Nechama Cheli

La Sunamite — Un miracle ne dure qu’un temps

Les lecteurs se souviennent que la Sunamite n’aime pas les miracles, car elle comprend qu’un miracle ne dure qu’un temps, qu’il n’est pas la norme. Ce qui a été obtenu par un miracle disparaîtra ensuite, car la nature retrouvera un état stable et le cours naturel des événements reprendra son chemin habituel. La Sunamite s’approche donc du lieu où elle c…

Rabbanite Hava Kouperman

La Sunamite — Un miracle ne dure qu’un temps
Les lecteurs se souviennent que la Sunamite n’aime pas les miracles, car elle comprend qu’un miracle ne dure qu’un temps, qu’il n’est pas la norme.

Ce qui a été obtenu par un miracle disparaîtra ensuite, car la nature retrouvera un état stable et le cours naturel des événements reprendra son chemin habituel.

La Sunamite s’approche donc du lieu où elle compte rencontrer le prophète Élisée. Élisée l’aperçoit de loin et ordonne à son serviteur Guéhazi d’aller demander : « Va-t-elle bien ? Son mari va-t-il bien ? Leur enfant va-t-il bien ? » (« Est-il arrivé quelque chose à l’un d’entre eux ? »)

À la question de Guéhazi, elle répond : « Tout va bien ! », car elle n’a aucune intention de lui dire quoi que ce soit. C’est Élisée qu’elle veut voir ; en s’approchant, elle tombe à ses pieds. Guéhazi la repousse pour l’éloigner du prophète. Certes, il remplit son service, mais, en réalité, il se conduit sans la retenue et la pudeur qui conviennent. La Sunamite est si belle… Et il a tellement envie de toucher cette beauté, sous n’importe quel prétexte.

Elle ne prête aucune attention au serviteur.

Élisée arrête le serviteur : « Ne touche pas cette femme, ordonne le prophète, laisse-la tranquille. Son âme est dans la peine. Et le Très-Haut me l’a caché. »

« Je ne t’avais pas demandé d’enfant, sanglote la Sunamite en s’adressant à Élisée. Je t’avais seulement demandé de ne pas me donner de faux espoirs ! »

Élisée remet alors son bâton à Guéhazi et l’envoie à Sunem. Il lui ordonne avec la plus grande fermeté de ne parler à personne en chemin, de ne saluer personne et de ne pas même répondre aux salutations. Une fois arrivé dans la maison, le serviteur doit poser le bâton sur le garçon pour qu’il revienne à la vie. Le serviteur s’en va. Mais la Sunamite insiste pour que le prophète aille à Sunem. Elle dit qu’elle ne le lâchera pas tant qu’il ne se rendra pas lui-même auprès de son enfant.

Cependant, ses supplications deviennent bientôt inutiles. Guéhazi revient. Il rapporte qu’il a tout fait comme on le lui avait ordonné, mais que le bâton posé sur le corps de l’enfant n’a eu aucun effet : l’enfant n’a pas émis un son ni même poussé un soupir.

(On connaît deux versions expliquant pourquoi le retour à la vie n’a pas eu lieu. Selon la première, en chemin vers Sunem, le serviteur a enfreint l’ordre de garder le silence ; au contraire, il se vantait auprès de chaque passant de tenir entre ses mains le bâton miraculeux d’Élisée et de courir ramener à la vie un enfant mort. En « dévoilant » ainsi ce qui se passait, il a empêché le miracle de se produire. Selon la seconde explication, Guéhazi a rencontré un chien mort sur son chemin. Il a décidé de vérifier comment fonctionnait le bâton. Il l’a ramené à la vie et a ainsi gaspillé son pouvoir de résurrection).

Il faut donc qu’Élisée se rende lui-même à Sunem. Et, bien entendu, il y va. Monté dans la chambre où repose le garçon, il ferme la porte derrière lui et commence à prier le Très-Haut, puis s’allonge sur l’enfant, le réchauffe, se relève, prie de nouveau, s’allonge encore, et ainsi de suite 7 fois. Lorsque l’enfant se réveille, Élisée appelle Guéhazi et lui ordonne de faire venir la mère. Elle entre, voit son fils vivant et tombe face contre terre…

Mais l’histoire de la Sunamite ne s’arrête pas là.

à suivre

Nous remercions la revue « La Voix de Jacob » et, personnellement, Mme Alla Feldman pour le texte fourni.