Nechama Cheli

Le lien entre la compassion et l'amour

Amour et compassion Nous pouvons trouver le lien entre la compassion et l'union dans la traduction de la Torah en araméen qui fait le plus autorité, celle d'Onkelos, ainsi que dans les paroles du Maharal. Onkelos traduit systématiquement le mot « amour » par le mot araméen re'him, dont le sens est proche de « compassion ». Il emploie un mot similaire pour traduire également …

Rav Simha Cohen

Le lien entre la compassion et l'amour

Amour et compassion

Nous pouvons trouver le lien entre la compassion et l'union dans la traduction de la Torah en araméen qui fait le plus autorité, celle d'Onkelos, ainsi que dans les paroles du Maharal. Onkelos traduit systématiquement le mot « amour » par le mot araméen re'him, dont le sens est proche de « compassion ». Il emploie un mot similaire pour traduire également l'expression « trouver grâce à tes yeux ».

Le Maharal mentionne à plusieurs reprises que les ra'hamim (compassion, miséricorde) sont un état d'union. Examinons ses paroles ('Hidouché Aggadot, Chabbat 139) : « Et dans toutes les qualités, il n'y a pas de lien ; il n'y en a que dans la compassion. Lorsqu'une personne éprouve de la compassion pour une autre, elle s'unit à elle, et elle éprouve de la compassion pour quelqu'un avec qui elle a un lien. Comme un père éprouve de la compassion pour ses enfants : il est lié et uni à son fils, et c'est pourquoi il éprouve de la compassion pour lui. C'est pourquoi on dit qu'il l'aime, puisqu'il est lié à lui. »

« La qualité de compassion et de miséricorde se manifeste lorsqu'une personne se lie et s'unit à celle pour qui elle éprouve de la compassion. »

Le mot « compatir » signifie, dans ce contexte, « s'impliquer affectivement », faire preuve d'attention et d'empathie. C'est pourquoi, lorsque le mari manifeste sa compréhension des difficultés de son épouse et lui dit qu'elles sont réellement sérieuses, elle sent qu'il se soucie d'elle, ce qui lui confirme qu'il lui est attaché. Cela est également particulièrement perceptible lorsque le mari dit à sa femme : « Je me suis inquiété pour toi. » Elle sera probablement plus heureuse de cette expression d'amour que d'autres paroles tendres, telles que « tu m'as manqué ». Car elle témoigne de l'attention qu'il lui porte. En revanche, lorsque l'épouse dit à son mari « je me suis inquiétée pour toi », cela ne produit pas le même effet. Il est désagréable pour un homme d'entendre que sa femme s'est sentie mal, et plus encore que c'était à cause de lui, parce qu'il est rentré tard à la maison.

Lorsqu'un père éprouve de la compassion pour son fils, il le « ressent » et se met à sa place. La blessure du fils, physique ou morale, cause une douleur réelle au père. Il est tout à fait possible que la douleur que les parents ressentent pour leur enfant soit bien plus grande que celle que l'enfant lui-même éprouve réellement. La raison en est que les parents sont attachés à leurs enfants. La femme attend, dans une certaine mesure, que son mari lui manifeste un attachement semblable.

Elle cherche effectivement à lui faire un peu mal pour l'obliger à s'impliquer activement dans ses problèmes et ses sentiments. Elle réussit bien à lui faire mal, mais, comme nous l'avons expliqué plus haut, il s'agit d'une autre douleur : un sentiment d'échec et d'inquiétude qui lui donne envie de s'éloigner d'elle.

Les conséquences du fait que la femme attend de la solidarité face à ses problèmes se remarquent même dans de petites choses auxquelles elle ne prête pas elle-même attention.

On peut, par exemple, observer la gestuelle d'une femme lorsqu'elle sert à manger à ses invités. Elle tend à chacun sa portion en souriant et en disant « bon appétit ». Mais lorsqu'elle sert une portion à son mari, non seulement aucun sourire n'éclaire son visage, mais on peut même y remarquer une légère expression de souffrance.

Ce changement d'expression du visage a deux raisons. La première est qu'il est dans la nature humaine de se montrer plus aimable envers des inconnus qu'envers des personnes familières. La seconde est son désir inconscient de dire à son mari : « Tu vois comme c'est difficile pour moi ? »

Le mari rentre à la maison en s'attendant à être accueilli avec le sourire. Sa femme était d'excellente humeur, mais dès qu'il pose le pied dans la maison, son visage prend une expression de souffrance, bien qu'elle le salue et se réjouisse au fond d'elle de son retour. Et tout cela, comme nous l'avons déjà dit, se produit inconsciemment.

Il faut souligner un autre détail important. Dans certaines situations, la femme a l'impression que son mari ne prend absolument pas à cœur le fait qu'elle ne va pas bien, mais ce n'est pas le cas en réalité. Il est logique de supposer que ses problèmes le préoccupent beaucoup, mais qu'il essaie de les refouler hors de sa conscience et, surtout, de donner extérieurement l'impression que toutes ses plaintes, ses demandes d'aide et même ses larmes ne le touchent pas.

Nous exprimons notre profonde reconnaissance à la maison d'édition « Michpa'ha ke-Halakha » (www.mishpacha.ru) pour l'autorisation de publier des chapitres du livre « Le Foyer juif ».