La mitsva de rendre visite aux malades
2. Les proches parents et les amis doivent rendre visite au malade le jour même où son état s’est aggravé, tandis que les autres viennent trois jours plus tard. Si l’état du malade s’est brusquement aggravé, la mitsva de lui rendre visite (immédiatement) s’applique à tous.
3. La mitsva est accomplie chaque fois que vous rendez visite au malade, même si vous le faites plusieurs fois par jour. Il faut toutefois faire preuve d’attention et veiller à ne pas déranger le malade ni lui occasionner de gêne.
4. S’il s’agit d’une maladie contagieuse, la mitsva n’incombe qu’aux personnes dont le malade a besoin. Mais là encore, tout dépend du degré de risque de contagion. En cas de danger direct pour la vie, il n’y a pas d’obligation de rendre visite au malade.
5. Il ne faut pas rendre visite à son ennemi, de peur qu’il ne pense que l’on se réjouit de son sort.
6. Lorsque l’on rend visite à un malade, il est très important de s’asseoir auprès de lui et de converser avec lui. Si, pour une raison quelconque, le malade est allongé à même la terre (sur le sol), il ne faut pas s’asseoir à côté de lui sur une chaise ou un autre objet surélevé pendant la visite. Les Sages expliquent que, puisque la Chekhina (Présence divine) se trouve au chevet du malade, il convient de se comporter d’une manière particulière et de ne pas la « surplomber ».
7. Si l’on ne peut pas se rendre soi-même auprès du malade, il faut, en dernier recours, lui envoyer quelqu’un d’autre ou au moins lui écrire et lui téléphoner.
****Lorsque le célèbre Rabbi d’Alexander (auteur du livre « Yisma'h Israël ») tomba malade, rabbi Avraham de Sochatchov (auteur du livre « Avnei Nézer ») lui envoya son fils pour lui rendre visite. Il demanda également à son fils de préciser qu’il accomplissait une mission confiée par son père. Après cette visite, le Rabbi d’Alexander déclara : « Il est écrit que le Tout-Puissant Lui-même rend visite aux malades ; il faut donc accomplir cette mitsva soi-même, et non par l’intermédiaire d’un tiers. Mais rabbi Avraham est certainement âgé et déjà très faible, c’est pourquoi il n’a pas pu venir me voir lui-même. »
****Dans la ville de Brisk vivait un Juif qui accordait une attention particulière à la mitsva de rendre visite aux malades. Le seul problème était qu’il restait trop longtemps auprès du malade. Un jour, le rav de Brisk, rav Haïm Soloveitchik, entendit parler de ce brave Juif. Il le fit venir et lui dit : « Les Sages nous ont enseigné qu’en rendant visite à un malade, nous “emportons” 1/60 de sa maladie. Maintenant, calculons combien de temps libre un malade doit avoir pour que soixante personnes puissent lui rendre visite dans la journée. Comme toute personne en bonne santé, il lui faut dormir et manger, se laver et se reposer… Il en résulte qu’il lui reste très peu de temps pour chaque visite. »