Nechama Cheli

Le miracle de la subsistance - comme l'ouverture de la mer de Souf

Un Juif vint trouver le juste rav Israël de Roujine pour lui demander conseil au sujet de ses revenus. Peut-être faire ceci, ou cela, commencer à vendre telle marchandise, ou telle autre. Le rav lui dit : « Nos Sages disent que la subsistance d'un homme est aussi difficile que l'ouverture de la mer de Souf. Et il faut comprendre en quoi consiste ici…

Bassia Tsiboukmakher

Le miracle de la subsistance - comme l'ouverture de la mer de Souf

Un Juif vint trouver le juste rav Israël de Roujine pour lui demander conseil au sujet de ses revenus. Peut-être faire ceci, ou cela, commencer à vendre telle marchandise, ou telle autre.

Le rav lui dit : « Nos Sages disent que la subsistance d'un homme est aussi difficile que l'ouverture de la mer de Souf.

Il faut comprendre en quoi réside la ressemblance. Le peuple d'Israël se tient devant la mer, les Égyptiens sont derrière lui, et sur les côtés se trouve le désert avec ses bêtes féroces. C'est alors que les Juifs entendent la promesse de Moché : “Tenez-vous debout et voyez le salut du Très-Haut, qu'Il accomplira pour vous aujourd'hui”. Qu'ont-ils pensé ? Que le Très-Haut frapperait les Égyptiens : peut-être les rendrait-Il aveugles, ou les ferait-Il dévier de leur route, les dirigerait-Il vers le désert brûlant. Peut-être enverrait-Il un nuage qui les protégerait comme des murailles de fer. Mais personne n'aurait pu imaginer que le Très-Haut fendrait la mer et qu'ils marcheraient sur son fond comme sur la terre ferme !

Il en va exactement de même pour les revenus : une personne doit faire des efforts et veiller à ce que ces mots ne s'appliquent pas à elle : “J'ai commis de mauvaises actions et (à cause de cela) j'ai ruiné ma subsistance”. Mais comment et d'où viendront les revenus, le Très-Haut dispose de nombreux moyens… »

Un Juif qui vendait des boissons alcoolisées mourut, laissant sa femme avec de jeunes enfants. L'aîné avait dix ans. Les clients se firent moins nombreux et les revenus diminuèrent en conséquence. Lorsque les stocks de vodka furent épuisés, les marchands refusèrent de vendre à crédit à la veuve, craignant de ne pas récupérer leur argent. Il n'y avait plus rien à vendre, et la famille connut les affres de la faim…

La malheureuse veuve vint trouver le juste rav Avraham Yaakov de Sadigoura, les larmes aux yeux : que faire, qui pourrait l'aider ?

« Grande est la miséricorde du Très-Haut, Il est le Père des orphelins et le Juge des veuves ! » lui répondit le juste.

Mais cette réponse ne la satisfit pas : « Rabbi, promettez-moi que je trouverai un trésor ! »

Mais le rabbi répondit : « Le Très-Haut dispose de nombreux moyens, Il n'a pas besoin de nos conseils ».

Pendant que la veuve était chez le rabbi, un non-Juif frappa à la porte de leur maison. Le fils aîné ouvrit, et l'homme demanda : « Où est ton père ? »

« Au ciel… » répondit le garçon.

Le visiteur fut embarrassé : « Je ne savais pas… J'avais acheté de la vodka chez vous autrefois, elle était d'excellente qualité. La semaine prochaine, je marie ma fille et je voudrais acheter de cette vodka ».

« Hélas, répondit le garçon, nous n'avons pas une goutte de vodka… »

Le visiteur sourit : « Regarde-moi ça, si jeune et déjà un vrai commerçant ! Tu vas sûrement demander le double du prix ! Allez, descendons à la cave pour voir ».

Le garçon le conduisit à la cave, qui était remplie de tonneaux ventrus. Le visiteur fit bouger un tonneau et entendit le clapotis d'un liquide. Il lança un regard triomphant au garçon, qui lui expliqua : « Mais ce n'est que de l'eau… Pour éliminer la levure en rinçant… »

Le visiteur sourit de nouveau : « Apporte-moi donc un petit verre… » Il se servit un verre et goûta : « Ah, une excellente vodka ! Exactement comme dans mon souvenir ». Et il tapota l'épaule du garçon. Entre-temps, la veuve était rentrée à la maison. « Ton petit est un commerçant expérimenté ! » lui dit le non-Juif, en lui remettant en espèces le prix de tous les tonneaux. La veuve resta sans voix. Revenant à elle, elle insista pour que l'acheteur goûte le contenu de chaque tonneau. Sous leurs yeux, il commença à s'enivrer ! Finalement, il fit venir des ouvriers qui sortirent les tonneaux de la cave et les transportèrent chez lui.

La veuve envoya aussitôt son fils chez le rabbi pour lui raconter ce salut miraculeux. En l'entendant, le rabbi dit : « Ta mère avait prévu d'où lui viendrait le salut. Demande-lui si une telle possibilité lui était venue à l'esprit… »

Au mariage, tous les invités furent enchantés par le goût merveilleux de la vodka et se mirent à demander à leur hôte où il l'avait trouvée. Il leur raconta l'histoire, et les clients affluèrent à la taverne….

Ainsi, la subsistance ressemble à l'ouverture de la mer, et trouver un conjoint ressemble à l'ouverture de la mer… Une personne a des milliers de projets, mais qui épousera-t-elle en fin de compte…

Ne donnez pas de conseils au Très-Haut !

Traduction : Mme Léa Choukhman