Bassia Tsiboukmakher
Le Facebouleversement est une forme de trouble nerveux comportant des éléments maniaques et (dans les cas graves) une déformation partielle ou totale de la personnalité.
Il se divise en degrés léger, modéré, grave et extrêmement grave.
Degré léger de Facebouleversement
Fréquence de consultation du fil : tout est fait, tiens, je vais jeter un coup d’œil au fil pour voir ce qu’il y a de sympa.
Changements de la personnalité illustrés par l’attitude envers FB : « Une saleté, bien sûr, mais… ». « Juste un tout petit coup d’œil, A. a peut-être écrit quelque chose d’important/d’intéressant »
Attitude face aux bannissements : être banni provoque une sensation désagréable, comme une dent qui fait mal.
Degré modéré de Facebouleversement
Fréquence de consultation du fil : visites sur FB au rythme de Cha’harit-Min’ha-Maariv, avec une ponctualité et une régularité bien supérieures à celles de la véritable prière.
Changements de la personnalité illustrés par l’attitude envers FB : « Facebook est un endroit où il y a beaucoup de gens intéressants ! ». « Là-bas, j’ai de vrais échanges ». « Je tire profit du temps que je passe sur FB ». « Où aurais-je appris cela sans FB ? »
Rapport aux bannissements : le bannissement est vécu comme un échec personnel, la preuve de sa propre infériorité.
Forme grave de facebookite
Fréquence de consultation du fil d’actualité : FB reste ouvert sans interruption ; le téléphone cancane à chaque seconde pour signaler des messages.
Modifications de la personnalité, illustrées par le rapport à FB : dans les cas graves, la facebookite supplante même la googlisation du cerveau. Le symptôme est la réaction à une nouvelle information/à un manque d’information : à la place de « il faut chercher sur Google », on se dit « je vais tout de suite regarder/demander sur le fil d’actualité/dans un groupe FB »
Rapport aux bannissements : l’impossibilité de partager quelque chose sur FB provoque des symptômes de manque ; la vie s’arrête ; le regard fiévreux reste rivé à la ligne de messages du service d’assistance, en comptant les heures jusqu’à la fin du bannissement.
Cette description ne prétend être ni exhaustive ni académique. Les recherches sur la facebookite se poursuivent, et les informations sur ses symptômes s’enrichissent à chaque mise à jour de FB. Toute personne qui le souhaite peut participer à l’étude de ce phénomène en menant des observations régulières sur... elle-même.
À ce jour, la science ne connaît qu’un seul signe incontestable de l’absence de facebookite chez une personne : l’absence de compte FB.
P.-S. : La description de la forme extrêmement grave de facebookite est omise en raison de son effet traumatisant.
P.-P.-S. : il restait 42 heures avant la fin du bannissement sur Facebook...