Nechama Cheli

Le respect dû au père et à la mère - Après le décès des parents

Le respect dû au père et à la mère 39. Un fils est tenu d’honorer son père et sa mère même après leur mort. Chaque fois qu’il parle de son père ou de sa mère, ou rapporte leurs propos, il convient de dire : « Mon père (ma mère), mon maître (ma maîtresse), que sa mémoire soit bénie... ». Si un an ne s’est pas encore écoulé depuis leur décès, on ajoute…

Le respect dû au père et à la mère - Après le décès des parents

Le respect dû au père et à la mère

39. Un fils est tenu d’honorer son père et sa mère même après leur mort. Chaque fois qu’il parle de son père ou de sa mère, ou rapporte leurs propos, il convient de dire : « Mon père (ma mère), mon maître (ma maîtresse), que sa mémoire soit bénie... ».

Si un an ne s’est pas encore écoulé depuis leur décès, on ajoute : « … que je sois son expiation ». Mais à l’écrit, selon certains avis, il n’est pas obligatoire de le préciser : il suffit d’écrire « que sa mémoire soit bénie ».

Il existe aussi un avis plus strict selon lequel, lorsqu’un fils signe à la fin d’un document (durant la première année), il doit écrire : « … fils d’Untel, mon père et mon maître. Que je sois son expiation. »

Cette loi met en lumière le lien particulier entre les enfants et leurs parents après la mort, ainsi que ce qui advient de l’âme du défunt.

La première année est le temps du Jugement de l’âme, durant lequel elle se purifie également. Puisque les enfants sont considérés comme le prolongement de leurs parents, des traditions et des coutumes particulières s’appliquent à cette période. Selon la loi, beaucoup d’entre elles durent précisément onze mois, et non douze, car le Jugement des personnes ordinaires se termine alors (celui des méchants dure 12 mois).

40. Après le décès des parents, on a coutume de réciter pour eux le Kaddich (une prière particulière qui exige un minyan). C’est généralement le fils qui le fait à la synagogue pendant l’office : chaque jour durant la première année, puis à la date anniversaire du décès, le yahrzeit. Il existe aussi une tradition qui consiste, pendant onze mois, à diriger la prière (en tant que chalia’h tsibbour) et à être appelé à la lecture du livre des Prophètes le Chabbat. La prière à l’issue du Chabbat revêt une importance particulière, car on sait qu’après la fin du Chabbat, les âmes retournent au Guéhinom. Ces rites ont donc une importance particulière précisément à ce moment-là. Le comportement du fils (des enfants) à cet instant peut influer considérablement sur l’endroit où se trouvera l’âme du défunt. C’est pourquoi, dans la mesure du possible, il est souhaitable que le fils dirige cette prière.

On considère que le fils exerce une plus grande influence s’il dirige toute la prière ; c’est pourquoi, lorsque cela est possible, il ne faut pas se limiter au seul Kaddich.

41. Même si le père est encore en vie, il est permis de réciter le Kaddich pour la mère décédée.

42. À la date anniversaire du décès du père ou de la mère, on a coutume de jeûner, de réciter le Kaddich et de « monter » à la Torah (lire le rouleau). Dans chaque lieu où vivaient des Juifs, on commémorait différemment le décès des parents, mais il existe des traditions fondamentales, adoptées par la majorité, qui révèlent le sens de ce jour particulier.

*** Après le décès d’un jeune avrekh, on expliqua à son fils ce qu’était le Kaddich et quelle était son importance. Le garçon savait quand réciter le Kaddich, mais il était très intimidé et ne savait pas comment commencer : il n’avait que cinq ans. Sa famille l’apprit et se mit à essayer de le convaincre et de l’encourager, mais sans succès. Lorsque le gaon rabbi Yaakov Israël Kanievsky (le Steipler) l’apprit, il demanda qu’on lui amène l’enfant.

Lorsqu’il rencontra le garçon, le rabbin lui dit : « Ton père se trouve dans le monde de vérité, et rien au monde ne peut s’y comparer. Il n’échangerait cela contre aucune richesse. D’ailleurs, toutes les richesses de notre monde n’ont plus aucune valeur pour lui. La seule chose qui ait pour lui une valeur particulière et qui le relie à ce monde, c’est toi et ton Kaddich. Depuis qu’il est parti dans l’autre monde, il attend tes paroles. Ton Kaddich lui sera d’une grande aide et lui procurera un véritable plaisir. »

Puis le Steipler lui raconta l’histoire de rabbi Akiva et d’un Juif dont le père se trouvait au Guéhinom (rabbi Akiva lui avait proposé de réciter le Kaddich pour délivrer son père de ses tourments). Cette rencontre marqua profondément le garçon, qui se mit à réciter le Kaddich pour son père.