S’éloigner du mensonge
1. Il est écrit dans la Torah (« Chemot », 23:7) : « Éloigne-toi du mensonge ». Ce passage traite des lois du beth din et du faux témoignage. Cependant, selon certains richonim (premiers commentateurs), il s’adresse à tous et ordonne de s’éloigner et de se préserver de toute forme de mensonge et de contrevérité. À propos de nombreuses choses, la Torah dit : « Garde-toi de cela » ou « Prends garde, ne transgresse pas… », mais elle emploie ici une formulation plus forte : « éloigne-toi ». C’est parce que le mensonge est une pratique déplaisante et indigne de l’être humain.
2. Celui qui dit une contrevérité transgresse un interdit de la Torah. Cet interdit est transgressé même si, au cours d’une conversation, une personne ne déforme que des détails insignifiants, transformant ainsi ses propos en un « mélange » de vrai et de faux, ou même si ce qu’elle dit ne fait que paraître mensonger.
Il est interdit de mentir dans tous les cas, quelle que soit la « victime » de la tromperie : un homme ou une femme, un adulte ou un enfant, un Juif ou un non-Juif.
3. Le commandement « éloigne-toi du mensonge » s’applique aussi à ceux qui écoutent. Une personne doit éviter d’écouter des propos qu’elle suppose mensongers, même si elle n’est pas entièrement certaine que ses suppositions sont fondées.
4. La Torah n’interdit que le mensonge qui causera un préjudice à autrui. Mais même lorsque nous sommes certains qu’il n’y aura aucun préjudice, il convient également de s’éloigner du mensonge et de la tromperie. Premièrement, pour ne pas prendre une mauvaise habitude, et deuxièmement, parce que le mensonge empoisonne l’âme et déforme les valeurs intérieures de la personne.
5. Cet interdit est transgressé même lorsque les paroles peuvent être comprises de deux façons, ou lorsqu’une partie des informations est dissimulée et que la personne se fait une idée déformée de la situation.
Il en va de même pour les gestes et les expressions du visage. Même un léger changement dans la manière de mettre l’accent sur certains éléments, ou le silence, est parfois considéré comme un mensonge flagrant, car l’essentiel est ce que l’interlocuteur a compris, et non le degré de véracité des faits exposés.