Nechama Cheli

Le hessed par la parole – Chacun peut faire du hessed

« Et si nous examinons les huit premiers chapitres ainsi que le paragraphe 32 de ce chapitre, nous verrons que la vertu de hessed s’étend à tous les domaines de la bienfaisance qui existent, et que chacun pourra faire du hessed dans son domaine, souvent même par des gestes simples, presque comme dans le cas où “l’un en profite et l’autre n’y perd rien”. Mais les gens néglig…

Rabbanite Léa Gans

Le hessed par la parole – Chacun peut faire du hessed

« Et si nous examinons les huit premiers chapitres ainsi que le paragraphe 32 de ce chapitre, nous verrons que la vertu de hessed s’étend à tous les domaines de la bienfaisance qui existent, et que chacun pourra faire du hessed dans son domaine, souvent même par des gestes simples, presque comme dans le cas où “l’un en profite et l’autre n’y perd rien”. Mais les gens négligent cela. »

« Et je dirais que le midrach rapporté dans le livre “Lev David” (chapitre 22) s’applique à notre cas. Le prophète Élie marchait avec Rabbi Yéhochoua ben Lévi. Élie lui montra une rue où beaucoup de gens s’étaient rassemblés et se pressaient devant une boutique pour y acheter quelque chose. Par-dessus la foule, ils virent ce qu’on y vendait… de la viande de chien avariée ! Et chaque kilogramme coûtait un dinar (d’or) ! Tous se bousculaient pour passer avant les autres dans la file. Dans une autre rue, qu’Élie lui montra, se trouvait une boutique où l’on vendait du veau frais et gras, et même à bas prix — mais personne ! Pas un seul acheteur. Rabbi Yéhochoua ben Lévi s’en étonna beaucoup, et Élie lui demanda : “Pourquoi t’étonnes-tu ? La cohue dans la boutique où l’on vend de la viande de chien avariée ressemble beaucoup aux immenses foules de gens qui courent de toutes leurs forces après les péchés, y consacrant beaucoup d’énergie et de moyens. Or le péché, c’est de la pourriture !

Tandis que la Torah et les mitsvot sont comme de la viande saine et fraîche, vendue à bas prix, mais qui ne trouve pas d’acheteurs”.

Et c’est à ce propos que je dis : il arrive qu’un homme dépense facilement et avec plaisir de l’argent pour des choses vaines et des folies que lui souffle le mauvais penchant, par exemple pour des honneurs imaginaires ou un sentiment de supériorité.

Il va parfois jusqu’à dépenser des centaines et des milliers de roubles. Et il lui arrive d’y parvenir au prix de grands efforts, de souffrances qui ne lui sont d’aucune utilité, ni dans le monde futur ni dans celui-ci. En réalité, cela ne vaut pas mieux que de la viande de chien pourrie. Mais pour ce qui est du hessed, lorsque le bon penchant cherche à le convaincre, crie, supplie : « Viens à moi et achète ma marchandise, cachère, que le Créateur Lui-même acquiert (comme il est écrit chez le prophète Michée (7:18) : “Car Il désire le hessed”). C’est ce qui assure la stabilité de l’homme et sa réussite dans ce monde et dans le monde futur. Tu l’achèteras à peu de frais, sans grands efforts. » Et cette merveilleuse marchandise ne trouve aucun acheteur, à cause de nos grands péchés. »

Il m’arrive de voir des enfants debout dans la rue, devant chez nous, qui attendent. On leur a appris qu’ils ne doivent pas traverser la rue seuls. Ils restent là, encore et encore, à attendre que quelqu’un les aide à traverser. Cela ne prend pourtant que quelques secondes, mais les gens estiment qu’ils n’ont ni le temps ni l’énergie pour ce hessed. Tout le monde passe en hâte, et personne ne leur demande s’ils ont besoin de traverser la rue… Ils restent parfois là pendant 10 minutes.

Mon fils aîné a été traumatisé à vie lorsqu’une voiture a écrasé sous ses yeux un camarade de classe sur un passage piéton, alors que celui-ci traversait la rue pour rentrer chez lui.

Mon fils en a beaucoup souffert, et j’ai consulté le psychologue du héder pour savoir comment l’aider à surmonter cela, à exprimer ce qu’il ressentait. Nous avons réussi à parler ensemble, et je lui ai expliqué ce qu’il pouvait faire pour l’élévation de l’âme de ce garçon. Ils avaient alors chacun 8-9 ans…

« La raison en est que le yétser hara ne laisse pas l’homme réfléchir à la grandeur de la vertu de hessed et à ses immenses bienfaits.

On peut donc conseiller à l’homme de méditer sur ce que nos Sages ont écrit au sujet des bienfaits de cette merveilleuse et sainte vertu : le hessed. Il sera ainsi conforté dans l’idée que la volonté du Tout-Puissant est que nous nous habituions à traiter nos proches avec bonté et miséricorde, comme il est écrit (Devarim, 11:22) : “Marcher dans toutes Ses voies et s’attacher à Lui”. Le Sifri explique qu’il s’agit des voies de D.ieu, comme il est écrit (Chemot, 34:6) : “L’Éternel est l’Éternel, le Puissant, miséricordieux et bienveillant, lent à la colère et grand en bonté et en vérité” — et il développera ainsi en lui l’amour de la vertu de hessed. Par ce mérite, le Tout-Puissant le traitera Lui aussi selon la vertu de hessed, dans ce monde et dans le monde futur. »

Le hessed peut se pratiquer par la force de la parole, en soutenant les autres, en leur donnant des conseils et en priant pour eux.

Avant tout, en tant qu’épouses et mamans, nous pouvons mettre cela en pratique dans notre foyer. La force créatrice que le Tout-Puissant a donnée au bien nous aidera à bâtir notre foyer par des mitsvot et de bonnes actions accomplies par la parole.

Préparé par Mme Zissi Skarjinskaïa