Nechama Cheli

La réconciliation - Ne pas se faire l’éducatrice de son propre mari

Qu’est-ce qui peut nous aider à nous réconcilier ? Avant tout, il faut apprendre à s’écouter et à se comprendre. Ne pas se laisser entraîner dans une montée de tension, mais se retenir et essayer d’écouter attentivement ce que l’autre cherche réellement à nous faire comprendre. Il arrive souvent qu’un élément provocateur nous fasse démarrer au quart de tou…

Rabbanite Léa Gans

La réconciliation - Ne pas se faire l’éducatrice de son propre mari
Qu’est-ce qui peut nous aider à nous réconcilier ?

Avant tout, il faut apprendre à s’écouter et à se comprendre. Ne pas se laisser entraîner dans une montée de tension, mais se retenir et essayer d’écouter attentivement ce que l’autre cherche réellement à nous faire comprendre. Il arrive souvent qu’un élément provocateur nous fasse démarrer au quart de tour. Il faut repérer cet instant et ne pas se laisser « enclencher ». Essayer d’écouter véritablement son mari : après tout, lui donner la possibilité de s’exprimer et d’être entendu (et compris) est aussi une marque de respect envers lui. Nous ne perdrons rien à écouter un avis diamétralement opposé au nôtre. Si nous découvrons ensuite que l’avis de notre mari n’est en réalité pas contraire au nôtre, mais que nous avions simplement mal compris, tant mieux. S’il est effectivement diamétralement opposé, nous pouvons chercher des compromis. Mais, dans tous les cas, ce qui compte le plus dans toute discussion, c’est un libre échange d’idées, sans préjugés ni attitude irrespectueuse.

L’histoire de Bat-Chéva et d’Ephraïm montre très bien ce que cela signifie.

« Ephraïm, lève-toi ! » Pas de réponse. « Ephraïm, lève-toi donc, l’heure de la prière approche ! Prier à l’heure, c’est très important ! » Aucune réaction. « Ephraïm, tu as déjà été en retard deux fois cette semaine ! » Silence total. « Je pensais que tu étais un talmid hakham, un élève génial dans ta yéchiva ! » Ces mots furent prononcés sur un ton de désespoir et de déception. Cela finit par faire sortir Ephraïm du lit. Il se leva d’un bond, blessé, avec une réponse toute prête : « Dans ma yéchiva, il y avait beaucoup de machgui’him (un responsable qui veille à la conduite morale des élèves), mais je ne pensais pas qu’en me mariant, j’en aurais un de plus — le plus sévère ! »

Souvent, les femmes deviennent, pour leurs maris, des « gardiennes de la conduite morale » :

le mari est-il allé à la prière, a-t-il étudié aujourd’hui et pendant combien de temps, combien d’attention accorde-t-il aux enfants — et quelle sorte d’attention. Nous avons l’impression d’exiger ce qui est juste, de chercher à obtenir de bonnes actions, mais le résultat est à l’opposé de ce que nous souhaitions.

Bat-Chéva réfléchit. En effet, ces derniers temps, son mari entendait précisément ce genre de paroles de sa part : des paroles blessantes, qui portaient atteinte à sa dignité. Elle décida de changer de comportement, et l’atmosphère à la maison devint aussitôt plus légère et plus agréable, plus accueillante. Ephraïm, sans même s’en rendre compte, quittait la maison à l’heure, joyeux et satisfait.

Il nous arrive de dépasser les bornes en voulant remettre nos proches sur le droit chemin, de poursuivre de bons objectifs par des moyens nuisibles : les humiliations, les reproches. Ces moyens sont non seulement inutiles, mais ils font aussi beaucoup de mal, et le résultat est absolument contraire à celui que nous désirions. On peut obtenir la même chose par des voies plus raisonnables et plus paisibles ; alors, nos paroles seront accueillies par le cœur.

à suivre

Préparé par Mme Zissi Skarjinskaïa