Rav Yissakhar Frand
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Mais comment pouvons-nous affirmer aujourd’hui que toutes les femmes ont été créées pudiques ?
Savez-vous ce qui se passe dans les rues (que D.ieu nous préserve d’en être témoins) ?! Où que nous allions, il suffit de sortir des limites d’un quartier très religieux pour ne plus rien voir qui ressemble à une « pudeur intérieure » ! Des milliards de femmes à travers le monde ne correspondent absolument pas à cette notion ; au contraire, partout, on s’affiche ! Qu’est donc devenue la « pudeur innée » ? Ou bien ces femmes ont-elles été créées dès l’origine à partir d’autre chose que d’une partie cachée d’Adam ?
Ceux qui ont des filles, même si elles étudient dans des établissements qui respectent les lois de la pudeur et pratiquent un enseignement non mixte, savent combien il est difficile, dans le monde actuel, de préserver les limites de la tsniout, la pudeur. L’esprit du temps, si l’on peut s’exprimer ainsi, est extrêmement hostile à la pudeur et à tout ce qui s’y rapporte.
Comment pouvons-nous être convaincus que la femme a été créée pudique par essence, alors que nous observons exactement le contraire dans le monde moderne ?
La réponse est que nous vivons dans un monde de mensonge. « L’obscurité est la plus profonde juste avant l’aube » : dans la société moderne, tout est profondément inversé et, d’année en année, la vérité se trouve enfouie toujours plus profondément sous une couche de fausseté. Ce qui était à l’origine naturel pour chaque femme et chaque fille, ce qui devrait être naturellement présent chez les femmes de toute société, est aujourd’hui considéré comme un grand combat spirituel.
Les valeurs d’Édom — le corps, la beauté extérieure, la débauche, l’exhibition de la chair dénudée — se sont si solidement installées au sommet de l’échelle des valeurs sociales que la pudeur, sous toutes ses formes, devient un sujet de controverses et de discussions, même dans les sociétés relativement traditionnelles. Pour parler le langage du marketing, « la tsniout est aujourd’hui extrêmement difficile à vendre ».
Ce qui se passe aujourd’hui n’est pas naturel. À l’époque victorienne, par exemple, aucune femme ne se serait habillée, même dans sa chambre à coucher, comme beaucoup le font dans la rue de nos jours. Et sans même chercher des exemples aussi loin dans l’histoire : il y a un peu plus de 50 ans, la mode actuelle aurait été un défi lancé à la société et paraître ainsi vêtue dans un lieu public aurait peut-être valu une amende administrative.
La société a changé son regard sur ce qui était à l’origine naturel pour chaque femme, et cela exige désormais un immense travail de progression spirituelle.
Le modèle féminin le plus populaire dans notre tradition est présenté dans le passage « Echet ‘Haïl », où le roi Chlomo fait l’éloge de la « femme vaillante ». Il y est dit, entre autres : « Oz véhadar levoucha », la force et la beauté sont ses vêtements. (Michlé 31:25). Le mot hadar signifie aussi « beau ». Le roi Chlomo dit qu’une femme vaillante possède nécessairement de beaux vêtements : cela se comprend et ne nécessite pas d’explications supplémentaires. Sa tenue possède toutefois un autre attribut : « oz », qui signifie la force. Comment le comprendre ?
La réponse est on ne peut plus actuelle à la lumière de ce dont nous parlons.
Le roi Chlomo évoque pour nous une époque où s’habiller conformément à son statut exigera d’une femme digne une force intérieure peu commune.
La « femme vaillante » devra aller de magasin en magasin jusqu’à trouver ce qui lui convient. Elle devra soutenir le regard des gens qui observent son style vestimentaire « inhabituel », surtout en été : au milieu des shorts et des débardeurs, une femme vêtue dignement semble presque venir d’une autre planète. Voilà ce qui exige de la force : c’est Oz, c’est Guevoura.