Nechama Cheli

Le prophète Amos

Chronologiquement, le prophète Amos vint après Osée. Il était riche et issu de la tribu d’Aser, dont les symboles sont l’huile d’olive et l’abondance. Une tradition nous rapporte qu’Amos n’était pas éloquent. (Isaïe est le seul des prophètes qui parlait bien ; il vivait dans la capitale et avait une allure imposante. Ses irrépro…

Rabbanite Hava Kouperman

Le prophète Amos
Chronologiquement, le prophète Amos vint après Osée. Il était riche et issu de la tribu d’Aser, dont les symboles sont l’huile d’olive et l’abondance.

Une tradition nous rapporte qu’Amos n’était pas éloquent.

(Isaïe est le seul des prophètes qui parlait bien ; il vivait dans la capitale et avait une allure imposante. Ses prophéties irréprochables ne donnaient lieu à aucune critique quant à la qualité de leur énonciation. Cela n’aidait pourtant guère le prophète : on le battait, on le tirait par la barbe, pourvu qu’il se taise. On ne voulait pas l’écouter, car il disait des choses déplaisantes).

Toutes les prophéties d’Amos sont, elles aussi, extrêmement dures. Le chapitre 6 de son livre, du premier au septième verset, raconte à quel point le peuple s’était corrompu. En effet, à cette époque, les Juifs ont oublié D.ieu. Ils se sentent parfaitement bien, se traitent admirablement les uns les autres, et rien ne les préoccupe, si ce n’est la recherche de plaisirs nouveaux, toujours plus sophistiqués et raffinés.

Le chapitre 9 du livre d’Amos est lu dans les communautés ashkénazes comme haftara de la paracha Kedochim (selon certains avis seulement).

Le chapitre 7 du livre d’Amos contient une prophétie sur l’exil à venir et la dévastation d’Israël (que nous avons brièvement évoqués dans l’article précédent).

Amatsia, contemporain d’Amos, qui était le principal prophète des idolâtres, l’apprend. Il court aussitôt chez Jéroboam le Second pour exiger que soit puni le « conspirateur » qui sème le trouble dans l’esprit des sujets. Jéroboam refuse la dénonciation et refroidit les ardeurs du dénonciateur (« S’il le dit, c’est que D.ieu le lui a dit »). Amatsia essaie alors au moins de provoquer Amos : « Alors, pourquoi restes-tu ici ? Va au sud, là-bas, le roi de Juda te donnera à manger et écoutera tes prophéties, mais ici, ne nous parle pas de toutes ces horreurs… »

Jéroboam met fin à ces railleries ; Amatsia souhaite vivement punir Amos, mais il ne le peut sans l’autorisation du roi. Quant à Amos, il dit : « Je ne suis pas prophète, et mon père n’était pas prophète » (en effet, le nom du père d’Amos n’est indiqué nulle part, ce qui confirme la véracité de ses paroles).

On sait qu’Amos commença à prophétiser deux ans avant le tremblement de terre, qui est également évoqué ailleurs dans le livre des petits prophètes, chez le prophète Zacharie (chapitre 14, verset 5) : « Et vous fuirez dans la vallée des montagnes, comme vous avez fui le tremblement de terre au temps d’Ozias, roi de Juda ».

On pose souvent la question : de quel tremblement de terre s’agit-il ?

Une tradition rapporte qu’il se produisit à Jérusalem sous le règne d’Ozias et provoqua de terribles destructions. Dans « Divré Hayamim », le Livre des Chroniques (le 2e livre, chapitre 26, verset 16 et suivants), il est dit :

« Et lorsqu’il /le roi Ozias/ devint très arrogant, il décida de monter lui-même au Temple et d’y entrer pour offrir de l’encens. Alors, 80 cohanim vigoureux s’opposèrent à lui et lui dirent : « Tu n’as pas le droit de faire cela. Seuls les cohanim, descendants d’Aaron, doivent le faire ». Il était très en colère. Or, il tenait dans ses mains un lourd encensoir. Il voulait chasser les cohanim, mais à cet instant, la lèpre apparut sur son front. Il dut quitter non seulement la cour du Temple, mais même Jérusalem ; il vivait sur le mont des Oliviers et ne pouvait pas régner ».

À un certain niveau, le roi Ozias fit preuve d’une attitude inappropriée et dégradante envers la Maison du Tout-Puissant. Et, selon la tradition, c’est précisément à cet instant que se produisit ce fameux tremblement de terre.

Les chapitres 1 et 2 du livre d’Amos ont un style particulier. Il énumère les nations et annonce que chacune d’elles a commis trois péchés que le Tout-Puissant accepte de lui pardonner, mais qu’Il ne lui pardonnera en aucun cas le quatrième. La haftara de la paracha Vayéchev (la vente de Joseph) est justement le deuxième chapitre du livre d’Amos, où il est dit : « …Je ne leur pardonnerai pas d’avoir vendu le juste pour de l’argent et le pauvre pour des chaussures ». Selon l’un des avis, les frères, après avoir vendu Joseph comme esclave, s’achetèrent des chaussures avec l’argent obtenu.

Une tradition rapporte que, depuis la création du monde jusqu’à la venue du Machia'h, la terre sera frappée dix fois par une terrible famine.

Cela s’est déjà produit neuf fois. La dixième est évoquée ainsi dans le livre d’Amos (chapitre 8, verset 11) :

« Et voici que viennent des jours, dit le Tout-Puissant, où J’enverrai la famine sur la terre. Ce ne sera ni une faim de pain ni une soif d’eau, mais une faim d’entendre les paroles du Tout-Puissant ».

La fin du livre d’Amos décrit ce qui se passera lorsque viendra le Machia'h. La terre d’Israël deviendra très fertile.

à suivre

Nous remercions la revue « La Voix de Yaakov » et tout particulièrement Mme Alla Feldman pour le texte fourni.