« Comme prémices de votre pâte, vous prélèverez un gâteau en offrande ; vous le prélèverez comme l’offrande de l’aire de battage. Des prémices de votre pâte, vous donnerez une offrande à l’Éternel, au fil de vos générations » (Bamidbar, 15:20-21).
Introduction
La mitsva du prélèvement de la ’halla prescrit de prélever un petit morceau sur une pâte appartenant à un Juif et préparée à partir de l’une des cinq céréales suivantes : le blé, l’orge, l’épeautre, l’avoine et le seigle. Ce morceau est appelé ’halla. Selon la loi, la ’halla doit être donnée à un cohen (prêtre), et seul un cohen est autorisé à manger le pain préparé avec ce morceau, à condition que lui-même et la ’halla soient rituellement purs. C’est ainsi que procédaient les Juifs à l’époque où les lois de pureté rituelle étaient observées. De nos jours, puisque cela n’est plus possible et que nous sommes tous, y compris les cohanim, en état d’impureté rituelle, on brûle la ’halla. Il est interdit de manger une pâte dont la ’halla n’a pas été prélevée, ainsi que tout produit confectionné avec elle, qu’il s’agisse de pain, de biscuits ou de gâteaux.
1. À qui incombe l’obligation de prélever la ’halla ?
La mitsva du prélèvement de la ’halla sur la pâte est obligatoire pour chaque Juif, mais la responsabilité principale de son accomplissement revient à la femme, maîtresse de maison. Si la femme ne peut pas accomplir cette mitsva, tout adulte peut prélever la ’halla à sa demande. Le prélèvement effectué par un enfant n’est pas valable.
2. À partir de quelle quantité de pâte prélève-t-on la ’halla ?
L’obligation de prononcer la bénédiction du prélèvement de la ’halla sur la pâte et d’effectuer ce prélèvement dépend de plusieurs conditions.
A. On prononce la bénédiction du prélèvement de la ’halla lorsque toutes les conditions suivantes sont réunies :
· La pâte est préparée avec 2,250 kg de farine ou plus[1]. · La pâte est pétrie avec de l’eau, de l’huile d’olive, du miel d’abeille, du lait ou du vin. · Toute la pâte ou une partie sera cuite au four ou à la poêle sans ajout de liquide.
B. On prélève la ’halla sans bénédiction dans les cas suivants :
· La pâte est préparée avec plus de 1,200 kg de farine, mais moins de 2,250 kg[1]. · La pâte est pétrie sans eau, huile d’olive, miel d’abeille, lait ni vin.
C. On ne prélève pas la ’halla dans les cas suivants :
· La pâte est préparée avec moins de 1,200 kg de farine. · Toute la pâte est destinée uniquement à être bouillie ou frite dans un bain d’huile (par exemple, pour des pelménis ou des beignets). Certains prélèvent aussi la ’halla dans ce cas, mais sans bénédiction.
Si une partie de la pâte, même minoritaire, est cuite au four ou à la poêle, il faut prélever la ’halla sur l’ensemble de la pâte. Si les conditions énumérées au point A sont réunies, il faut alors prononcer la bénédiction du prélèvement de la ’halla.
3. Quand prélève-t-on la ’halla ?
On prélève la ’halla d’une pâte ferme avant la cuisson, et celle d’une pâte liquide après la cuisson. Si l’on n’a pas prélevé la ’halla d’une pâte ferme avant la cuisson, il faut le faire après.
Il est interdit de prélever la ’halla pendant Chabbat. Si l’on a oublié de la prélever avant Chabbat, on garde une portion de ce qui a été cuit (un peu plus grande que celle habituellement prélevée — voir le point 4) jusqu’à l’issue de Chabbat, puis on y prélève la ’halla. On peut manger le reste pendant Chabbat. Mais cette règle ne s’applique qu’à une pâte pétrie en dehors d’Erets Israël.
Si la pâte a été préparée en Erets Israël et que la ’halla n’en a pas été prélevée avant Chabbat, il est interdit de manger les produits cuits à partir de cette pâte pendant Chabbat, et il faut prélever la ’halla après Chabbat.
Cette règle s’applique aussi à yom tov si la pâte a été pétrie un jour de semaine. Si elle a été pétrie pendant la fête, on en prélève la ’halla le jour même (y compris en Erets Israël), mais on brûle ce qui a été prélevé à l’issue de yom tov (voir le point 4).
4. Comment prélève-t-on la ’halla ?
Le morceau de pâte prélevé comme ’halla doit avoir environ la taille d’un demi-œuf. Dans les cas où il faut prononcer une bénédiction (voir le point 2), on dit :
בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ אֱלֹהֵינוּ מֶלֶךְ הָעוֹלָם אֲשֶׁר קִדְּשָׁנוּ בְּמִצְוֹתָיו וְצִוָּנוּ לְהַפְרִישׁ חַלָּה.
Baroukh Ata Ado-naï Élo-hénou Mélekh ha-olam acher kidéchanou bé-mitsvotav vé-tsivanou léhafrich ’halla
Béni sois-Tu, Éternel, notre D-ieu, Roi de l’univers, qui nous as sanctifiés par Tes commandements et nous as ordonné de prélever la ’halla.
On dit ensuite : « Que ceci soit de la ’halla », puis, après avoir prélevé la ’halla, on la brûle ou on la jette à la poubelle en l’ayant soigneusement enveloppée.
5. Réunir plusieurs portions de pâte
Lorsqu’on dispose de plusieurs portions de pâte (ou de produits à base de farine déjà cuits) du même type, dont la quantité de farine n’atteint le seuil requis pour prélever la ’halla qu’une fois les portions additionnées, il faut les réunir. Pour cela, on place toutes les portions (ou tous les produits — voir le point 3) dans un même récipient ou, par exemple, sur une nappe, en les recouvrant de cette même nappe, et l’on prélève la ’halla après avoir prononcé la bénédiction.
Dans cette même situation, si les portions de pâte ou les produits dont la quantité de farine n’atteint pas individuellement le seuil requis pour prélever la ’halla sont constitués de sortes de pâtes différentes, il faut consulter un rabbin.
6. La ’halla est tombée dans la pâte
Si, après le prélèvement, la ’halla est tombée dans la pâte et s’y est mélangée, il faut demander conseil à un rabbin.
[1] Certains prononcent la bénédiction du prélèvement de la ’halla sur une pâte préparée avec 1,666 kg de farine ou plus.