Nechama Cheli

Le 'hessed par la parole — Le 'hessed dans les situations simples

Grâce au 'hessed, on peut acquérir des mondes, ou, comme il est écrit (Téhilim 89:3) : « Un monde de 'hessed sera bâti ». Il arrive que le 'hessed « se présente » à nous dans des situations tout à fait simples. Une femme âgée monte dans un autobus et cherche une place où s’asseoir. Elle ne veut pas s’asseoir avec des hommes. Or il n’y a que 2 places libres — et toutes deux…

Rabbanite Léa Gans

Le 'hessed par la parole — Le 'hessed dans les situations simples

Grâce au 'hessed, on peut acquérir des mondes, ou, comme il est écrit (Téhilim 89:3) : « Un monde de 'hessed sera bâti».

Il arrive que le 'hessed « se présente » à nous dans des situations tout à fait simples.

Une femme âgée monte dans un autobus et cherche une place où s’asseoir. Elle ne veut pas s’asseoir avec des hommes. Or il n’y a que 2 places libres — et toutes deux sont à côté d’hommes. Quelqu’un peut l’aider en demandant simplement à ces hommes de s’asseoir ensemble : une place se libérera alors pour cette dame âgée. Il y a aussi ici l’aspect de « prêter attention ». Autrement dit, le simple fait d’avoir remarqué la gêne de cette femme est déjà une très bonne chose. Et l’aider à trouver une place, c’est du 'hessed.

Poursuivons la lecture de « Ahavat 'Hessed » (8:4) : « S’il voit que son prochain est triste à cause de sa pauvreté ou d’un quelconque chagrin, à D.ieu ne plaise, mais qu’il ne peut pas lui-même l’aider (physiquement, par des actes ; s’il en a la possibilité, parler ne suffit pas à remplir son devoir envers son prochain), dans tous les cas, lui parler à cœur ouvert et le distraire de ses tourments est une mitsva. Et cela aussi sera du 'hessed. Comme l’a écrit Rabbénou Yona dans “Igueret Hatechouva” (16), même s’il est pauvre et n’est pas en mesure de pratiquer la charité, il peut tout de même manifester cette bonne qualité (le 'hessed), sans (utiliser d’)argent ni au prix (de quelque chose d’autre).

Voici donc l’acte de bienfaisance : parler au cœur de ce pauvre ; que ses paroles apaisent l’esprit de ce malheureux et le réconfortent dans ses occupations et dans le labeur épuisant de ses mains, et qu’il lui (témoigne) du respect.

Nos maîtres nous ont dit (Bava Batra 9b) : “Celui qui donne une pièce à un pauvre est béni de six bénédictions, tandis que celui qui l’apaise par ses paroles est béni de onze bénédictions, comme il est dit dans Yéchayahou (58:10) : “Et si tu ouvres ton âme à celui qui souffre et rassasies l’âme éprouvée, alors ta lumière brillera dans les ténèbres et ton obscurité sera comme le plein midi””. Et voici le sens d’apaiser par des paroles : témoigner de la bienveillance de tout son cœur et avec une âme aimante. Car il est écrit dans le livre “Beèr Hétev” que la récompense et la bénédiction qui en découlent dépassent largement le mérite de celui qui donne la tsédaka ».

On peut se retrancher derrière cette excuse : « Je n’ai pas d’argent moi-même, j’ai moi-même du mal à boucler mes fins de mois. Je ne peux pas pratiquer la tsédaka ni la guemilout 'hassadim».

C’est faux, car même si l’on n’est pas en mesure d’aider financièrement, et même si l’on est faible et incapable d’aider physiquement, on peut toujours parler.

Je me souviens d’une de nos voisines, qui était aussi une parente. Elle avait marié tous ses enfants, était devenue veuve et avait contracté une maladie grave. C’était une femme très forte, et j’avais… un peu peur d’aller lui rendre visite.

Un jour, ma fille m’a persuadée d’aller chez cette voisine. Nous y sommes allées et n’y sommes restées que très peu de temps. J’ai constaté qu’elle n’était pas contrariée par notre visite. Ensuite, j’ai commencé à lui rendre visite sans ma fille, chaque veille de Chabbat, entre Min’ha et Maariv, pendant ce court intervalle. Je voyais que cela lui faisait plaisir, mais je ne pensais pas que c’était important pour elle.

La dernière fois que je lui ai rendu visite avant son décès (elle a ensuite été hospitalisée et je n’ai plus pu venir), elle se sentait très mal.

Sa fille m’a dit, après son décès, que ma visite ce jour-là et mes paroles (très simples : « Chabbat hi milizok ou-refoua kerova lavo » — « Le Chabbat est un temps de répit dans les lamentations, la guérison est proche ») lui avaient fait du bien. Après mon départ, cette femme avait dit à sa fille : « C’est comme si elle avait emporté avec elle une partie de ma maladie » (chaque personne qui rend visite à un malade prend en quelque sorte 1/60 de sa maladie). Je n’avais vraiment rien dit de particulier. Je lui avais simplement témoigné un peu de compassion dans sa peine et demandé comment elle se sentait, et elle avait eu le sentiment que je l’avais un peu soulagée du poids de sa maladie. Nous ne savons jamais ce qui peut aider ni quelle est la véritable portée de nos actes.

Notre intérêt sincère, nos paroles bienveillantes et notre sollicitude peuvent faire des miracles !

à suivre

Préparé par Mme Zissi Skarjinskaïa