Nechama Cheli

La Sunamite, femme de Sunem, et le prophète Élisée

Selon la tradition, elle était la sœur de cette jeune fille de Sunem qui faisait partie de l’entourage du roi David à la fin de sa vie. (Toutes deux étaient belles). La femme de Sunem est aussi appelée la Femme illustre (« grande »). Et bien sûr, il s’agit de ses qualités spirituelles, et non physiques. Elle était mariée, mais sans enfant. …

Rabbanite Hava Kouperman

La Sunamite, femme de Sunem, et le prophète Élisée

Selon la tradition, elle était la sœur de cette jeune fille de Sunem qui faisait partie de l’entourage du roi David à la fin de sa vie. (Toutes deux étaient belles).

La femme de Sunem est aussi appelée la Femme illustre (« grande »). Et bien sûr, il s’agit de ses qualités spirituelles, et non physiques. Elle était mariée, mais sans enfant. Son mari et elle menaient une vie vertueuse, et le prophète Élisée, qui passait souvent par Sunem, s’arrêtait chez eux pour manger.

Un jour, la Sunamite (« une femme de Sunem ») demanda à son mari de réserver une pièce de la maison à Élisée, afin que l’homme de D.ieu puisse non seulement manger, mais aussi se reposer du voyage. Ils fermèrent l’espace ouvert du deuxième niveau et en firent une chambre. La femme y installa un lit, une chaise, une table et une lampe, c’est-à-dire tout le nécessaire, sans rien de superflu. La chaise a une signification particulière dans le Tanakh. Il est dit qu’elle installa une chaise, et non un tabouret ou un banc. Habituellement, on réserve une chaise (kissé) au roi : c’est une marque de grand respect.

Dès lors, chaque fois qu’il vient à Sunem, Élisée séjourne dans cette maison avec son serviteur Guéhazi (nous avons parlé de lui plus tôt : c’est l’un des sept hommes qui n’ont pas de part au Monde à venir).

La Sunamite est une femme sage ; elle remarque aussitôt que Guéhazi est un homme qui manque de décence. Nous en déduisons que les femmes savent mieux juger les invités que les hommes. À propos d’Élisée, elle dit (2 Rois, chapitre 4, verset 9) : « Je sais qu’il (Élisée) est saint. » Elle ne dit cela que d’Élisée, pas de son serviteur. La question est de savoir comment elle a reconnu la sainteté du prophète. On raconte que, lorsqu’il mangeait, aucune mouche ne survolait sa tête.

Un jour, Élisée s’allongea dans sa chambre et demanda à Guéhazi d’appeler la maîtresse de maison. Pourquoi ne le fit-il pas lui-même ? Parce que, selon la tradition, il ne regardait jamais le visage d’une femme.

Elle vint et se tint sur le seuil.

— Tu as tant fait pour nous ! lui dit-il. Aurais-tu besoin d’un appui pour parler au roi ou au ministre de la Défense ? (L’explication simple : Élisée avait des relations dans les hautes sphères ; selon une seconde explication, plus profonde, le roi est le Très-Haut, et le ministre de la Défense est le dirigeant du pays).

— Je vis au milieu de mon peuple, répondit la Sunamite. (Cela signifie qu’elle ne veut pas de miracles, qu’elle veut vivre comme tout le monde, car tout miracle dépasse les limites de la nature ; un miracle est quelque chose d’instable et, au bout d’un certain temps, il disparaîtra et tout reprendra son cours naturel).

Élisée pose alors la question à son serviteur :

— Que pouvons-nous faire pour elle ?

Guéhazi répond :

— Cette famille n’a pas d’enfant, et le mari de cette femme est très âgé.

— Dans un an, à cette même époque, tu tiendras un fils dans tes bras, dit Élisée à la Sunamite.

— Homme de D.ieu, ne déçois pas ta servante. Quand les anges sont venus dire la même chose à Sarah, ils l’ont prévenue qu’ils viendraient un an plus tard. Et toi, tu me parles d’emblée d’un enfant. Comment est-ce possible ?!

— Je suis un homme, pas un ange. Je ne sais pas si je serai encore en vie dans un an. Les anges sont éternels et ils pouvaient dire qu’ils viendraient un an plus tard. Moi, je te le dis d’emblée : que je sois encore en vie ou non, dans un an tu donneras naissance à un fils.

Comme l’écrit l’auteur du commentaire de la Torah « Or Ha’haïm » (rabbi Haïm ben Attar), un enfant a besoin à la fois d’un père et d’une mère. La mère donne la vie, le père sa durée. Si la mère est dominante, il y a des difficultés à mettre l’enfant au monde, et sa vie risque de ne pas être longue.

Mais nous en parlerons la prochaine fois...

Nous remercions la revue « Golos Yaakova » et, personnellement, Mme Alla Feldman pour le texte fourni.