Rabbanite Léa Gans
L'Arizal a révélé à ses élèves qu'il devait ses plus hautes compréhensions de la Torah, toutes celles dont nous disposons aujourd'hui, à la joie, à la joie d'accomplir les commandements.
Le Rambam écrit dans les « Lois du loulav » (8:15) : « La joie qu'éprouve une personne en accomplissant les commandements et en aimant D-ieu, Qui a donné ces commandements, est un travail considérable. » Le Rambam dit explicitement que la joie n'est pas un sentiment qui surgit spontanément. C'est un travail constant.
Les commandements accomplis par habitude
Lorsque les commandements sont accomplis de manière meloumada, « par cœur », c'est-à-dire de façon routinière, par habitude, sans réfléchir, il n'y a pas de daat, de conscience, dans cet acte. Sans conscience, il n'y a ni amour ni joie. Avant d'accomplir un commandement, il faut consacrer au moins une seconde à se préparer : s'arrêter, prendre conscience. On peut penser au fait que l'on s'apprête à accomplir la volonté du Tout-Puissant, que l'on fait précisément cet acte pour accomplir le commandement. Se rappeler que cet acte nous relie directement au Tout-Puissant sera une source de joie.
Il est écrit dans le « Kouzari » (section « Les exigences de la prophétie — les fondements ») : « La joie que procurent le commandement et la Torah exige de la réflexion et une disposition d'esprit appropriée, afin que tu te réjouisses du commandement lui-même, parce que tu aimes Celui qui le prescrit et parce que tu as compris en quoi il est bon pour toi. » Au fond, une personne se réjouit d'accomplir la volonté du Tout-Puissant, car toute notre vie en ce monde consiste à œuvrer pour que la Chekhina se révèle.
Je (ne) suis (pas) là par hasard !
Nous nous efforçons d'accomplir les commandements avec amour et réflexion. Réfléchir est le contraire de laisser les choses au hasard. Or le hasard est précisément l'idée qu'Amalek cherchait à inculquer. Il affirmait que tout, dans le monde, était le fruit du hasard, que le monde n'avait pas de Maître, que personne ne le dirigeait. Tout se produit de soi-même, parce que le monde fonctionne ainsi, « depuis la nuit des temps », par inertie. À cela, nous opposons des actes conscients et réfléchis. Là où la répétition nous refroidit, nous devons apporter la chaleur de l'amour. Le hasard — kéri — est une cause d'impureté. Quant à nous, nous apporterons de la sainteté à chacun de nos actes. Ce dont une personne est dotée en ce monde ne lui a pas été donné par hasard : tout a un but. Notre tâche est donc de réfléchir à ce qui nous rapproche de ce but.
Comment commencer à se réjouir ?
Il faut commencer par ce qui vient facilement, par le commandement qui procure de la joie sans effort. Si une personne parvient à se réjouir à Sim'hat Torah, qu'elle commence par cela. Qu'elle ressente cette joie au plus profond de son âme, qu'elle y réfléchisse. L'un éprouve plus facilement de la joie en accomplissant le commandement d'écouter le chofar, un autre lors de la circoncision de son propre fils, un troisième au mariage de son enfant. Il faut utiliser cette joie pour se relier au Tout-Puissant. Et faire de même avec les autres commandements : ressentir la joie qu'ils procurent, puis renforcer ainsi son lien avec le Maître du monde, qui les a prescrits.
Préparé par Zissi SkarjinskaïaÀ suivre