Rav Réouven Koukline
Les enseignements de la paracha Vayéra - La récompense de l’éducation :
« Et l’Éternel dit : cacherai-Je à Abraham ce que Je fais ?… Car Je le connais, parce qu’il ordonnera à ses fils et à sa maisonnée après lui de garder la voie de l’Éternel, en pratiquant la bonté et la justice, afin que l’Éternel accomplisse pour Abraham ce qu’Il a dit à son sujet » (Béréchit, 18:17-19).
Qui peut se comparer à Abraham par le nombre de ses mérites ? Il découvrit lui-même la vérité et, l’ayant trouvée, y appela le monde entier, témoigna d’une bonté sans limites envers tous ceux qui l’entouraient et était heureux d’accomplir en tout la volonté du Créateur, quoi qu’Il lui commande. Malgré cela, parmi tous ses nombreux mérites, la Torah souligne tout particulièrement celui d’éduquer ses enfants et de leur apprendre à « garder la voie de l’Éternel ». Le Zohar (Béréchit, 188b) en déduit qu’il n’y a pas de meilleure récompense dans le Monde à venir que celle accordée à celui qui éduque ses enfants à suivre la voie du Créateur. Le Zohar dit qu’un tel homme n’éprouvera pas de honte lorsque ses accusateurs auront la parole au Tribunal céleste.
À l’inverse, celui qui ne fait pas d’efforts pour éduquer ses enfants dans la crainte de D-ieu sera sévèrement puni pour cela. Dans sa lettre à son épouse, le Gaon de Vilna écrit : « … à D-ieu ne plaise, le père et la mère seront sévèrement punis pour la corruption de leurs enfants. » Il poursuit en disant que « même si tu les éduques constamment (à suivre le bon chemin), mais qu’ils ne l’acceptent pas (cette éducation), quelle terrible honte, quelle amertume et quel déshonneur attendent cet homme dans le Monde à venir ». Autrement dit, bien que les parents qui ont consacré tous leurs efforts à bien éduquer leur fils ne soient assurément pas punis s’ils n’y sont pas parvenus, ils éprouveront néanmoins un sentiment de honte dans le Monde à venir. Le Rambam (Lois de la sota, 4:19) écrit : « Celui qui ne prête pas attention à ce que font sa femme, ses enfants et les membres de sa maisonnée, qui ne les avertit pas et ne surveille pas constamment leurs actes jusqu’à s’assurer qu’ils sont irréprochables et exempts de tout péché et de toute faute, est lui-même un pécheur. »
Pourquoi le Tribunal céleste accorde-t-il une telle importance à l’éducation des enfants ?
Nous pourrons répondre à cette question en nous reportant à la lettre du Gaon de Vilna mentionnée plus haut. Pour y expliquer la sévérité du châtiment infligé aux parents pour une mauvaise éducation, le Gaon cite un verset de la Torah qui parle d’une jeune fille débauchée (Vayikra, 21:9) : « Elle déshonore son père. » Il cite également les paroles du Talmud (Sanhédrin, 52a), selon lesquelles un pécheur, fils d’un juste, est appelé « pécheur, fils d’un pécheur ». Nous voyons ainsi que le fils est considéré comme une partie de ses parents et leur prolongement ; son état spirituel exerce donc une forte influence sur le jugement prononcé à leur égard.
Dans son livre « Or’hot Yocher » (chapitre « L’éducation des enfants »), Rav Haïm Kanievsky écrit que son père, le grand sage de la Torah, le gaon Steipler, conseillait aux parents d’étudier avec leurs enfants, dès l’âge de sept ans, un livre de moussar. Le Steipler affirme que même cinq minutes d’étude quotidienne suffisent pour les habituer à prendre conscience que le monde a un Maître dont nous sommes tenus d’accomplir la volonté, que la vie humaine n’est pas éternelle et qu’à la fin, l’homme comparaîtra devant le Tout-Puissant pour rendre compte de tous ses actes. Le Steipler disait qu’il fallait choisir, pour l’étude avec les enfants, un livre facile, par exemple « Or’hot Tsadikim », afin qu’ils puissent comprendre ce qui y est dit. Ils acquerront ainsi progressivement la crainte de D-ieu, et la révérence envers le Créateur les conduira à toutes les bonnes qualités. Une telle étude est assurément un moyen efficace d’apprendre aux enfants à « garder la voie de l’Éternel » et vaudra aux parents une grande récompense.