Nechama Cheli

Le respect du père et de la mère – la patience

Le respect du père et de la mère 15. Les enfants ne doivent pas s'immiscer dans les conversations de leurs parents, ni tenter de répondre les premiers à une question, avant leur père ou leur mère. *** Un père et son fils roulaient dans la voiture du père. Soudain, le moteur cala et ils sortirent pour voir ce qui s'était passé. Le père ouvrit le capot et commença à dévisser l'une…

Le respect du père et de la mère – la patience

Le respect du père et de la mère

15. Les enfants ne doivent pas s'immiscer dans les conversations de leurs parents, ni tenter de répondre les premiers à une question, avant leur père ou leur mère. *** Un père et son fils roulaient dans la voiture du père. Soudain, le moteur cala et ils sortirent pour voir ce qui s'était passé. Le père ouvrit le capot et commença à dévisser l'une des pièces du moteur.

Même si le fils voit que, lors de l'inspection de la voiture, les gestes de son père risquent de provoquer une panne, et qu'il a déjà compris ce qu'il faut réparer, il doit essayer d'expliquer calmement son point de vue, sans laisser entendre que son père est incompétent en la matière.

16. Si le père fait des reproches à son fils et l'accuse de quelque chose, même en raison d'une idée erronée de ce qui s'est passé, le fils ne doit pas se justifier devant son père en réfutant tout ce qu'il dit. Il doit raconter ce qui s'est passé sans tenir compte de la manière dont les accusations et les reproches sont formulés.

17. Le fils ne doit pas appeler ses parents par leur prénom, même en leur absence et après leur mort. En leur présence, on s'adresse à eux en disant « Père/mère, papa/maman » ; en leur absence, beaucoup disent « Mon père, mon maître/ma mère, mon enseignante ». Il en va de même dans la correspondance.

18. Il est également interdit d'appeler par leur prénom d'autres personnes qui portent le même prénom que ses parents, afin que ceux-ci ne pensent pas qu'on s'adresse à eux. Selon une opinion, cela ne concerne pas les prénoms courants et, lorsque les parents ne sont pas présents, il n'y a pas non plus d'interdiction.

19. Pour montrer jusqu'à quel point il faut faire preuve de patience dans l'accomplissement de cette mitsva, les Sages donnent l'exemple suivant.

Le fils était assis en bout de table, vêtu de beaux habits neufs. De nombreuses personnes étaient présentes dans la salle, dont beaucoup de personnalités importantes. C'était une soirée particulière au cours de laquelle le fils devait prendre la parole ou conclure une affaire. Soudain, son père (ou sa mère) entra, le frappa et déchira ses vêtements. Le père se mit à lui faire des reproches et finit par lui cracher au visage.

Dans une telle situation, le fils doit garder le silence et conserver en son for intérieur une crainte respectueuse de son père. Il est toutefois permis d'essayer de prévenir le conflit par l'intermédiaire d'un tiers, à condition de ne pas offenser le père.

Il en va de même lorsque, par exemple, le père prend le portefeuille de son fils contenant de l'argent et le jette à la mer sous ses yeux. Toutefois, le fils peut toujours essayer de récupérer son argent par l'intermédiaire d'un beth din (tribunal juif), car cela ne contredit pas la mitsva d'« honorer son père et sa mère ». En revanche, si les parents cherchent seulement à empêcher leur fils de gagner un revenu supplémentaire, par exemple pour préserver sa santé, il n'est pas permis de s'opposer à eux, même par l'intermédiaire d'un tiers, car il ne s'agit pas de pertes ni de dommages.