Nechama Cheli

La puissance de la prière

Lorsqu’on m’a demandé de préparer une série de cours sur la prière, cela m’a évidemment poussée à lire et à étudier davantage sur le sujet. C’est moi-même qui en ai le plus bénéficié, tant ma prière est devenue plus profonde et plus réfléchie, plus riche et plus pleine de sens. Si nous connaissions la puissance de la prière, nous saisirions …

Rabbanite Léa Gans

La puissance de la prière

Lorsqu’on m’a demandé de préparer une série de cours sur la prière, cela m’a évidemment poussée à lire et à étudier davantage sur le sujet. C’est moi-même qui en ai le plus bénéficié, tant ma prière est devenue plus profonde et plus réfléchie, plus riche et plus pleine de sens.

Si nous connaissions la puissance de la prière, nous saisirions toute occasion de nous adresser à notre Père céleste.

Le Maharal de Prague écrit que, même si quelque chose de bon est destiné à une personne, celle-ci ne recevra pas ce qui lui a été préparé si elle ne prie pas.

« Aucun arbuste des champs n’était encore sur la terre, et aucune herbe des champs ne poussait encore, car l’Éternel D.ieu n’avait pas envoyé de pluie sur la terre, et il n’y avait pas d’homme pour cultiver le sol » (Beréchit, 2:5). Bien qu’il soit écrit plus tôt dans la Torah (Beréchit, 1:12) : « Et la terre produisit de la végétation », en réalité, l’herbe n’avait pas poussé : elle était « sur le point de sortir », au niveau de la surface du sol. Pourquoi n’y avait-il pas de pluie ? Rachi écrit : « Parce qu’il n’y avait personne pour reconnaître les bienfaits des pluies. Quand Adam apparut, il comprit que les pluies étaient nécessaires et se mit à prier pour elles ; alors les pluies tombèrent, et les herbes et les arbres poussèrent. » Tout était préparé, mais tant que l’homme ne l’avait pas demandé, rien ne poussait.

Le rav Chimchon David Pinkous en parle lui aussi : « Le Tout-Puissant attend nos prières, et l’abondance qui doit descendre jusqu’à nous est retenue. »

Il est davantage demandé aux hommes d’étudier la Torah : c’est leur part dans la réparation de ce monde. Les prières du fond du cœur sont plutôt le lot des femmes. Nos mères, bien des générations avant nous, alors qu’elles ne savaient pas encore prier à partir du siddour, « parlaient » au Tout-Puissant en faisant la vaisselle, la lessive, en s’occupant des enfants ou pendant les voyages. Les femmes sont plus enclines à partager leurs problèmes ; nous sentons mieux que le Tout-Puissant est à nos côtés.

Le 'Hafets 'Haïm (rav Israël Meïr Hacohen) avait un gendre, le rav Tsvi Hirsch Lévinson, qui quitta ce monde prématurément. C’était un grand connaisseur de la Torah, un homme juste et pieux. Lorsqu’il mourut, sa veuve était inconsolable. « Pourquoi le Tout-Puissant a-t-Il pris précisément mon mari ? » s’exclamait-elle. Le 'Hafets 'Haïm vint consoler sa fille et lui dit : « Ton mari était un grand juste. Si cela peut te consoler un peu, sache qu’un tiers du monde devait périr ; le verdict était déjà prêt. Mais, à la place, il a été décidé de prendre uniquement ton mari. »

Le Ram'hal écrit dans son livre « Derekh Hachem » (2:3:8) que, lorsque des malheurs frappent un juste, cela apporte l’expiation à sa génération du fait que le tsadik accepte les souffrances avec amour.

Mais une personne ordinaire peut elle aussi prier pour les autres lorsqu’elle traverse des malheurs et que son cœur est ouvert. Elle n’a alors pas besoin de chercher ses mots pour prier, ni d’un état d’esprit particulier : elle parle du fond d’un cœur rempli à ras bord.

Dans le livre « Zohar ha-Rakia » (édition de Munkács), le rav Yaakov ben Haïm Tséma'h commente les paroles de nos sages : « Il n’est pas de goutte qui descende d’en haut sans que deux gouttes ne montent de la terre à sa rencontre. » Que sont les « gouttes d’en haut » ? C’est l’abondance que l’Éternel veut nous accorder. Que sont les « gouttes d’en bas » ? Ce sont les larmes que nous versons en demandant notre bien-être.

Pour que l’abondance nous soit accordée d’en haut, il faut verser des larmes en priant.

Nous avons l’impression que notre prière quotidienne, bâclée et précipitée, ne vaut rien. Pourtant, même lorsque nous prions avec les mots du siddour sans bien comprendre ce qui y est écrit, à la hâte et en chemin, notre prière « fonctionne ». Toutefois, il faut dire au moins une prière par jour en réfléchissant à chaque mot, avec sincérité.

Même si cette prière ne vient pas du siddour, mais est formulée avec nos propres mots, dans n’importe quelle langue, l’essentiel est qu’elle soit sincère, qu’elle vienne du cœur.

à suivre

préparé par : Mme Zissi Skarjinskaïa