Rabbanite Léa Gans
L’amour du Tout-Puissant
L’habitude de méditer les louanges par lesquelles nous glorifions le Tout-Puissant et le désir de comprendre chaque mot élèvent l’être humain au degré le plus élevé : l’amour du Tout-Puissant.
Le rav Yaakov Horowitz, frère de l’auteur du « Chla Hakadoch », écrit dans son livre « Yech No’halin » : « Celui qui prêtera attention aux explications et au sens des merveilleuses louanges et des épithètes honorifiques s’y éveillera assurément de lui-même, et cette (compréhension) pénétrera peu à peu dans son cœur, jour après jour… et alors pénétreront (dans son cœur) la Crainte du Ciel et la grandeur du Roi des rois… et il s’élèvera de degré en degré, jusqu’à atteindre le degré le plus élevé : l’Amour du Tout-Puissant. »
Ainsi, nous voyons que ce degré est accessible. Il faut fournir certains efforts, mais ils seront récompensés.
Quand j’ai commencé à préparer ce cours, j’ai été surprise. On aurait pu penser que je parle de choses connues : que peut-on bien raconter au sujet des bénédictions ? Mais depuis, mes propres bénédictions ont complètement changé. Je m’apprête à vous parler de l’état d’esprit à adopter avant une bénédiction, mais à quoi est-ce que je pense moi-même ? Il suffit pourtant d’un instant pour se concentrer sur le Maître du monde ! Un instant !
J’ai une voisine dont la fille est morte de la maladie bien connue à l’âge de 12 ans. C’était justement au moment où ils s’apprêtaient à célébrer la bat-mitsva de la fillette. Nous ne savions pas qu’elle était aussi malade : ils disaient que c’était le virus de la mononucléose. J’étais chez cette voisine lorsqu’elle a récité la bénédiction « Acher Yatsar » (la berakha après un passage aux toilettes). Elle récitait la bénédiction à voix haute, mot après mot : je n’arrive toujours pas à oublier à quel point cette berakha était émouvante ! Je pense qu’elle s’était engagée à réciter les bénédictions aussi lentement et avec autant de recueillement lorsque sa fille était malade, ou peut-être après sa mort, pour l’élévation de son âme. Lorsqu’on entend une bénédiction récitée de cette manière, les explications des mots deviennent inutiles. La compréhension de la sainteté vient d’elle-même.
J’ai une connaissance qui enseigne dans un établissement spécialisé pour les aveugles. Elle raconte que ceux qui ont pu être guéris (par exemple, en subissant une opération) ne peuvent plus réciter la bénédiction « Qui donne la vue aux aveugles » sans se recueillir intérieurement !
Nous sommes nés, D.ieu merci, en bonne santé et libres. C’est pourquoi nous ne comprenons pas comment on peut soudain se retrouver aveugle, courbé ou prisonnier. Nous avons les moyens d’acheter des vêtements, et nous ne ressentons pas ce que signifie être nus. C’est pourquoi il nous est difficile de comprendre que, sans le Tout-Puissant, s’Il ne nous accordait pas la vue à chaque instant, nous serions aveugles. Non seulement ceux qui étaient aveugles et ont recouvré la vue, mais aussi chacun d’entre nous reçoit la vue par la volonté du Tout-Puissant.
Toutes les berakhot que nous récitons portent sur des choses qui, en réalité, nous font défaut ! Et l’Éternel les crée pour nous. Il vaut la peine de fermer les yeux et d’y réfléchir.
Habituer les enfants
Pour les enfants, tout dépend de l’exemple que l’on donne soi-même. Si, dès sa plus tendre enfance, un enfant voit ses parents réciter les bénédictions à voix haute, il apprendra lui aussi à les réciter. Il faut commencer à les habituer à réciter les bénédictions vers l’âge de 6-7 ans (guil hinoukh — l’âge de l’éducation). Mais avec les tout-petits, il ne faut pas insister. On les habitue avec douceur et progressivement. Il est parfois difficile pour les tout-petits de réciter tout le « Birkat Hamazon » ; pour ces cas, il existe un court noussa’h [uniquement pour les enfants]. Il ne faut pas que l’enfant ait l’impression que c’est une charge démesurée.
à suivrePréparé par — Mme Zissi Skarjinskaïa