreuses choses. Bien plus, le monde entier en vaut la peine. » Rabbi Méïr énumère ensuite de nombreuses bénédictions, parmi lesquelles la tsniout.
De plus, la tsniout est une obligation pour le talmid hakham (sage de la Torah). Le « Yalkout Chimoni » (Ki Tissa) dit : « Un talmid hakham doit être tsanoua (modeste), comme une kala (mariée). » La tsniout, en tant qu’essence intérieure de l’épouse, représente le sommet de la perfection du mari.
La tsniout, don que le Tout-Puissant a accordé à la femme dès l’origine, peut également être acquise par l’homme, mais seulement au prix de grands efforts.
Après de longues années de vie conjugale et de grands efforts dans l’étude de la Torah (la Torah lichma) — le marié atteindra les vertus que sa mariée possédait dès l’origine.
La bénédiction « yotser ha-adam » trouve davantage sa place sous la houppa qu’à la naissance, parce que sa réalisation entre dans une phase active avec le début de la vie conjugale.
Le mot Adam, tel qu’il est prononcé dans la bénédiction « yotser ha-adam », comporte un article défini qui signifie « celui-là même, l’unique ». L’emploi de cet article désigne généralement quelque chose de particulier et d’unique. Le Tout-Puissant a créé Adam pour accomplir une mission claire et unique dans la vie. Plus que toute autre créature, Adam connaissait sa mission dans la vie : perfectionner ses qualités spirituelles.
Le verset (Béréchit, 2:20) décrit comment, après avoir cherché parmi toutes les créatures, Adam ne trouva personne qui pût l’aider à accomplir sa mission dans le monde. C’est pourquoi le Tout-Puissant a créé Hava.
La création de Hava, la parfaite ézer kénegdo (« une aide face à lui »), fut l’acte ultime et le plus important de la Création, nécessaire à Adam pour atteindre la perfection et la plénitude.
Le premier homme savait, plus que toute autre personne ayant jamais vécu, à quel point il était incomplet sans Hava lorsqu’il s’agissait d’accomplir sa propre mission. Adam savait que Hava était son unique épouse dans la vie, et nous pouvons en dire autant de Hava. Ils n’avaient pas d’autre choix possible.
Notre attitude envers notre conjoint doit être la même. Nous pouvons croire à tort que nous avons de nombreuses possibilités de choix. Pourtant, nous ne devons pas nous laisser tromper par l’apparente abondance de choix que nous offre ce vaste monde. Notre conjoint est tout aussi unique, aimé et irremplaçable qu’Adam pour Hava et Hava pour Adam.
La houppa est le début d’un chemin à deux. Il n’existe pas d’autre homme. Il n’y a pas d’autre femme. C’est précisément à cette réalité que le marié, la mariée et toutes les personnes présentes répondent sous la houppa par « amen ».
Après la houppa, le mari et la femme avancent ensemble dans la vie, découvrant qui chacun d’eux est véritablement. La vie conjugale est une occasion que le Tout-Puissant nous donne d’exprimer notre tsélem Élokim.
Nous achevons la cérémonie du mariage par une bénédiction dans laquelle nous souhaitons aux jeunes mariés sasson, simha, guila, rina, ditsa, hedva, ahava, ahva, chalom et réout. Ces expressions de joie et d’exaltation donnent le ton de la vie belle et merveilleuse que les jeunes mariés espèrent vivre ensemble.
Nous répétons cette bénédiction de nombreuses fois pendant la semaine des chéva berakhot. Cette répétition affermit la décision que le hatan et la kala ont prise ensemble. Durant ce temps, quelque chose a changé. Le hatan et la kala ont assumé de nouveaux rôles. Ils sont devenus mari et femme.
Le respect et l’admiration mutuels naîtront de la reconnaissance réciproque du rôle de chaque conjoint dans l’édification d’un Foyer de Torah, accompagnée d’une compréhension claire de l’importance de ce Foyer de Torah pour la Communauté d’Israël.