Nechama Cheli

Le respect du père et de la mère - l’enfant d’un premier mariage

Le respect du père et de la mère 83. Une femme mariée est elle aussi tenue d’accomplir la mitsva de respecter ses parents, mais lorsqu’elle doit être auprès de son mari et l’aider, la Torah la dispense de certains actes afin de préserver l’harmonie familiale. Dans ce cas, la demande du mari est prioritaire. Elle reste néanmoins tenue de révé…

Le respect du père et de la mère - l’enfant d’un premier mariage

Le respect du père et de la mère

83. Une femme mariée est elle aussi tenue d’accomplir la mitsva de respecter ses parents, mais lorsqu’elle doit être auprès de son mari et l’aider, la Torah la dispense de certains actes afin de préserver l’harmonie familiale. Dans ce cas, la demande du mari est prioritaire. Elle reste néanmoins tenue de révérer ses parents et, bien entendu, il lui est interdit de les humilier ou de leur causer de la peine.

84. Une femme célibataire est tenue de respecter ses parents dans la même mesure qu’un fils adulte. Il en va de même pour une femme divorcée, une veuve ou une femme dont le mari ne s’oppose pas à ce qu’elle consacre beaucoup de temps à aider ses parents.

85. Si un chetouki (une personne qui ne sait pas qui est son père) a frappé son père biologique par ignorance, il n’encourt pas de sanction, même si sa mère lui a ensuite révélé l’identité de chacun. Mais dès que le fils s’est assuré de la véracité de toute l’histoire, il doit être plus prudent et changer d’attitude envers son père.

86. Il est interdit à un guer (prosélyte) de traiter ses parents biologiques avec mépris, et à plus forte raison de les frapper. Outre que cela est mauvais en soi, cela porte atteinte aux normes morales : dans un tel cas, sa conversion au judaïsme serait elle aussi associée à l’immoralité.

87. Un enfant recueilli et élevé par d’autres parents juifs est tenu de respecter aussi bien son père et sa mère biologiques que ceux qui l’ont élevé. Toutefois, le fils n’encourra la sanction la plus sévère que pour un outrage (une malédiction ou des blessures corporelles) envers ses parents biologiques juifs.

*** Zeev est issu d’une famille estimée et a reçu une bonne éducation. Presque personne ne savait que sa mère s’était remariée et que Zeev était né de son premier mariage. Le premier mari de sa mère était un homme cruel et, lorsqu’on lui proposa de se lancer dans les affaires, il quitta son foyer, sa femme, son enfant et partit en Amérique du Sud. Il oublia complètement sa famille et son fils de deux ans. Zeev ignorait cette histoire et croyait que le mari de sa mère était son père biologique. Mais un beau jour, le mari qui s’était enfui et avait entre-temps fait fortune revint dans sa région natale et commença à se renseigner sur son ancienne épouse et son enfant. Dès qu’il obtint le numéro de téléphone de Zeev, il l’appela et lui raconta ce qui s’était passé, lui révélant qu’il était son véritable père. Zeev ne savait pas comment réagir.

D’un côté, il en voulait à son père biologique d’avoir abandonné sa famille à son sort ; de l’autre, il voyait devant lui un homme au cœur brisé et à la vie détruite, auquel il ne restait que son passé et un seul enfant de son sang. Son père lui disait qu’il regrettait ce qui s’était passé, et Zeev éprouvait une pitié grandissante. Finalement, cette pensée lui traversa l’esprit : « Je ne sais pas quoi faire, tous mes sentiments se mélangent, mais peut-être faudrait-il garder le contact avec lui ; qui sait, il me filera peut-être de l’argent pour le mariage. » Le jeune homme remarqua que quelque chose de bas s’était éveillé en lui et qu’il ne lui restait plus qu’à aller demander conseil à son maître et rabbin.

Après avoir écouté Zeev, le rabbin répondit : « Cet homme est ton père, et tu es tenu de le respecter. Cela n’a aucun rapport avec la reconnaissance que tu éprouves envers celui qui t’a élevé. Oui, il a abandonné les traditions de ses ancêtres, mais souviens-toi que, selon certains avis, même un tel homme doit être respecté par ses propres enfants. Et surtout, ne va pas le flatter servilement pour obtenir de l’argent ou une part de l’héritage. »