Le respect du père et de la mère
25. Les textes de loi rapportent une opinion selon laquelle l'obligation d'aider ses parents démunis avec ses propres fonds ne concerne que l'argent de la tsédaka, c'est-à-dire les sommes que le fils est de toute façon tenu de donner aux pauvres : puisque, dans ce cas, les parents répondent eux aussi aux critères définissant les personnes démunies, le fils peut leur consacrer l'argent de la tsédaka. Cependant, les Sages disaient déjà autrefois : « Celui qui dispose de suffisamment de moyens, mais nourrit malgré cela ses parents avec l'argent de la tsédaka, mérite d'être maudit. »
26. S'il y a plusieurs enfants dans la famille (des fils vivant dans l'aisance), chacun doit aider ses parents selon ses moyens. Un fils riche ne doit donc pas se fonder sur la somme donnée par son frère moins aisé. Il doit donner une somme plus importante.27. Même si les parents souhaitent renoncer à l'aide de leurs enfants (par exemple, pour ne pas leur compliquer la vie) et envisagent de commencer à recevoir l'aide d'une organisation caritative, ils n'en ont pas toujours le droit, car l'obligation de les aider incombe en premier lieu à leurs enfants.
Boaz a traversé de nombreuses épreuves dans sa vie. Son enfance s'est déroulée dans la pauvreté et la faim. Lorsqu'il a grandi et commencé à travailler, la chance lui a souri, mais ses parents continuaient à mener une existence misérable. Ce fils prospère a réussi à créer une entreprise rentable qui lui a rapporté une grande fortune ; il a même fini par créer sa propre fondation caritative, dont bénéficient de nombreuses familles démunies. Dans tous les cas, l'aide à ses parents pauvres doit rester pour lui une priorité.
28. Si vous savez que votre demande sera acceptée en souvenir des bonnes actions de votre père, il est préférable de demander que l'on vous rende ce service par égard pour lui, même si vous auriez pu l'obtenir sans cela. C'est aussi une manière d'honorer ses parents. Mais dans un endroit où votre père avait des ennemis, il vaut mieux ne pas le mentionner.
Dans une ville, le poste de grand rabbin était devenu vacant et il fallait trouver un candidat approprié. Un jeune homme vint trouver Rabbi Haïm Ozer Grodzinski et tenta de le convaincre de nommer à ce poste son père, qu'il estimait suffisamment expérimenté et compétent. Selon Rabbi Haïm, ce n'était pas le candidat le plus approprié, et tous les efforts du fils furent vains. Mais le jeune homme continua d'insister et commença à se montrer insolent, employant des mots et des expressions peu agréables. Rabbi Haïm garda le silence tout au long de l'entretien, puis, lorsque le ton de son interlocuteur devint insupportable, il passa dans une autre pièce. Les proches de Rabbi Haïm lui demandèrent pourquoi il écoutait avec tant de patience ce visiteur agité. Le maître répondit : « Il fait tous ces efforts pour son père, et je ne saurais me permettre de lui répliquer ou de me plaindre de lui. »