La mitsva de rendre visite aux malades
11. Les Sages ont enseigné qu’il vaut mieux ne pas rendre visite à un malade dès le matin, pendant les trois premières heures proportionnelles. Le matin, le malade se sent souvent mieux (et paraît aller mieux qu’en réalité). Celui qui lui rend visite à ce moment-là peut penser qu’il n’est plus nécessaire de prier pour lui avec autant de ferveur qu’auparavant. Il vaut mieux ne pas lui rendre visite non plus pendant les trois dernières heures proportionnelles, lorsqu’il est déjà fatigué et que son état s’est considérablement dégradé. En voyant le malade dans un état très grave, les gens peuvent penser qu’il ne sert plus à rien de prier pour lui.
Cependant, beaucoup ne respectent pas ces règles. Si vous ne pouvez rendre visite au malade qu’à un moment précis, même lorsqu’il ne paraît pas au mieux de sa forme, il vaut mieux venir que renoncer complètement à accomplir la mitsva.
12. Lorsqu’on prie en présence du malade, on peut le faire dans n’importe quelle langue. Mais lorsqu’on se trouve ailleurs, il convient de prier pour lui en lachon hakodech (la langue sainte).
13. Lorsqu’on prie pour un malade en sa présence, il n’est pas nécessaire de mentionner son nom. Lorsqu’il n’est pas présent, il convient de prier pour lui en indiquant son nom et en précisant qu’il fait partie de l’ensemble des malades du peuple juif.
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Un jour, des gens remarquèrent que le grand rabbin, l’Alter de Slobodka, se tenait debout et priait près de la maison de l’un de ses élèves. On lui demanda pourquoi il se tenait précisément là, puisqu’on peut prier n’importe où. Il répondit : « Nous savons que quelqu’un chez lui est tombé malade. Chaque jour, nous le rencontrons à la synagogue ou à la yéchiva, et là-bas, il m’est bien plus difficile de ressentir combien la situation est pénible pour lui. Voilà pourquoi je suis venu ici. »
14. Si quelqu’un tombe malade dans la famille, il convient d’aller voir l’un des Sages de la ville et de lui raconter ce qui s’est passé, afin qu’il prie pour cette personne. Il existe aussi une tradition consistant à bénir tous les malades à la synagogue pendant la lecture du rouleau de la Torah (même le Chabbat).
15. On ne rend pas visite aux malades qui ont des troubles intestinaux ou oculaires, ni à ceux dont les problèmes de santé les gênent pour recevoir des visiteurs. Il en va de même pour une maladie qui rend très pénible pour le malade le fait de parler avec d’autres personnes.
Mais, dans ce cas, on vient vérifier que le malade dispose de tout ce dont il a besoin et prier pour lui en se tenant près de sa chambre.
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Lorsque l’Alter de Slobodka apprenait qu’un membre de la communauté avait des problèmes ou ne se sentait pas bien, il ne trouvait plus de repos et priait sans cesse pour cette personne. De plus, il envoyait expressément des gens chez elle pour savoir comment on pouvait l’aider et ce qui lui manquait. Mais cela ne suffisait pas non plus. Lorsqu’il fallait consulter des médecins, il essayait de déterminer à qui il valait mieux s’adresser et quels médicaments acheter. Si la maladie touchait un élève de la yéchiva, les conversations à ce sujet emplissaient la maison et il ne cessait d’en parler. Très souvent, le rav finissait par donner son propre argent pour couvrir les dépenses nécessaires, même lorsqu’il ne restait presque plus d’argent pour faire fonctionner la yéchiva.
Lorsqu’il voyait qu’un élève s’efforçait d’aider un malade de son mieux, il l’appréciait beaucoup, essayait d’oublier toutes ses fautes et le défendait de toutes les manières dans différentes situations de conflit. À l’inverse, si un élève restait indifférent à ses camarades malades, il s’adressait à lui avec sévérité et lui rappelait que celui qui étudie la Torah doit être plus sensible et ne pas trouver de repos lorsque des personnes souffrent autour de lui.