Le respect du père et de la mère
62. Il arrive qu’une personne doive choisir entre la mitsva d’honorer ses parents et une autre mitsva, par exemple enterrer un défunt ou l’accompagner à sa dernière demeure. S’il n’y a personne d’autre à proximité pour s’occuper du défunt et que le père (les parents) a demandé, par exemple, d’aller chercher de l’eau, il faut d’abord s’occuper du défunt, car tous deux, le père comme le fils, sont soumis à la loi divine. (Selon la loi de la Torah, le corps doit impérativement être inhumé le jour même.) Si l’on peut demander à quelqu’un d’autre d’accomplir cette mitsva, il faut commencer par satisfaire la demande des parents.
Il était ici question d’une mitsva qui ne peut être différée, c’est-à-dire d’une mitsva ovéret (une mitsva dont le temps d’accomplissement est limité). Si, en revanche, la seconde mitsva n’impose aucune contrainte de temps et que l’on peut faire tout le nécessaire plus tard, le fils doit d’abord aider son père.
Et si le fils s’occupe déjà du défunt et que son père lui demande seulement ensuite d’aller chercher de l’eau ? Dans ce cas, le fils peut terminer son travail et inhumer le défunt.
63. Si un père demande de l’aide à son fils alors que celui-ci est en train d’étudier la Torah, le fils doit interrompre son étude et aider son père.
64. Le père a l’obligation de transmettre à son fils les connaissances de la Torah. Il peut lui enseigner lui-même ou engager un mélamed (enseignant). Puisque le père doit lui aussi consacrer du temps à l’étude de la Torah, si les moyens ne permettent de financer les études que de l’un des deux, la question des priorités se pose. Mais, en réalité, cette question ne se pose que si le père et le fils ont les mêmes capacités. Selon la loi, dans ce cas, le père ne peut pas renoncer à sa propre étude au profit de son fils et lui consacrer tout l’argent destiné à ses propres études ainsi que tout son temps libre.
S’il constate que son fils est très doué et que ses capacités dépassent les siennes, le père doit consacrer davantage de temps (et d’argent) à l’instruction de son fils. Il n’est pas pour autant dispensé de son obligation d’étudier.
65. Bien que la Torah accorde une importance particulière au commandement d’honorer ses parents, un fils peut partir dans une autre ville pour poursuivre son étude de la Torah dans son lieu habituel et auprès de son maître. En effet, le commandement d’étudier la Torah est considéré, à certains égards, comme plus important : une étude assidue accroît la sagesse et la paix sur terre et assure la continuité de la transmission des connaissances d’une génération à l’autre.
Si le fils étudie et habite dans la même ville que ses parents, il doit leur rendre régulièrement visite et prendre soin d’eux.
Après avoir brillamment terminé sa scolarité à Philadelphie, Ménaché s’est consacré à l’étude des traditions et des lois juives. Après deux années passées à la yéchiva, il a décidé de partir en Israël, à la yéchiva de Mir, l’une des prestigieuses yéchivot de Jérusalem. Lorsque ses parents ont appris son souhait de partir en Erets Israël, ils ont été très inquiets et ne tenaient plus en place. Ce qui effrayait surtout ses parents âgés, c’était la situation politique au Moyen-Orient. Des bulletins d’information et des récits d’attentats et de tirs de roquettes leur revenaient en mémoire. Alarmés par cette décision, les parents se sont adressés au maître et rabbin de leur jeune Ménaché. Voici sa réponse : « Si Ménaché estime que c’est précisément à la yéchiva de Mir qu’il pourra bien progresser dans son étude, et que vous n’avez pas besoin d’une aide particulière de sa part, la loi l’autorise à y partir, même sans votre accord, puisqu’il s’agit de son développement spirituel. Je vous recommande donc de ne pas manifester votre mécontentement, mais, au contraire, de soutenir votre fils de toutes les manières possibles, afin d’éviter un conflit et de préserver de bonnes relations. »