Léa Odélia
La tribu d’Israël associée au mois de Hechvan est celle de Ménaché. En quoi Ménaché se distingue-t-il des autres ?
Dès le début, la Torah raconte les rivalités entre frères, les querelles et la jalousie. Caïn et Abel, 'Ham contre Yéfet et Chem, Its’hak et Ichmaël, Yaakov et Essav, Yossef et ses frères… Et Ménaché ?
Bien qu’il soit l’aîné, il reçoit sa bénédiction en second. La conversation à ce sujet a lieu entre Yossef et Yaakov. Mais rien n’est dit de Ménaché. Il accepte son sort en silence. Et il en va de même par la suite. Par exemple, lorsque la tribu de Ménaché se trouve dans le camp sous la conduite d’Éphraïm. L’humilité propre à Ménaché témoigne de son lien profond avec Moché, qui, comme on le sait, possédait cette vertu.
Dans le nom de Moché, contrairement à celui de Ménaché, il manque le « noun » — le 50e niveau de compréhension, qu’il ne reçoit qu’en quittant ce monde sur le mont Névo (« noun bo »). En revanche, il attribue à Ménaché 2 parts de territoire (la moitié de la tribu sur la rive orientale du Jourdain, l’autre moitié en terre d’Israël)…
Hechvan semble dire : « Laisse le Créateur te guider. N’essaie pas de prendre la place d’un autre, même si tu penses la mériter. Ne trace pas toi-même le chemin, laisse le Créateur te le montrer. En silence et avec humilité. Sans jalousie ni grandiloquence. C’est précisément ainsi qu’agissait Ménaché… ».
Bessorot tovot !
(D’après un cours du rav Alon Anava)