Nechama Cheli

Le discours d’adieu de Chmouel

Nous revenons une nouvelle fois à Chmouel. Il commence par rappeler aux Juifs leur histoire et sous quelle protection ils se trouvaient. « L’Éternel, ...a établi (sur vous) Moché et Aharon et ...a fait sortir vos pères du pays d’Égypte ! ...et je plaiderai devant l’Éternel contre vous au sujet de tous les bienfaits qu’Il vous a accordés, à vous et à vos pè…

Rabbanite Hava Kouperman

Le discours d’adieu de Chmouel

Nous revenons une nouvelle fois à Chmouel.

Il commence par rappeler aux Juifs leur histoire et sous quelle protection ils se trouvaient.

« L’Éternel, ...a établi (sur vous) Moché et Aharon et ...a fait sortir vos pères du pays d’Égypte ! ...et je plaiderai devant l’Éternel contre vous au sujet de tous les bienfaits qu’Il vous a accordés, à vous et à vos pères » (12:6-7). Quand vous étiez dans la détresse, dit Chmouel, le Très-Haut vous envoyait des juges qui vous sauvaient toujours ; mais lorsque des difficultés sont survenues aujourd’hui, vous n’avez pas voulu de juge, vous avez voulu un roi.

Mais en quoi étiez-vous malheureux lorsque les juges vous sauvaient ? Chmouel le rappelle : d’abord Moché et Aharon, puis Yeroubbaal, Bedan et Yifta’h, et Chmouel : « Par leur intermédiaire, l’Éternel vous a délivrés de la main des ennemis qui vous entouraient, et vous viviez en sécurité » (12:11).

Il est intéressant de noter que Chmouel parle de lui-même à la troisième personne. Pourquoi ? Parce que, lorsqu’un prophète prophétise, il n’a pas pleinement conscience de lui-même : il est comme un instrument qui transmet une information, le relais du Très-Haut. (C’était le cas de tous les prophètes, sauf Moché et Yéchayahou, qui avaient conscience d’eux-mêmes. Chmouel n’a donc tout de même pas tout à fait atteint le niveau de Moché.)

La tradition orale et Rachi rapportent que Yifta’h était le moins respecté des juges ; Chmouel, lui, est considéré comme le plus respecté. Après avoir mentionné deux fois Moché et Aharon, Chmouel cite, au verset 11, les noms des juges qui ont accompagné le peuple au cours de son histoire ultérieure. En se fondant sur des signes particuliers et des virgules, la tradition orale place Moché, Aharon et Chmouel dans un groupe de juges, et Yeroubbaal, Bedan et Yifta’h dans un autre. Les juges des deux groupes sont « parallèles ». Autrement dit, Yeroubbaal est « parallèle » à Moché, Bedan à Aharon, et Yifta’h à Chmouel. De là vient l’expression selon laquelle Yifta’h dans sa génération est comme Chmouel dans la sienne. On en conclut qu’il faut traiter chaque dirigeant comme s’il se trouvait au plus haut niveau.

Chmouel reproche aux Juifs d’avoir préféré un roi au jugement de D.ieu. Et de l’avoir fait au mauvais moment ! Pourtant, le fait est accompli, le choix a été fait : « Et maintenant, voici le roi que vous avez choisi, que vous avez demandé ; voici que l’Éternel a établi sur vous un roi. Si vous craignez l’Éternel, Le servez, obéissez à Sa voix et ne vous opposez pas aux ordres de l’Éternel, alors vous et le roi qui règne sur vous suivrez l’Éternel, votre D.ieu. Mais si vous n’écoutez pas, …alors la main de l’Éternel sera contre vous et contre vos pères » (12:13-15). Ainsi, dit Chmouel, s’éloigner du Très-Haut entraînera un châtiment non seulement pour ceux qui vivent aujourd’hui, mais aussi pour leurs ancêtres. Nous en apprenons que nos ancêtres souffrent dans le Monde des âmes lorsque nous commettons des actes iniques.

Les événements décrits ont lieu pendant la moisson du blé (à Chavouot), à une époque où il ne pleut déjà plus en Israël.

La pluie menacerait alors de détruire les récoltes. Pour que le peuple comprenne l’erreur qu’il a commise en réclamant un roi au mauvais moment, Chmouel dit : je vais maintenant demander à D.ieu un orage, et il y aura un orage. Cela se produit réellement : une terrible pluie torrentielle se met à tomber, avec tonnerre et éclairs. Le peuple est terrifié, les gens supplient : prie pour nous afin que nous ne périssions pas ; nous comprenons que nous avons mal agi en demandant un roi. Chmouel invoqua le Très-Haut, et la pluie cessa.

Nous en tirons une conclusion : si l’on vous demande pardon pour une offense ou une mauvaise action, vous devez pardonner, et même prier pour la personne qui vous a fait du tort.

Mais pourquoi la pluie est-elle utilisée comme symbole de quelque chose d’effroyable ? En Israël, la pluie est un bienfait, la pluie est la vie ; en ce moment, nous la demandons. Cependant, si elle arrive au mauvais moment, elle apporte la mort.

Il en allait de même pour le premier roi, réclamé au mauvais moment. Et pourtant, le roi David est né à Chavouot !

Et Chmouel dit pour finir : « ...Ne craignez pas, bien que vous ayez commis tout ce mal ; mais ne vous détournez pas de l’Éternel et servez l’Éternel de tout votre cœur… L’Éternel n’abandonnera pas Son peuple, à cause de Son grand Nom, car l’Éternel a voulu faire de vous Son peuple. Quant à moi, loin de moi de pécher envers l’Éternel en cessant de prier pour vous ; craignez l’Éternel et servez-Le sincèrement, de tout votre cœur, car voyez combien Il a fait pour vous. Mais si vous faites le mal, vous et votre roi périrez » (Chmouel I, 12 : 20-25).

à suivre
Nous remercions le magazine « La Voix de Yaakov » et, personnellement, Mme Alla Feldman pour le contenu mis à notre disposition.