Nechama Cheli

Le respect du père et de la mère — si un fils souhaite se marier

Le respect du père et de la mère 66. Selon la loi, un fils a le droit de partir dans une autre ville afin d'intégrer un meilleur établissement d'étude de la Torah, même si ses parents s'y opposent et que leurs craintes reposent sur des témoignages avérés de conflits avec la population locale. (Dans tous les cas, si, dans un lieu quelconque, la v…

Le respect du père et de la mère — si un fils souhaite se marier

Le respect du père et de la mère

66. Selon la loi, un fils a le droit de partir dans une autre ville afin d'intégrer un meilleur établissement d'étude de la Torah, même si ses parents s'y opposent et que leurs craintes reposent sur des témoignages avérés de conflits avec la population locale. (Dans tous les cas, si, dans un lieu donné, la vie d'une personne est réellement menacée, il est interdit de s'y rendre)

67. Si un fils a trouvé une jeune fille honnête et pudique, mais que ses parents lui demandent d'annuler ce chidoukh ou même de reporter toute recherche de sa moitié (alors qu'il a déjà largement dépassé les 18 ans), il n'est pas tenu de leur obéir, car sa démarche est liée à un commandement très important. De même, les parents ne peuvent pas contraindre leurs enfants à épouser une personne déterminée contre leur volonté.

Dans une petite ville vivait une veuve. Son fils n'était plus tout jeune, mais sa recherche de l'âme sœur était restée vaine. Chaque fois, les jeunes filles refusaient sa demande, et cela parce que l'une de ses conditions était de laisser sa mère vivre avec les jeunes mariés (dans le même appartement). À un moment donné, les proches n'y tinrent plus et s'adressèrent au célèbre rav Chlomo Zalman Auerbach. Leur demande était simple : convaincre le fils de renoncer à ces conditions et d'envoyer sa mère dans une maison de retraite, afin de trouver enfin celle qui lui était destinée. À leur grande surprise, le rav ne voulut pas aider les proches inquiets, expliquant que le refus de la jeune fille ne présentait pas ses qualités de cœur sous leur meilleur jour. Ainsi, si le fils souhaitait prendre soin de sa mère, il ne fallait pas intervenir. Il ajouta également que, si la mère devait être placée dans une maison de retraite à cause du mariage, des difficultés pourraient bientôt apparaître dans les relations personnelles entre les époux.

Quelque temps plus tard, le rav Auerbach rencontra l'un des proches du fiancé « malchanceux » et lui demanda où en étaient les choses. Apprenant qu'il avait trouvé une jeune fille qui avait accepté sa condition et qu'il s'était déjà fiancé, le rav se réjouit beaucoup et demanda qu'on lui amène le fiancé. Lors de leur rencontre, le rav Chlomo Zalman dit au fiancé qu'il devait chercher un endroit agréable et de qualité pour sa mère, afin d'éviter des difficultés dans sa vie conjugale. Au départ, il lui fallait effectivement se comporter comme il l'avait fait et exiger que sa future épouse accepte de garder sa mère à la maison. Mais après qu'elle eut exprimé son accord et ainsi prouvé ses remarquables qualités spirituelles, il fallait aussi tenir compte du fait que ce serait très difficile pour elle si sa belle-mère âgée vivait avec eux.

68. Il en va de même pour les autres commandements. Par exemple, si les parents s'opposent à ce que leur fils prie dans une certaine synagogue, mais que le fils voit et sent qu'il lui est plus facile d'y prier avec concentration et ferveur, par exemple parce que les fidèles qui la fréquentent sont différents et que le lieu lui-même est particulier, il n'est pas tenu d'obéir à ses parents, puisqu'il s'agit là aussi de son développement spirituel et de l'accomplissement des commandements. Il en va de même pour l'installation en Terre d'Israël : cette terre est un lieu saint, elle élève spirituellement l'homme et le conduit aux portes de la sainteté. Comme les situations varient et que, souvent, les parents, forts de leur sagesse et de leur plus grande expérience de la vie, demandent à leur enfant de changer de décision pour son bien et sa croissance spirituelle, il vaut mieux toujours consulter un rav sage, capable non seulement de discerner tous les problèmes halakhiques, mais aussi de saisir les subtilités des relations humaines.