Nechama Cheli

Le prophète Michée : à cause de vous, Sion sera labourée comme un champ

Ce prophète est apparu après le règne d’Ozias ; ses prophéties ne mentionnent que les trois rois suivants : Jotham, Achab et Ézéchias. Les prophéties de Michée concernent aussi bien la Judée qu’Israël, mais il est tout de même davantage un prophète de Judée. À l’époque où vit Michée, de nombreux faux prophètes apparaissent, affirm…

Rabbanite Hava Kouperman

Le prophète Michée : à cause de vous, Sion sera labourée comme un champ

Ce prophète est apparu après le règne d’Ozias ; ses prophéties ne mentionnent que les trois rois suivants : Jotham, Achab et Ézéchias.

Les prophéties de Michée concernent aussi bien la Judée qu’Israël, mais il est tout de même davantage un prophète de Judée.

À l’époque où vit Michée, de nombreux faux prophètes apparaissent, affirmant que tout ira bien et que la paix régnera, et qu’il ne faut pas écouter ceux qui effraient le peuple en annonçant les horreurs à venir et l’exil.

La partie la plus terrible de la prophétie de Michée se trouve dans le chapitre 3 de son livre (verset 12) ; elle reprend toutes les paroles les plus effrayantes prononcées au sujet de la Judée : « À cause de vous, Sion sera labourée comme un champ, et Jérusalem sera détruite ».

Il y a encore un point très intéressant. Le chapitre 4 du livre du prophète Michée (du verset 1 jusqu’à la fin du verset 3) et le chapitre 2 du livre du prophète Isaïe (versets 1-4) sont presque identiques (les différences sont minimes). Bien sûr, lorsqu’ils ont sélectionné les textes des livres des prophètes, les hommes de la Grande Assemblée ne pouvaient  tout simplement pas « ne pas remarquer » deux textes pratiquement identiques. Pourquoi donc se ressemblent-ils autant ? Cela nous aide à comprendre que, lorsque le Tout-Puissant décide de révéler une prophétie, de nombreuses personnes peuvent s’y « connecter » et la recevoir, mais chacune le fait à son propre niveau spirituel, et chacune l’entend donc un peu différemment.

Les chapitres 5 et 6 de Michée sont lus comme haftara de la paracha Balak. Voici ce qui y est dit : « Mon peuple, souviens-toi de ce qu’avait conseillé à ton sujet le roi Balak, roi de Moab, et de ce que lui avait répondu Balaam, fils de Béor. De Chittim à Guilgal, qu’ils connaissent les bienfaits de l’Éternel ! »

Nous savons que Moché Rabbénou nous a transmis 613 commandements. Mais ils sont si nombreux que nous avons l’impression de nous y perdre.

Pour qu’il soit plus facile de se souvenir de tous les commandements, le roi David les a regroupés et ramenés à 11. (C’est ce qu’il a consigné dans le 15e psaume : « 1. Éternel, qui est digne de demeurer dans Ta Tente, qui s’installera sur Ta montagne sainte ? 2. Celui qui marche avec modestie, pratique la justice et dit la vérité dans son cœur ; 3. dont la langue ne colporte pas de médisances, qui ne fait pas de mal à son ami et ne déshonore pas son prochain ; 4. aux yeux duquel la bassesse est odieuse et qui honore ceux qui craignent l’Éternel ; qui ne revient pas sur ses paroles, même s’il a prêté serment à son propre détriment ; 5. qui ne prête pas son argent à intérêt et ne reçoit pas de pots-de-vin pour condamner l’innocent. Celui qui agit ainsi ne chancellera jamais »).

Michée a ramené tout cela à trois principes fondamentaux (chapitre 6, verset 8) :

« ... ce qui est bien et ce que le Très-Haut exige de toi : pratiquer la Justice, aimer la bonté et marcher avec modestie devant le Très-Haut. »

(L’exigence de « marcher avec modestie devant le Très-Haut » signifie observer Ses lois avec la modestie qui convient).

On écrit beaucoup sur ces trois principes, qui reflètent :

1) les relations de l’être humain avec le Très-Haut (une exigence particulière : ne rien faire pour se donner en spectacle), 2) les relations entre les êtres humains (se témoigner mutuellement de la bonté) et 3) le jugement (envers les autres, mais avant tout envers soi-même).

Le chapitre 7 du livre de Michée décrit le comportement des gens avant la venue du Machia’h. Il est dit que l’insolence se multipliera et que tous deviendront si insolents qu’on ne pourra faire confiance à personne.

À la toute fin se trouvent les trois derniers versets, que certaines communautés ont coutume de lire le Chabbat précédant Yom Kippour (nous les lisons également pendant la prière de Roch Hachana). Rabbi Moïse Cordovero (16e siècle) analyse ces versets dans son livre « Tomer Devorah » — « Le Palmier de Déborah ». Il dit : « Les trois derniers versets du livre du prophète Michée sont liés aux treize attributs de miséricorde du Très-Haut, qu’Il a transmis à Moïse après le péché du Veau d’or. Nous avons le devoir de nous laisser guider par ces attributs ! »

Si nous nous conduisons ainsi, le Très-Haut nous traite Lui aussi avec le même degré de miséricorde.

à suivre

Nous remercions le magazine « La Voix de Yaakov » et Mme Alla Feldman personnellement pour le texte fourni.