Rav Baroukh Froukhter
Sur la nature des choses
Notre monde est régi par les lois de la nature, aussi bien physiques que spirituelles. Sur le plan physique, tout semble simple : le papier brûle, le bois ne coule pas, la pierre tombe vers le bas, et ainsi de suite.
Quant à la dimension spirituelle de la nature, elle est telle que la bénédiction ne vient dans ce monde que par la prière.
Il existe un commentaire bien connu sur le livre de Béréchit, au passage consacré aux six jours de la Création. Le monde a été créé avec tout ce que nous avons aujourd’hui ; il ne lui manquait qu’une chose : la pluie. La pluie est une bénédiction, et elle ne pouvait venir dans notre monde avant que le Tout-Puissant ait créé l’homme et qu’Adam Harichon ait prié pour la pluie.
En vivant dans ce monde, nous devons respecter aussi bien les lois physiques que les lois spirituelles.
C’est précisément pourquoi dire qu’il ne sert à rien d’agir, parce qu’il a été décrété avant même la naissance d’une personne combien d’années elle vivra et quelle subsistance elle recevra d’un Roch Hachana à l’autre, revient à méconnaître la nature du monde.
C’est conformément à ces lois que nous devons respirer, manger et boire pour vivre physiquement, et nous adresser aussi souvent que possible au Créateur pour exister spirituellement.
Il existe un midrach intéressant qui raconte comment le Tout-Puissant s’adressa à Moché en lui ordonnant de se rendre auprès de Pharaon. Moché objecta qu’en raison de ses difficultés à parler, envoyer un tel représentant du peuple saint serait un déshonneur pour le Nom du Tout-Puissant.
Le Tout-Puissant rassura Moché en lui disant que c’est Lui qui décide qui parlera et comment. Cela soulève aussitôt une question des Sages : si c’est Lui qui décide, pourquoi n’a-t-Il pas guéri Moché ?
La réponse est claire au vu de ce que nous avons écrit plus haut, et c’est ce que disent nos commentateurs : uniquement parce que Moché n’avait pas prié pour cela.
Il existe aussi de nombreux récits dans lesquels, après avoir vécu un événement dans sa vie, une personne est revenue vers le Tout-Puissant et a fait téchouva, tandis qu’une autre est restée non pratiquante. L’une des explications de ce phénomène est que la personne qui a fait téchouva a bénéficié des prières de ses ancêtres : celles-ci semblaient, en leur temps, être restées sans réponse, mais elles ont en réalité joué un rôle décisif dans le fait que leur descendant s’est mis à observer les commandements !
à suivrePréparé par A. Schwalb