Nechama Cheli

Le respect du père et de la mère - Ce que l’on peut demander à ses parents

Le respect du père et de la mère 36. Un fils peut demander à ses parents de lui apporter un objet ou les charger d’une commission, mais il ne faut pas en abuser. Il ne devrait pas leur demander de faire ce qu’il peut accomplir lui-même ou par l’intermédiaire d’un tiers. Mais s’il leur fait part de ses besoins ou de ses problèmes, il n’y a là aucune transgres…

Le respect du père et de la mère - Ce que l’on peut demander à ses parents

Le respect du père et de la mère

36. Un fils peut demander à ses parents de lui apporter un objet ou les charger d’une commission, mais il ne faut pas en abuser. Il ne devrait pas leur demander de faire ce qu’il peut accomplir lui-même ou par l’intermédiaire d’un tiers. Mais s’il les informe de ses besoins ou de ses problèmes, il ne commet aucune transgression, d’autant plus que, très souvent, les parents eux-mêmes tiennent à être les premiers au courant et sont heureux de satisfaire les demandes de leurs enfants.

*** Chmouel étudiait jusque tard dans la nuit et sa mère s’endormait très souvent dans un fauteuil en attendant son fils bien-aimé. Dès que la porte s’ouvrait, elle se précipitait à la cuisine et lui servait le dîner préparé à l’avance. Chmouel était mal à l’aise à la seule idée qu’après une dure journée, sa mère, au lieu d’aller se coucher, l’attende, cuisine et mette la table. Il posa la question à son maître. Après s’être renseigné sur tous les détails, celui-ci lui dit qu’il n’était pas nécessaire de changer quoi que ce soit, puisque sa mère prenait un réel plaisir à ces retrouvailles du soir et à ce dîner partagé avec son fils bien-aimé. Chmouel devait accepter avec joie l’aide de sa mère et la remercier chaleureusement après le dîner, car c’était ainsi qu’il lui témoignait du respect.

37. Il est permis de réveiller son père lorsque l’heure de la prière ou de la récitation du Chéma est arrivée, mais il vaut mieux demander à quelqu’un d’autre de le faire. Pour éviter tout conflit et ne pas transgresser le commandement, le fils doit convenir à l’avance avec son père de tous les détails et des différentes possibilités. Il ne faut pas non plus oublier que l’obligation de prier à une heure déterminée est une institution des Sages, tandis que celle de respecter ses parents est un commandement de la Torah elle-même.

38. Les Sages sont partagés sur la question de savoir si un fils est tenu d’accéder à une demande de ses parents lorsqu’elle n’a aucun rapport avec leur intérêt personnel ou leur satisfaction. Quand les parents demandent à leur fils, par exemple, de commencer un régime ou de porter d’autres vêtements, et que cela lui est inacceptable, on peut considérer que la Torah l’oblige, dans ce cas aussi, à les écouter, puisque cela ne lui cause ni préjudice ni humiliation. Mais on peut aussi envisager les choses autrement. On ne peut obliger une personne qu’à ce qui lui est naturel et ne lui cause aucun désagrément, et à plus forte raison aucune souffrance. Par conséquent, le fils ne transgressera rien s’il ne suit pas de régime. Cette règle comporte de nombreux détails, et la moindre imprécision peut entraîner une transgression ; avant de refuser une demande de ses parents, il faut donc impérativement consulter un rabbin expérimenté et compétent.

*** Cela s’est passé il y a de nombreuses années. Rabbi Chlomo Bloch reçut une lettre de son ami, qui lui demandait d’aller voir le célèbre ’Hafets ’Haïm pour lui poser une question qui le préoccupait : « Je n’ai que 26 ans, mais à cause de ma barbe, on me donne au moins quarante ans. Mon père m’a récemment envoyé une lettre dans laquelle il m’ordonne de me raser la barbe. M’est-il permis de le faire, lorsqu’il s’agit du commandement d’“honorer son père et sa mère” ? » Le ’Hafets ’Haïm ne voulut pas répondre à cette question et l’envoya chez Rabbi ’Haïm Soloveitchik. Mais avant que son visiteur ne parte, le rabbin dit qu’il pouvait donner un conseil au jeune homme : écrire à son père une lettre qui dirait ceci : « Cher père ! Je comprends pourquoi tu me demandes de me raser la barbe. Voilà longtemps que je cherche mon âme sœur, et, selon toi, mon apparence rebute les gens ou, du moins, les induit en erreur. Mais je veux justement trouver une jeune fille qui n’ait rien contre ma barbe ; si je la coupe, je ne pourrai pas trouver celle que je cherche… »

Quoi qu’il en soit, quelle que soit la demande des parents, il est permis de dialoguer avec eux et de discuter des détails ou des raisons de ce qui se passe. Même si les parents n’acceptent pas les arguments de leur fils, aucun commandement n’a été transgressé.