Rabbanite Hava Kouperman
Dans le 2e Livre des Rois, au chapitre 8, il est écrit : « Élisée avait dit à la femme dont il avait fait revivre le fils : lève-toi, pars, toi et ta maison, et séjourne là où tu pourras, car l’Éternel a décrété une famine et elle s’est abattue sur ce pays pour sept ans. Cette femme se leva et fit selon la parole de l’homme de D-ieu... …et vécut au pays des Philistins pendant sept ans. »
Au bout de sept ans, elle revint et dut se rendre auprès du roi pour réclamer sa maison et son champ, dont quelqu’un s’était emparé entre-temps. Au moment où elle entra chez le roi, celui-ci parlait justement avec Guéhazi et l’interrogeait sur tous les grands miracles accomplis par le prophète Élisée…
« Et lorsque Guéhazi eut fait son récit, la femme en appela au roi au sujet de sa maison et de son champ. Guéhazi s’écria : “La voici justement, celle dont le prophète Élisée a fait revivre le fils !” Le roi l’interrogea, et elle lui raconta son histoire. Le roi ordonna alors à ses proches de lui rendre sa maison et son champ. »
Selon la tradition, l’enfant qui avait été ramené à la vie devint un prophète nommé Habacuc, l’un des 12 petits prophètes.
Ce nom est très intéressant. À la fin figurent deux lettres identiques, des « qof », et, selon une règle grammaticale, on peut en effacer une. Il reste alors les trois lettres de la racine, ce qui est tout à fait conforme aux règles grammaticales. On obtient une racine composée des lettres het, beth et qof, qui signifie « étreindre ». Le nom lui-même contient donc déjà une allusion au procédé employé par le prophète Élisée pour ramener l’enfant à la vie. De plus, lorsqu’Élisée promet un enfant à la Sunamite, il dit : « Dans un an, tu étreindras un fils. »
La guématria du nom Habacuc est 72 × 3. Cela symbolise le degré le plus élevé de la miséricorde du Très-Haut.
La miséricorde absolue, que nous n’atteignons pas, est le hessed. La guématria de ce mot est de 72 (het 8, samekh 60 et daleth 4) ; dans le nom de l’enfant, le hessed est multiplié par trois : c’est la miséricorde absolue du Créateur envers sa mère, son père et Élisée.
Il est dit de la Sunamite que sa grandeur dépassait celle de toutes les femmes du monde.
Sa grandeur se manifestait notamment dans son amour de l’hospitalité. (Les femmes ne sont généralement pas très disposées à recevoir des invités à l’improviste. Par respect pour ceux qui viendront chez elles, elles souhaitent habituellement tout préparer avec soin. La Sunamite était prête à recevoir des invités à tout moment ; veiller à leur confort et à leur repos était pour elle la plus grande des joies). C’est précisément ce désir de prendre soin des invités qui l’a poussée à demander à son mari d’aménager une pièce spécialement pour Élisée.
On raconte que le roi Ézéchias « priait au sujet de la Sunamite ». Il faudrait sans doute dire qu’il priait en se référant à la Sunamite. Il s’agit de cette période de sa vie où le prophète Isaïe lui annonça une terrible nouvelle : « Prépare ton testament ! Tes jours sont comptés. Tu vas bientôt mourir, tu ne vivras pas ! »
Ézéchias se mit alors à implorer le Très-Haut : « Tu as eu pitié du fils d’une femme qui avait construit une petite chambre pour le prophète Élisée. N’as-Tu donc pas de miséricorde pour avoir pitié de moi, petit-fils du roi Salomon, qui T’a bâti un Temple magnifique ?! »
D-ieu entendit cette prière et ordonna au prophète Isaïe d’annoncer au roi qu’il vivrait encore 15 ans. Après cela, le roi déclara qu’il était prêt à se marier (auparavant, il refusait de se marier, prévoyant que des méchants seraient issus de sa descendance, et ce refus avait été la cause du sévère verdict prononcé par le Ciel), et le prophète lui donna sa fille pour épouse.
à suivre