Nechama Cheli

Le couronnement de Chaoul - Un roi sans terre n'est pas un roi

Les assistants exultent donc et s'écrient : « Vive le roi ! » Chmouel proclame les lois de la monarchie constitutionnelle. Après cela, chacun peut rentrer chez soi. Lorsque Chaoul rentra chez lui à Guiv'a (sur la colline), les hommes dont le Tout-Puissant avait, comme il est dit, touché le cœur partirent l'accompagner (ceux qui craignaient D-ieu…

Rabbanite Hava Kouperman

Le couronnement de Chaoul - Un roi sans terre n'est pas un roi
Les assistants exultent donc et s'écrient : « Vive le roi ! » Chmouel proclame les lois de la monarchie constitutionnelle. Après cela, chacun peut rentrer chez soi.

Lorsque Chaoul rentra chez lui à Guiv'a (sur la colline), les hommes dont le Tout-Puissant avait, comme il est dit, touché le cœur partirent l'accompagner (ceux qui craignaient D-ieu). Puisque D-ieu avait choisi Chaoul comme roi, ils estimaient de leur devoir de le servir.

Il est intéressant de constater que, géographiquement, Chmouel et Chaoul habitaient tous deux des lieux particuliers. Prenons David : il habite dans telle ou telle ville, et il n'est jamais précisé s'il s'agit d'une vallée, d'une plaine ou d'une montagne. Pour Chaoul et Chmouel, il en va autrement. La maison de Chmouel se trouve à Rama (un plateau), c'est-à-dire sur un lieu élevé et de grande superficie. La maison de Chaoul se trouve sur la colline de Guiv'a. Ce lieu est lui aussi élevé, il se distingue des alentours, mais sa superficie est réduite. Chmouel se trouve au plus haut niveau spirituel ; le prophète s'efforce d'élever le peuple jusqu'à lui (rappelez-vous : il se déplace d'un endroit à l'autre, rencontre les Juifs, les juge et les instruit). Chaoul, lui, dépasse tout le monde, tant physiquement que spirituellement, mais il lui est difficile, pratiquement impossible, d'élever ses sujets jusqu'à lui.

Il arrivera qu'il tente d'élever trop brusquement le peuple à son niveau. Cela ne donnera rien. Le peuple ne peut pas avancer ainsi. Il a besoin de progresser par étapes.

En outre, il existe au sein du peuple juif des hommes « sans joug » (tout simplement des vauriens) : ils ignorent la crainte de D-ieu, sont ingrats, et ce sont précisément eux qui sont loin d'être enchantés que le choix se soit porté sur Chaoul : « Qu'est-ce que c'est que cela ?! Nous voulions quelqu'un d'autonome, d'indépendant, et nous avons obtenu l'ombre du prophète Chmouel ! Il regarde les ourim et les toumim, et fait ce que lui dit le Grand Prêtre ! »

Ils étaient si déçus et indignés qu'ils refusèrent de témoigner du respect au roi et ne voulurent lui offrir aucun cadeau. Étrangement, le roi qui a reçu l'onction ne réagit absolument pas. Il se tait. Pourquoi ?

Les avis divergent sur ce point.

Certes, nous savons que son silence est caractéristique des descendants de Ra'hel, mais Chaoul peut-il, lui est-il permis de se taire à présent ?

Selon l'une des opinions, Chaoul agit mal : le roi a droit à un respect au moins égal à celui que l'on doit à ses parents (conformément au commandement inscrit dans la Torah). La différence est que les parents disposent d'une marge de manœuvre : ils ont le droit d'exiger le respect qui leur est dû — l'enfant doit se lever à leur arrivée ; mais ils ont aussi le droit d'épargner une sanction à l'enfant s'il n'a pas accompli le commandement. Si l'enfant ne s'est pas levé, ses parents peuvent l'autoriser à rester assis, afin de le dégager de toute faute. Le roi, lui, n'a pas droit à cette marge de manœuvre. Si Chaoul a accepté que le Tout-Puissant l'ait choisi comme roi et que quelqu'un lui manque de respect, il est tenu de le punir, parce qu'il est un roi choisi par D-ieu.

Selon une autre opinion, pour devenir roi, un homme doit se sentir roi. Et, pour cela, il doit être reconnu par le peuple tout entier.

Mais, au moment où se déroulent les événements décrits, le peuple ne reconnaît pas encore tout entier Chaoul, et celui-ci n'a pas encore conscience d'être roi. Lors du couronnement, une partie des gens déclare : nous ne te couronnons pas. Et, pour l'instant, il ne peut rien y faire.

Le couronnement de Chaoul comporte quatre étapes.

La première étape se déroule en secret, entre Chaoul et Chmouel.

La deuxième a lieu devant le peuple, alors que tous ne l'acceptent pas.

La troisième étape (chap. 11) aura lieu lorsque Chaoul accomplira un acte à la suite duquel le peuple tout entier lui donnera son accord et l'acceptera.

Et la dernière, la quatrième étape, sera celle où Chaoul deviendra roi de la terre d'Israël.

Sans terre, un roi n'est pas un roi : il n'est que le chef d'une tribu, d'un clan, et ainsi de suite...

Mais nous en parlerons plus tard.

à suivre
Nous remercions la revue « Golos Yaakova » et, personnellement, Mme Alla Feldman pour le texte fourni.