Nechama Cheli

La paracha de la semaine Térouma — L’offrande

Térouma — L’offrande : le peuple juif apporte ses offrandes au Michkan (le Temple transportable, le Tabernacle). Térouma vient de la même racine que hitromemout (élévation spirituelle), c’est-à-dire « donner pour s’élever au-dessus de la matérialité ». Une personne donne de ses biens matériels pour éprouver une élévation spirituelle. Que sign…

La paracha de la semaine Térouma — L’offrande
Térouma — L’offrande : le peuple juif apporte ses offrandes au Michkan (le Temple transportable, le Tabernacle).

Térouma vient de la même racine que hitromemout (élévation spirituelle), c’est-à-dire « donner pour s’élever au-dessus de la matérialité ». Une personne donne de ses biens matériels pour éprouver une élévation spirituelle. Que signifie donner ? On peut dire que les animaux donnent eux aussi : ils nourrissent leurs petits, leur offrent un abri et les protègent. Mais les animaux agissent par instinct, ils n’ont pas d’intention, ils exécutent le programme inscrit en eux, souvent avec abnégation. Pourtant, seul l’être humain peut donner quelque chose de lui-même.

Notre paracha indique notamment que les Juifs apportaient de l’or, de l’argent et du cuivre. Nos Sages expliquent chacun de ces mots en fonction de la manière dont une personne donne la tsédaka :

L’or — zahav — « zé hanoten bari » — « Celui qui donne est en bonne santé ». C’est quelqu’un qui vit dans la sérénité : tout va bien pour lui, tout le monde est en bonne santé, et il donne simplement parce que son cœur veut donner.
L’argent — kessef — « kéché-yech sakana — potéa'h » — « lorsqu’il est en danger, il ouvre (sa poche) ». Lorsqu’une personne sent le danger la menacer, elle donne la tsédaka pour détourner la sentence.
Le cuivre — né'hochet — « nihya 'holé chéomer : tnou » — ce n’est que lorsqu’il est déjà gravement malade et n’a plus lui-même de forces qu’il dit aux autres : donnez (la tsédaka pour moi).

On donne la tsédaka pour différentes raisons : c’est l’usage dans la société, c’est honorable… Et il existe plusieurs niveaux de tsédaka. Le plus bas est celui où la personne qui donne et celle qui reçoit se connaissent. Dans la rue, l’une regarde l’autre et se sent supérieure à elle, puisqu’elle lui a donné. Le degré le plus élevé : la personne qui donne ne sait pas à qui elle donne, et celle qui reçoit ne sait pas de qui elle reçoit. Cela est possible grâce aux organismes qui s’occupent de tsédaka.

J’aimerais partager une histoire à ce sujet :

On parla à un rav d’un homme riche qui avait autrefois été généreux, mais avait cessé de consacrer de l’argent à la tsédaka. Le rav dit qu’il lui en parlerait à l’occasion. Et cette occasion se présenta : un jour, avant Pessa'h, cet homme riche vint trouver le rav.

- J’ai une question. Je voudrais éclaircir certains aspects des lois de la recherche du 'hamets. En particulier, je voudrais savoir comment on vérifie les poches des vêtements.

- Mais vous, cher monsieur, vous n’avez pas à vérifier vos poches !

- Pourquoi ?

- On ne recherche le 'hamets que dans les endroits dont on se sert (littéralement : où l’on porte sa  main) au cours de l’année. Or, vous ne portez jamais la main à votre poche (pour donner la tsédaka). Cette loi ne vous concerne donc pas !

Le rav apporta ensuite une plaque de verre et la plaça entre eux.  Le rav demanda :

- Tu me vois ?

- Bien sûr ! Le verre est transparent !

Le rav apporta alors un miroir : du verre lui aussi, mais recouvert d’un amalgame (un alliage liquide de mercure et d’autres métaux ; en hébreu, le mercure se dit kaspit, un mot apparenté à kessef, qui signifie argent, métal ou monnaie).

- Et maintenant, tu me vois ?

- Non, je me vois moi-même. C’est un miroir !

- Voilà ce que fait l’argent, dit le rav. Il s’interpose entre toi et celui qui demande la tsédaka et t’empêche de le voir.

Puissions-nous mériter de toujours donner d’un cœur pur ! De donner lorsque tout va bien pour nous et que tout le monde est en bonne santé !

Traduction et adaptation de Mme Z. Skarjinskaïa