Nechama Cheli

Le respect du père et de la mère – Le comportement des parents

Le respect du père et de la mère 49. Si les parents ont transgressé un commandement de la Torah par ignorance ou à la suite d'une erreur, leur fils ne peut pas leur en faire ouvertement le reproche. Il peut toutefois s'enquérir de ce qui s'est passé, de ce qui a motivé ce comportement de ses parents, ou leur demander s'ils connaissent ce commandement. Si…

Le respect du père et de la mère – Le comportement des parents

Le respect du père et de la mère

49. Si les parents ont transgressé un commandement de la Torah par ignorance ou à la suite d'une erreur, leur fils ne peut pas leur en faire ouvertement le reproche. Il peut toutefois s'enquérir de ce qui s'est passé, de ce qui a motivé ce comportement de ses parents, ou leur demander s'ils connaissent ce commandement. S'il est possible de rectifier la situation sans aucun conflit ni blessure, de telles démarches de la part du fils sont tout à fait acceptables, et même nécessaires.

50. Si le père a cité une loi ou une autre information de manière inexacte, il est interdit à son fils de lui dire : « Tu te trompes » ou « Ce que tu as dit est faux ». Il peut dire : « Il me semble que nous l'avons appris ainsi » ou « J'ai entendu dire que cela s'était passé de telle et telle manière... » Cela doit être dit sous la forme d'un complément, et non d'une réfutation directe ou d'un reproche.

51. Même si les parents sont de parfaits scélérats et sont loin de se repentir, il est interdit à leur fils de les maudire et, à plus forte raison, de les frapper.

52. Si un tribunal rabbinique a décidé que les parents méritent une peine, leur fils ne peut pas y participer ni être l'exécutant direct de la sentence.

53. Les sages divergent sur l'obligation de respecter et d'honorer des parents qui transgressent constamment les commandements de la Torah et ne cherchent pas à s'amender. Puisqu'il s'agit d'une loi de la Torah (déoraïta), il convient a priori d'adopter l'avis le plus strict sur cette question et de continuer à témoigner du respect à ses parents. Mais s'ils agissent délibérément dans l'intention de nuire à autrui, incitent les gens à aller servir d'autres dieux ou nient la véracité des paroles de la Torah et de ses sages, tous les avis s'accordent sur l'absence d'obligation de respecter et d'honorer de tels parents. Il reste néanmoins interdit de leur causer douleur et souffrance.

Celui qui a grandi loin des centres de vie juive, qui a été confié à une famille non juive ou qui a grandi dans une famille de Juifs assimilés est appelé tinok chénichba (littéralement : un enfant captif). Les lois concernant ces personnes sont exposées au chapitre 20.

54. Si les parents respectent la tradition juive et ne transgressent les commandements qu'occasionnellement, pour une raison ou une autre, tous les avis s'accordent sur l'obligation de les respecter et de les honorer.

55. Certaines personnes observent une partie des commandements, mais, dans certains domaines de la vie, elles ne parviennent pas à surmonter leurs faiblesses et transgressent les lois et les règles établies par la Torah et les sages. Le fils n'est pas tenu de soutenir son père ni de lui témoigner du respect lorsqu'il est question de son « point faible ». La mitsva de mettre son père en garde ou de tenter de l'arrêter demeure néanmoins, bien entendu si cela ne provoque pas de conflit. Parfois, le mieux est d'agir par l'intermédiaire d'une tierce personne.

56. Si le père ne transgresse pas les commandements, mais présente un trait de caractère négatif qui repousse les gens et suscite la haine, ou s'il est constamment ivre, il est permis de prendre ses distances avec lui.

57. Si les enfants et leurs parents sont constamment en conflit, se disputent sans cesse et ne parviennent pas à s'entendre, il vaut mieux qu'ils prennent leurs distances les uns avec les autres. Parfois, en étant éloignés du foyer parental, les enfants pourront créer les conditions de relations normales et remplir, au moins dans une mesure minimale, leurs obligations envers leurs parents.

Nimrod a été licencié. Il occupait un important poste politique, mais à présent, éloigné de la politique, il est peu à peu devenu un homme aigri et nerveux. Quand il parlait avec les gens, il pouvait aller jusqu’à crier et à lancer des piques très blessantes. Pour ses proches, et plus encore pour ses enfants adultes, il était très difficile d’assister à ce qui se passait tout en gardant leur calme. Peu à peu, l’atmosphère s’est tendue, et les accrochages se sont multipliés.

Dans ce cas, les enfants devraient s’installer dans un autre endroit (dans une autre ville) et ne venir rendre visite à leur père que de temps en temps. Ils pourront ainsi préserver leur famille et sa bonne réputation, et garder dans leur cœur une place pour le respect.