Le marié et la mariée
4. On sait qu’à l’époque du Temple, certains sages s’occupaient de décorer le dais nuptial (la houppa) ainsi que de parer le marié lui-même, tandis que d’autres faisaient tinter des clochettes devant lui. Mais après la destruction du Temple, les sages interdirent ces coutumes. Ils interdirent également de faire porter à la mariée une couronne d’or ou d’argent pendant les sept jours de festivités (les avis des sages divergent concernant une couronne en tissu ornée d’or ou d’argent). Ces dispositions furent prises en signe de deuil et d’affliction pour la destruction du Temple et l’exil du peuple juif.
5. C’est une grande mitsva que de danser, de jouer d’instruments de musique et de se réjouir à un mariage, afin de procurer une joie particulière au marié et à la mariée. Il est également d’usage de dire au marié des choses agréables au sujet de sa promise et de faire son éloge, même si elle n’est pas belle et n’est réputée ni pour sa vertu ni pour d’autres qualités.
Le Talmud raconte que Rabbi Yehouda bar Ilaï dansait devant la mariée avec une branche de myrte, en chantonnant « Kalla na’a vé’hassouda » (une mariée belle et pieuse). Quant à rav Chmouel, fils de rav Its’hak, il dansait devant la mariée avec trois branches de myrte qu’il lançait en l’air, tel un jongleur.
Ces traditions ne sont pas restées confinées à un passé lointain. On raconte que le célèbre juste Rabbi Its’hak Blazer répondait toujours aux invitations à un mariage et que, choisissant le bon moment, il montait sur la table, dansait devant le marié et la mariée et chantait des chansons. Il animait tous ceux qui l’entouraient, et l’atmosphère s’emplissait de joie et d’allégresse. Même au mariage de son ami proche Rabbi Naftali Amsterdam, lorsque celui-ci se remaria à plus de soixante-dix ans, il se comporta de la même manière. On lui demanda pourquoi il y attachait une telle importance, puisqu’il s’agissait d’un couple âgé. Rav Blazer répondit : « Y a-t-il donc une différence entre un jeune couple et un couple âgé lorsqu’il s’agit de la mitsva de réjouir le marié et la mariée ? »