Les enfants sont les fleurs de la vie. Pourtant, combien de fois nous sentons-nous moralement et physiquement épuisées par eux ! Voilà que ces deux-là se sont encore disputés, que celui-ci affirme sans cesse avoir faim ; notre fille n’aime pas la robe que maman a préparée pour la maternelle, et notre fils est rentré tard de chez ses amis — maman a failli devenir folle.
Et alors, maman laisse échapper un douloureux « Oï ! ». Comment est-ce possible ?! Ne comprennent-ils pas qu’ils raccourcissent ma vie ? Le Ben Ich 'Haï dit : la guématria du mot « oï » (17) est égale à celle du mot « tov », le bien. Les enfants, ce n’est donc pas « oï », mais, au contraire, « c’est bien ». Pourquoi ?
Dans la paracha Ki Tavo (Devarim 28:11), il est écrit : « Et l’Éternel te distinguera pour le bien par le fruit de tes entrailles. » Le commentaire « Torat Moché » explique ce verset ainsi : « véhotirkha Hachem létova bifri bitnékha » (ici, « Et te distinguera » — véhotirkha — vient du mot « tir'ha », c’est-à-dire les soucis). Ainsi, les soucis liés aux enfants sont toujours « létova », pour le bien. Le Tout-Puissant nous donne la vie, à nous, parents, pour une raison toute simple : nos enfants ont besoin de nous. Les enfants ne nous « aspirent » pas la vie ; au contraire, par le mérite d’avoir des enfants, le Tout-Puissant nous accorde des années de vie supplémentaires.
Je vais vous parler de mon expérience. Il y a environ 8 ans, ma Mikhal est née. Assez peu de temps après l’accouchement, on m’a découvert une tumeur. L’opération a été programmée au plus vite, dans les jours qui suivaient. Que fait-on dans ce cas ? La prière, les bonnes actions ; j’ai pris plusieurs engagements. Et puis, il faut aller voir les guédolé Israël (les Sages). Je suis allée demander une bénédiction à la rabbanite Kanievsky, paix à son âme. Je lui ai dit : « Rabbanite, regardez ce qui m’arrive ! Cette tumeur est même visible ! Jeudi (dans 2 jours), je dois être opérée ! J’ai tellement envie de vivre ! »
La rabbanite a regardé derrière moi et a dit : « Un instant, ce bébé dans la poussette, c’est ta fille ? » J’ai répondu : « Oui, c’est ma fille Mikhali. » La rabbanite a dit : « Tu n’as rien. » Étonnée, je lui ai dit : « Rabbanite, donnez-moi votre main, vous le constaterez vous-même au toucher, vous sentirez qu’il y a quelque chose. » Elle a répondu : « Non, demain matin, tu te réveilleras et il n’y aura rien : ce sera net et lisse. Cette petite a besoin de toi. Tu vivras. Et tu verras que tu n’as rien. »
Aujourd’hui encore, j’en ai le vertige, comme si tout s’était passé hier. Je suis rentrée chez moi en larmes. Je sentais avec une certitude absolue qu’il y avait en moi une sorte de masse qui me gênait. D’un autre côté, j’avais une foi absolue, entière dans les paroles de la rabbanite, car « le juste décrète et le Tout-Puissant accomplit ». Je croyais au miracle.
Le matin, je me suis levée et j’ai senti qu’il n’y avait plus rien. Ab-so-lu-ment rien !
Je suis allée à l’hôpital pour faire un examen d’imagerie et pour éviter que les médecins m’appellent ensuite en me reprochant de ne pas m’être présentée à l’opération. Le cliché était parfaitement normal, sans le moindre signe de tumeur. J’ai demandé une nouvelle vérification : il n’y avait plus de tumeur !
C’est pourquoi je tiens à dire que le « Torat Moché » l’a souligné avec une justesse étonnante : les enfants prolongent notre vie.
Alors, la prochaine fois que vous serez fatiguées et irritées, dites « tov » au lieu de « oï ». Les enfants, c’est bien ! Les enfants, c’est la vie !