Nechama Cheli

La meilleure définition de l’amour véritable

L’amour se cache dans les recoins de l’âme. Il n’est personne qui n’ait son heure d’amour. Rabbi Aaron de Karlin Alors, parlons d’amour. Nous avons déjà abordé la communication et l’acceptation de nos proches, la gestion du foyer et l’ordre de nos priorités, et même l’amour de soi. Il est temps de parler de l’essentiel, de ce qui …

Rabbanite Esther Offengenden

La meilleure définition de l’amour véritable

L’amour se cache dans les recoins de l’âme. Il n’est personne qui n’ait son heure d’amour. Rabbi Aaron de Karlin

Alors, parlons d’amour.

Nous avons déjà abordé la communication et l’acceptation de nos proches, la gestion du foyer et l’ordre de nos priorités, et même —  l’amour de soi. Il est temps de parler de l’essentiel, de ce pour quoi nous vivons : l’amour entre les êtres humains !

Peut-être n’existe-t-il pas du tout ? La psychologie, par exemple, ne parle pratiquement pas de la manière de parvenir à l’amour au sein de la famille. Pensez donc… Il faudrait déjà apprendre aux conjoints à vivre ensemble dans le mariage !!! La Torah, au contraire, considère l’amour comme l’un des aspects les plus importants de l’union entre un homme et une femme.

Quoi qu’il en soit, l’amour est un sujet très intéressant. On en a tant parlé ! Mais une question demeure : où se cache-t-il donc ?

... Un coucher de soleil. Le bord de mer. Deux êtres courent l’un vers l’autre, comme dans un film au ralenti…

Mais que faire lorsque la vie ne se déroule pas toujours au bord de la mer et que nos réactions l’un envers l’autre sont souvent trop rapides ? Et qu’après un nouvel échec, nous restons assis à nous demander :

– L’amour existe-t-il vraiment, et qu’est-ce donc ?

Ne désespérons pas ! Tournons-nous vers les spécialistes.

« Je vous aime ! – écrivait Alexandre Pouchkine à Anna Kern. Et il expliquait aussitôt ce que cela signifiait : je languis, je ne dors pas la nuit… mais si vous êtes heureuse sans moi... si vous vivez, je vous méprise, entendez-vous, je vous méprise ! »

C’est clair.  Selon Pouchkine, l’amour est souffrance, et l’indifférence, gaieté. L’indifférence est la vie ; l’amour, par conséquent, la mort...

Voici maintenant l’avis d’A. Lowen, l’un des fondateurs de la théorie de l’analyse bioénergétique : « L’amour est une intensification du bien-être de l’organisme ».

...Pardon, nous venons de dire que l’amour est la mort, et voilà maintenant qu’il serait bon pour la santé ?!

Eric Berne définit ainsi le fait d’aimer : cesser de se laisser guider par le bon sens ordinaire... cela ressemble à un rayonnement que l’on peut voir en prenant du LSD. Mais les relations humaines valent mieux que les drogues : elles sont une réalité qui engendre des aventures sans recours au poison. Autrement dit, selon Berne, l’amour n’est ni la vie ni la mort, mais une sensation intense dont on peut s’offrir le plaisir de temps à autre. L’essentiel est de ne pas s’y habituer.

Parmi les nombreux aphorismes sur l’amour que j’ai recueillis, il y a un « gagnant ».

C’est une phrase que la majorité des personnes qui m’écoutaient ont choisie comme définition de l’amour véritable. La voici :

- Tu dois offrir de la sécurité, de l’attention, de la chaleur et l’assurance que vous serez ensemble pour toujours… En échange, tu recevras un attachement, une admiration et une fidélité sans fin : l’amour.

À votre avis, d’où vient cette citation ? Accrochez-vous bien. Elle vient d’un manuel de dressage canin.

Alors, direz-vous, aimer signifie se transformer en animal ? Se perdre soi-même ?..

Mais ne vous précipitez pas. Réfléchissez : quels sentiments naissent en vous lorsque le mot « amour » est prononcé ? Quelles associations vous viennent à l’esprit ? Quelles images défilent devant vos yeux ?

Si l’on pouvait suivre les chaînes d’associations qui se forment lorsque vous pensez à l’amour, au manque d’amour dans votre vie, lorsque vous doutez de la possibilité de réaliser votre rêve, de la réalité de l’idéal, combien de craintes, et peut-être même de peur, y trouverait-on...

Dans un certain sens, la peur de l’amour se trouve aux origines de la civilisation gréco-romaine. Les Grecs de l’Antiquité, par exemple, considéraient l’amour comme une maladie dont les conséquences possibles comprenaient la folie et... la mort.

Le christianisme a rendu encore plus confuse cette autorisation intérieure que l’on se donne d’aimer. L’amour noble est beau, tandis que l’amour physique est un péché. Mais comment les séparer ?

Dans la tradition juive, le regard porté sur l’amour est optimiste. Chacun a besoin d’amour. C’est précisément sur l’amour que l’être humain fonde ses relations avec les autres et avec D.ieu.

à suivre

Nous exprimons notre profonde gratitude à l’auteure, la rabbanite Esther Offengenden, et à la maison d’édition « Michpaha ke-halakha » (www.mishpacha.ru) pour le droit de publier des chapitres du livre « La vie après le mariage ».